‹ Mémoires du Général HugoChapitre 49 sur 95 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Conquête de l'Ândalensie' -^ TentatÎTes sur le Barcd et le Ptiente del Congosto. — Tranqtiillît^ de Iapro?înce'd*Âirila, ParaHèle entre les moines et les curés.

Emi la bataille d'Ocafia permit au roi de s'occuper de la conquête de l' Andalousie. Il y m«rcha avec son état^major général , et la plus grande partie des corps qui avaient combattu dans cette mémorable journée. Reconnu par toutes les puissances de TEurope ^ i l'exception de l'Angleterre, ce prince voyait leurs agens di^ plomatiques résider la plupart à Madrid; et la présence seule de la junte centrale empêchait les quatre royaumes du midi de se prononcer comme le reste de la Péninsule.

L'armée^ dans sa marche, qui fut signalée par de ooDtinaels triomphes, fit sur sa route plusde sept mille: prisonniers; Devant die, legénél^l Aria7a fuyaitjdansiesjnoptagnes , A. peine suivi par quatre oucinqmilio faommes^> etun pareil nombre était errant autour de lui; on en ra-

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massait à chaque instant. Le reste de ses troupes avait jeté^es armes et rentrait dans les villages , où bientôt on les désigna sous le nom de dis^ perses.

L'armée entra dans Gordoue en janvier 181 o. Elle trouva quarante pièces dé canon à Jaen , où les insurgés paraissaient avoir eu Tintention de se défendre. Toute résistance était blâmée parles habitansde l'Andalousie, qui attendaient les Français avec confiance ; et l'armée impériale fut témoin de la joie qu'ils manifestèrent d'être délivrés de la tyrannie de leur prétendu pouvoir exécutif. Aussi jamais le roi Joseph ne reçut plus de témoignages d'attachement et d'amour, que de la part des Andalous et des habitans de la Rioja (*). '

On a vu qu'après les batailles d'Ocaûa et de Médina del Campo , j'avais de nouveau pris mes positions. Je ne pouvais plus être inquiété que par l'armée du duc del Parque, cantonnée dans les montagnes, entre le Tormès et Ciudad-Rodrigo , et par des guérillas dont le nombre se soutenait, mais que je recherchais et poursuivais sans cesse, en même temps que, d'un autre côté, je faisais à leurs chefs des propositions

(*) Contrée de la Yieille-Castille traversée parla rif vière Oja, qui lui donne son noiPL^

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a^antagemes. Morales , avec sa compagnie, de*- ^enait cbaque jour' plus redoutable; il Voulait étie de toutes les expéditions, et, dans chacune^ il se signalait par des actes continuels d'intrépidité; aussi était-il devenu la terreur de son ancien parti.

Le Barco d> Avila , défendu par le capitaine Hagard , fut attaqué, mais inutilement, par des troupes espagnoles, qui portèrent ensuite leurs efforts contre M. le capitaine Yost, au puente del Congosto , avec aussi peu de succès. Malgré un achamemeût de plus de vingt*quatre heures , ces officiers , ayant suivi leurs instructions , étaient tous deux en état de se bien soutenir. Le Barco pouvait être défendu pendant quelques jours, alors même que Tennemi, réunissant de plus grandes forces , s'y serait attaché avec persévérance. Ces tentatives furent les dernières sur ces postes ; et les guérillas , trop tourmentées dans la province , prirent enfin le sage parti de nous y laisser tranquilles.

Alors je m'occupai à parcourir les parties de mon gouvernement que je n'avais pas encore vues , et je fus reçu partout avec des démonstrations particulières d'estime, d'attachement et de reconnaissance. Prévoyant que l'étatavancé où se trouvaient les affaires du royaume ne tarderait point à déterminer l'armée française',

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cantonnée dans la yîeille-Castille, au siège de Ciudad-Rodrigo , ce qui néœsMtcrait d'énormes réquisitions de subsistances, {'engageai les eu* rés i sans leur en dire le motif, et aous des prétextes cependant fondés , à faire , pour cette année seulement, ensemencer toutes les terves, c'est-à-<lîrc à n en Laisser aucune en jachère {*) ; et tous, pour m'étre agréables, s'cmjpressèrent de l'ordonner à leurs paroissiens.

De tous les ecclésiastiques de l'Espagne, )e n'en ai connu aucuns plus respectables que la classe des curés. On ne trouvait ni leurs inœurs pastorales, ni leur instruction solide, ni leurpiété éclairée parmi les moines si nombreux en Espagne ; beaucoup même de ces religieux savaient à peine écrire. Les curés se mêlaient rarement des affaires publiques; leurs soins s'appliquaient plus spécialement à entretenir les bonnes mœurs, dont ils donnaient l'exemple , et à servir de pro-

(*) L'usage des cultivateurs d'une partie de la province d'Avila est de laisser toujours la tçrrc se reposer une année après deux années de culture et de produit > ce qui fait qu'il y a toujours un tiers du terrain en jachère. On y trouve aussi une grande quantité de terres propres à la culture des céréales, et qui restent perpétuellement incultes, formant des prairies naturelles pour le pacage des troupeaux de mérinos.

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lecteurs à kura paroissiens» dans toutes les occMiims*

La plnpMt des moiDes ne devaient leur ^tat qnf leurfMîDcliaiit pour roisifeté : lors de la supptesBioa deSiCouTons, les vieillarda seuls regretté^ rent de bonne foi ces retraites sacrées^ parce qu'A leur âge^m pnend diffidleiaent de nourdlès hubi* tades ; nms les jeunes gens furent généralement satisfiaiito, en ce tfu'ils recouTrferent «ne liberté que la réclusion leur avait fait regf^tter plus d'une f<M dans l'âgé des passions.

Hiieaa, dans un royaume appauvri en hommes, et chargé d'une dette immense , ne pouvait étte plus sage que la suppression des couvens d'hom* mes , et l'extinction successive des couvens de femmes. Joseph avait eu , dans le seul moment favorable, le courage de décréter ces deux grandes mesures. Par la suppression des couvens , il formait sur-le-ch<imp à l'Espagne un domaine extraordinaire qui lui permettrait d'anéantir la dette nationale ; si cette suppression ne donnait pas de suite à l'état de nouveaux pères de famille , puisque les lois civiles et ecclésiastiques défendaient le mariage des prêtres , du moins était-elle de nature à obliger plus de quarante mille hommes , qui , par génération , allaient s'enfermer dans les cloîtres , à prendre un autre état et  devenir des citoyens utiles à la patrie.

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Si 1^ couveas peuvent être tolérés par la politique des princes , lors du cas particultw où ils lesicroient un, appui pour le trône ^auprès d'un peuple superstitieux , c est.sans doute lorsqfU'une population excessive franchit toute proportion avec les ressources du commerce et de l'agriculture ; mais )6 pense que chez une Bation ' obligée ', comme la nation, espagnole , de prendre des étrangers ^ sa solde , il est. plus politique et plus utile de favoriser les mariages, qui donnent dessûldatsnationaux^ que de laisser des âtres nubiles peupler les pi^u^ asiles appelés,cpu](rens« Ceci est d'ailleurs aujourd'hui une questioii jugée.

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