MEMOIRE
malgré me9 doutes 9 que le détachement osât b^ compromettre au-delà du puerto del Congosto, j'avais la presque certitude que mon chirurgien , bien au fait du pays, arrivé au-delà du Tor-*m^s , parviendrait à ses fins, £a effet y Vun et l'autre repiirent leurs dépêches, le premier, au maréchal 3ôult, le second, au maréchal Mey. Le chjirurgiea revint. même .avec ce géné^ ra sur la Sierra de Franoia , lui servit de guide pour surprendre ui\ camp ennemi qui gardait un passage importât) t (le cOl de Baôos), et dont les troupes, qui étaient , jieiorois, sous les ordres de. sir Robert WilsOn^ furent extrêmement mal» lï'aJitées, 91 elles ne furent pas complètement détruites.
M* le maréchal INey , satisfait de 1 mtelligence dç cet officiel" de santé , le garda quelque temps à Sàlamanqjgie, et ne céda qu'avec regret aw^ sollicitations pressantes qu'il lui fit d'une per- Idission de peft de jours, pour aller aux envin ronsi d'Alba, de Tormès, embrasser sa femme ets^ eixfans , qui ne le savaientpcinten liberté. Ce chirurgien H^ifut pas kngrtemps chez lui sajpis y être ^oupçobné d'avoir servi lé goùver^ neur d'Avila, et son élargissement dom^dt de la oonsîatance a c^ soupçons ; ce qui fut cause qu'une guérilla l'arrêta «t le jeta dans un ca^ chot, en attendant des renseigneihens sur son
DU 6SICB1AL HUGO. QJ
toAipte» Ces renseignemens arrivërétit bi«nt6t d'Avila ^ tous étaient de nature à le perdre, et cet 'infortuné s'attendait à périr, lorsque, la veille du jour fixé pour son exécution , les por-^ tes de sa prison sont ouvertes au milieu de la nuit Une jeune femme est introduite par le conciei^e, qui se retire respectueusement t « Je < suis^ lui ditnelle, lepouse du chef qui vous t a fait arrêter, et la fille d'un propriétaire que « le gouverneur d'Avila vient de faire enle^ « ver comme otage pour la sûreté de votre « personne. Mon père doit périr si vous péris* « se2^ et vous êtes condamné à la mort. Je vais « vous sauver la vie, sous condition que vous « l'emploierez à me faire rendre mon père. »
Le chirurgien , trop adroit pour laisser échapper cette occasion , vanta beaucoup son crédit auprès de moi , et promit à la jeune femme de faire , à son retour dans Avila , remettre en liberté le vénérable objet de ses affections. Aussitôt un soldat de la guérilla , domestique de cette dame, prend le prisonnier sous son escorte , et le conduit aux portes de mon quartier-général.
Les espérances de la libératrice du chirurgien ne furent point trompées. Un quart d'heure après son arrivée, aussitôt qu'il m'eut fait connaître la conduite tenue envers lui , le vieux père de cette
gS UfiMOIRES
jeune dame , après avoir tu rompre ses fers^ et m'avoir remercié d'un événement auquel il ne s'attendait poiût , prit le chemin d'Alba , où son retour était impatiemment déliré.
L'ofBcier de santé, devenu libre, ressentit l'eJiet des promesses que je lui avais faites; son procès fut annulé , et . le «grade de cbirurgien aide-ma)or dans un régiment espagnol lui fut accordé presque aussitôt.
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