‹ Mémoires du Général HugoChapitre 6 sur 95 · HISTORIQUE. XV · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. XV

favori, quand Tempereur eut conquis la paix sur la coalition vaincue.

Traité de Fontainebleau. — Invasion du

Portugal.

Godoy s'attendait à la vengeance soudaine de Napoléon ; le délai que celui-ci mit à agir lui fit croire que , dupe de la réponse du ministère espagnol, sur les armemens annoncés dans la proclamation , il considérait cet acte , comme indigne de son attention. Bientôt Tempereur lui rendit l'espérance en lui offrant son amitié.

Il y avait alors à Paris un agent reconnu du gouvernement français, et uniquement chargé des intérêts privés du Prince de la Paix ; cet homme , dont le nom est devenu fameux à cause du rôle qu'il a joué dans ces événemens, s'appelait Isquierdo. Il jouissait du titre de conseiller d'état honoraire. Sa mission était ignorée du ministère espagnol et de l'ambassadeur d'Espagne à Paris.

L'Europe entière avait adopté le système continental; seul, le prince régent de Portugal que ce système aurait ruiné , voulait conserver la neutralité entre la France et

XTI PRÉCIS

l'Angleterre. Napoléon , jaloux de cette neutralité , et assez fort dans ce temps-là pour ne vouloir que des amis ou des ennemis, exigea du ministère portugais une rupture avec le ministère britannique. Le prince régent crut en vain , sauver ses états par une réponse évasive. Napoléon n aimait pas les refus : il avait menacé d'appuyer, par les armes , ses dispositions diplomatiques ; une armée rassemblée sur les bords de la Gironde , attendait une destination : aussitôt que la réponse de la cour de Lisbonne arriva au cabinet impérial , qu'elle ne satisfît point , cette armée, commandée par Junot, reçut l'ordre de passer la Bidassoa et d'agir contre le Portugal de concert avec un corps d'armée , qu'aux termes du traité d'alliance , l'Espagne fut obligée de fournir. On connaît la malheureuse issue de cette expédition. Il n'entre pas dans le plan que je me suis proposé d'en raconter les détails.

Cependant , pour couvrir l'entreprise contre le Portugal , d'un but d^utilité publique, aux yeux de Charles IV, et pour obtenir, sans faire naître aucun ombrage à la nation Espagnole , l'introduction et le passage des

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troupes françaises^ Napoléon avait offert à l'Espagne ^ représentée par le Prince de la Paix, le partage du Portugal qui ne leur appartenait légitimement, ni à Fun ni à Fautre.

Pour éblouir les yeux de Godoy, il lui montra, dans le lointain, le trône indépendant des Algarves , refuge assuré contre la haine du peuple espagnol ; et de crainte que cette, générosité désintéressée ne donnât quelque soupçon de ses desseins secrets , il consentit à recevoir en échange , du Prince delà Paix , le royaume d'Étrurie , dont celuici n'avait pas le droit de disposer.

Le traité , qui consomma cette injustice , fut signé à Fontainebleau, le 27 octobre 1807, par le maréchal du palais Dur oc, et par le conseiller Isquierdo^ agent du Prince de la Paix. Ce traité est demeuré secret, même pour le ministère espagnol, jusqu'à l'entier accomplissement des événemens qu'il préparait. Charles IV en eut connaissance ; mais ce monarque, dont l'esprit était fasciné par la reine son épouse , approuvait avec joie tt^ut ce qui tendait à augmenter la fortune du favori.

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