CHAPITRE XXIII
Ségovîc — Chevan-lëgers Weilphaliens. — Premier riment d'iofaaterie de la brigade irlandaise. — GommuDÎcations rëtallKea. — Guérilla dëtruite. — Garde nationale. — Dispositions de sûreté. — Autre guérilla détruite. — Impositions atraordinaires. — Oppoôlioo. — La province d'Avila distraite de mon gouYenasawal. \
Les guérillas, trop peu tranquilles lorsqu'elles se jetaient sur le territoire d'Avila , avaient re* flué sur la province de Ségovîe, et en avaient rendu les communications si difficiles, qu'aucune escorte ne passait plus sans être attaquée , aucun convoi , aucun courrier sans être pris ou sans avoir risqué de l'être. Cet état de choses , et une destination nouvelle donnée à M. le général de division comte de Tilly , qui commandait cette province , déterminèrent S. E. M. le maréchal duc de Dalmatie, major-général de S. M. C. et de toutes les armées en Espagne , à l'ajouter à mon gouvernement, ainsi que celle de Soria; mes instructions me chargeaient de surveiller
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toute la rive droite du Tage, jusqu'à la fron* tière du Portugal ; et je dus établir mon quartier-général à Ségovie , centre de mon commandement.
Cette ville , intéressante par ses fabriques et son grand commerce de beau drap, par son hôtel des monnaies et son magnifique aqueduc , si antique et si bien conservé, d'une coupe si légère et si hardie; cette ville, dis-je, située sur un mamelon étroit, entouré de tous côtés par des vallons formant autour d'elle un vaste fossé , dans l'un desquels les belles eaux de l'Ëresma coulent avec rapidité; cette ville enfin, autour de laquelle il n'existait plus que les nombreux débris d'une enceinte flanquée de tours, n'était point fermée; et, de jour comme de nuit, l'ennemi pouvait y pénétrer par les brèches et le manque de portes. L'Alcazar même, ce fortin célèbre , moins dégradé que l'enceinte, avait des issues ouvertes par lesquelles on pouvait aisément arriver de la campagne dans son intérieur (*).
Ségovie est peuplée de huit à neuf mille hàbitans , et contient beaucoup de noblesse. Sa
{*) Les plafonds de rAlcazar de Ségovie sont épaî^sement dorés : on s7est servi pour cette riche opération du premier or apporté du Mexique, lors de la conquête de cet empire par les Espagnol».
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cathédrale est un très bel édifice» dont leg fours élevées attirent souvent la foudre , et du sommet desquelles on découvre extrêmement loin dans la campagne : la vue en est cependant bornée au midi par la chaîne des Carpentins.
Les nombreux coups de main des partis ennemis contraignaient les militaires â se tenir renfermés le four dans la ville, la nuit dans leurs maisons ; ils n'osaient plus descendre pour aller faire boire leurs chevaux dans TEresma; le corps de chevau-légers , au service du roi de Westphalie, était même obligé de s'armer pour s'y rendre.
Ce régiment de cavalerie , le premier de la brigade d'infanterie irlandaise {*) au service de Joseph , quelques bataillons français , un batail-
(*) Ce régiment, dont j'aurai très*80uyent occasion de parler, puisqu'il a pris part à presque toutes les actions glorieuses du gouvernement de Guadalaxara, avait étéfonné, comme Eoyal-«£tranger, mais à Ségovie, par M. le colonel de Clermont-Tonnorre, aide-de*camp du roi, d'une partie des étrangers qui existaient dans les régimens au service de TËspagne, et qui furent suc-< cessivement pris dans les batailles où ces régimens donnaient contre nous. M. de Clèrmont y avait créé un bon esprit, lui avait donné une administration et une discipline paiement bonnes; et, quand il eut achevé cette tâche importante, il revint près du roi solliciter la no-
Ion suisse , et des dépots de soldats isolés pro^ venatit, la plupart, du grand* hôpital mflitaire , icomposaient les forces de la province. Celte in<fanterie fournissait des postes sur la route, tant dû côté de Yalladolid jusqu'à Olmedo $ que de celui de Madrid jusqu'à la Venta de San^Ra* phael inclusiTement.
Je commençai par fermer la place , et je ré* glai ensuite Tordre des correspondances de ma-nière à donner plus de force aux escortes , et à conserrer partout des réserves prêtes à les soutenir. La présence d'une forte guérilla m'ayant été signalée, je mis les chevau- légers à ses trousses; et cette guérilla, croyantles surprendre à l'heure de leur pansement, fut si vigoureusement reçue, qu'elle fut bientôt culbutée «t poursuivie avec tant d'acharnement, qu'outre les chevaux pris , elle perdit encore plus de cent hommes tUés; Cette première opération releva l'esprit des* habitans,.et je saisis la circonstance pour les former en une garde nationale , ainsi que je^l'avais fait â Avila , pour la sûreté intérieure de la ville. Des portes épaisses et crénelées furent placées aux principales issues, les autres issues furent murées, les brèr*
mination de M. le major Baîestrier au commandement de ce beau corps.
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ches disparurent, et l'hdpital du faubourg fut fermé et nais en état de résister aux entreprises de Tennemi.
Les communications 9 protégées par les mou- Temens continuels de différentes petites colonnes, devinrent chaque jour plus libres. La guérilla de Piniila ayant osé se montrer, fut atteinte, taillée en pièces , et son chef fait prisonnier.
'Pendant que les choses se passaient ainsi, Tempereur, par une répartition qui m était incminue ainsi qu'au roi, comprenait la province d'Avila dans un grand arrondissement aux ordres de M. le maréchal duc d'Ëlchingen. J'avais désigné le colonel Maurin pour la commander sous mes ordres, et cet officier reçut celui de fournir au corps d'armée de S« £. une contribution extraordinaire de six millions de réaux et d'une énorme quantité de grains.
Le devoir du colonel , dans cette circonstance , était de me demander quelle conduite il avait à tenir; cependant j soit que le grand titre de maréchal de France lui eût imposé; soit qu'il se crût suffisamment couvert par un ordre émané du duc d'Ëlchingen, il prit sur lui de faire faire la répartition , en m'en donnant avis.
Gomme la province avait déjà payé plus qu'elle ne devait ; comme mon devoir ét^it de
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la protéger 9 et comme gouverneur et comme subdélégué général du mioistre des finances^ dans rétendue de mon commandement ; comme M. ]e maréchal n'avait point encore à mes yeux le droit de frapper une iinposiUon en argent dans une province qui en faisait partie ; comme enfin , dans la supposition que S. £. en eût reçu le droit par suite de la nouvellç répartition de l'empereur ^ je ne pouvais reconnaître ce droit qu'après un ayis pfficiel et hiérarchique de l'étatmajor gépéral ; je répondis spr-le-champ au colonel M^nnp, qpe les flein^indes de subsistances, toujours vrgei^tes, pe devant jan^aisetre refusées , je ne pouvais qu'approuver qu'il en eût commencé et qu'il ep fit suivie |es livraisons ; mais que , pour les eoçtribijifion^ en argent , la province ayant totalement pat^sfajt a ce qu'elle devait au trésqr public , j^ i^e ppuvai^ j sans u^ ordre fprniel du rpi, «n lai^ex* lever aucune. Je défendis conséquepiiqent ^ cet pffir cier de livrer le^ fondis p| r^rgen);erie ^é]^ peu-? pis , et ménie d'^n Fecpeillir davantage- J'écrivff à M. le maréebal , dans les terip^s les pl^^ re^r pectueux , pour Ipie^^ppserles motifs de ma con-r duite; j'en agia de même epversleroi, qui se jtrouvait encore à cette époque en Andalousie. JV|., le maréchal se fâcha sérieusement des obstaçlea que, par deyoir, j'apportais à ses dispositions, et
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répondit à la députation d'Avila qui lui remit ma lettre , que si je persistais à m'opposer à leur exécution, il viendrait, avec trente mille hommes, m'assiéger dans fpon quartier* général. Malgré ces menaces, )e ne persistai pas moins dans mon refus ; et le roi, qui ne pouvait que Fapprouver, expédia M. le colonel de Clermont-Tonnerre, un de ses aides-de-camp, auprès du maréchal , pour s'entendre avec lui sur ses prétentions. S. E. fit voir à M. de Clermont la répartition territoriale ordonnée par l'empereur , laquelle mettait la protince d'Avila dans son arrondissement. Le voi ayant reçu daps l'intjsrvall^ la dépêche impériale , me fit oinçi^Uenient connaîtra l'article qui me concernait ; et deï>uis Jor» je r^ga^doi mm »QiqmaQdem««t comme retreint aux ^suleq provinces dq Sprîa et de Ségovie.
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