CHAPITRE XV
Un honnête homme trompe et les armées communiquent. — Surcroh de mojFens. — Arrestation du chirurgien Lozada.
Do]!r Psp&o 0B hh £spiiiA, propriélaire, chrétien seloa J'ËTangile ^ c'est-^^dire vérilable homme de bien, faisait ua grand commerce, et «^ re^ latioas étc^ues a'avaiant pa» encore été trou<blées. /e me portai » cpmme «n me promeoaif^t ^ sur wsx pa^aget, à l'heure où il revenait de seè UW)Ç9; et« 9eloa 9a coutume^ il a'empressa de m'aborder, Me Tojtaiit un air triste , il crujt de. \q^x m'en demabda^ la cause..* Hélas l mon obéi* « don Pedro 9 hii dis^ja, letroi 2oseph a été pré^ • venu que l'armée françaisç^ dan» pa manebé « de Vautre coté du Termes, piile toutes les' « subiistantces , et n'en laisse point aux habit tans, *r- Cela est vrai, répondit en souriant € M. Espina , elle leur fait beaucpup de mal. ^ ( Cette réponse me confirma de suite i^ue le moutement était con^mencé« ) f Le roi aime' « mieux ne pas être roi, ajoutai -^^e, que de'
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« voir ainsi maltraiter ses sujets ; il m'a adressé « une dépêche pour le maréchal Soult , qu'il « rend responsable de tous les désordres qui « auront lieu après la réception de sa lettre, « et lui ordonne de faire , sans pitié , fusiller le tt premier qui commettra des excès. • — Ah ! le « digne homme, reprit Espina , j'en ai toujours « pensé du bien. Mais pourquoi cette dépêche « vous aflOLige-t-elle? — Ce n'est pas le contenu « de cette dépêche qui me donne du chagrin , « qar.vous connaissez mon amour pqur l'ordre « et la discipline , mais c'est que j'ai vainement « employé. tous les moyens de la faire passer au a maréchal : personne ne veut s'en charger, à \ «quelque prix que ce puisse être, et le mal « va toujours croissant. — Oh! puisqu'il en < est ainsi , je me charge , moi , de la lettre , « et jç vous réponds que M. le maréchal l'aura « sous trois jours. » On conçoit combien j'adressai de remercieméns au vertueux Ëspina , et que je pouvais, sans remords, le jeter dans une erreur si utile à notre cause. Cet honnête Espagnol prit donc ma lettre , que je tenais toute prête , et la fit immédiatement partir sans que personne, pût le soupçonner.
A peine ma dépêche, bien enveloppée dans une vessie ^ laquelle était placée au centre d'une outre de vinaigre, avait-elle fait quelques lieues ,
DU GÉNÉRAL HUGO. gS
que le chirurgien dont je viens de parler arriva chez moi. L'outrée des Français â Bejar, me rapporta*t-il ^ avait causé aux guérillas, postées à Piedrahita, une terreur si grande, qu'il en avait profité pour s'échapper de prison. Ce surcroit de moyens me parut un coup du ciel , et \e déclarai à ce fidèle émissaire qu'il repartirait à cheval dans peu d'heures , sous l'escorte de cent chevaux du 21* de chasseurs, aux ordres du capitaine Leclerc , lesqiiels cherchaient à rejoindre leur régiment , et qui , s'ils ne pouvaient aller plus loin , le conduiraient au moins de l'autre côté du puerto del Congosto, Je lui promis de faire anéantir son procès, et de lui faire avoir une place dans un corps espagnol , s'il réussissait dans son entreprise. Ce chirurgien repartit alors avec les chasseurs, en se berçant des plus douces espérances pour l'avenir. On concevra sans doute l'empressement que je mis à rendre compte au major-général de ma conversation avec M. Espina; j'expédiai un second courrier, pour annoncer l'arrivée positive des troupes françaises â la hauteur de Bejar : les détails que je donnais él;aient impatiemment attendus.
Enfin donc je pouvais espérer que les vœux du roi allaient être remplis. Je comptais sur une réussite infaillible de la part d'Espina ; mais