‹ Mémoires du Général HugoChapitre 61 sur 95 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

NoQfeUe attaque de FEmpecioadou — Il e$t battu.*- Apparition saccessWe de Minai ainsi que des curés Tapia et Merino. — - Leur retraite.

J'ai dit que constamment les troupes sou* mes ordres prenaient les armes avant le point du four. Les Westphaliens qui occupaient la partie basse de Siguenza, ou la nouyelle ▼ille, en raison de la commodité de l'He^ narès , pour abreuver les chevaux ^ et des chambres basses , pour le service d'écuries } les Westphaliens^ dis-)e, ayant fini leur pansement» se trouvaient en bataille, lorsque les coups de fusU de la gso^de avancée leur donnèrent Fa^ larme. Cette garde s'étant jetée à droite et à gaueb^ de la rout6 de Medina-Celi; la cavalerie de ri^pecinado ne pensait pluii rencontrer d'obstacles , et s'avançait par quatre, lorsque M. de Sersberg , officier trèe distingué , commandant Im çbeitau^légers , les fit rompre enjcolonnis., .fit ouvrir les ebevaAi: .da frise ^ et , aperoevAnt l'en-

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nemi, m^en fit préveDir, tout en le chargeant avec la plus grande vigueur. Je recevais au même instant, du colonel Balestrier y le rapport que Tennemi se présentait devant le château , par la route d'Alcolea del Pinar. Cette route , et celle que les Westphaliens avaient prise, sont séparées l'une de l'autre par un coteau en pente douce du côtéde Medina-Celi, mais coupéà pic du côté d'AIcolea del Pinar ; et , comme je pouvais arriver à ce coteau par le pont étroit jeté , près de la cathédrale, sur le grand ravin qui forme le fossé de cette partie de Siguenza , je m'y portai avec les deux compagnies d'élite de Hoyaf- Etranger , en bataille devant mon logement , en envoyant au colonel Maurin l'oï^dre de m'y suivre avec les deux autres compagnies de ce corpst et, au colonel Balestrier, celui d'engager faiblement un de ses bataillons,' afin de me donner le temps d'arriver aux rochers qui plongent le chemin par où l'ennemi se présentait à lui : ce colonel dut réserver l'autre bataillon pour garder la ville.

Le 1^ bataillon d'Irlande, qui avait reçu Tordre de sortir du château , lança de suite ses voltigeurs; et l'ennemi, déjà en bataille derrière le lavoir , répondit à leur feu d'une manière d'atdant plus soutenue, qu'il se croyait beaucoup de monde devant lui. Sa position était

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excellente de nuit ; mais le jour commençant » poindre, elle ne Tétait plus autant, en ce que je la découTrais du haut des rochera : je les fis. alors attaquer de flanc.

Cependant je n*enteQdaîs pas les chevau-légerSf et, quoique je me fusse personnellement ayancé sur la gauche des compagnies de RoyaK Etranger, appuyé seulement de quelques voltigeurs , je ne les découvrais pas : quelques-uns de leurs blessés, qu'on rapportait sur la ville, m'apprirent que ce régiment s'était trop engagé, qu'il était un peu plus avant, et qu'il attendait de l'infanterie pour améliorer sa position.

J'envoyai chercher aussitôt du canon , et fis étendre les tirailleurs jusque dans les rangs westphaliens , pour répondre aux nombreux coups de carabine des guérillas, qui tiraient très juste, quoique à cheval. Ce mouvement m'ayant contraint à dégarnir les crêtes, l'ennemi s'en aperçut, et s'arrêta dans le Pinar (*),

{*) On a vu plus haut; cp'un bois uniquement composé de pins s'appelle pinar en Espagne. Ces bois sont très communs dans la Yieille-Castille. Ils forment en quelque sorte la seule verdure qui couvre la surface des vastes plaines de sable qui séparent Ségovie de Valladolid, dans la direction de Cuellar et de Tudela de Ihiero.

Outre la résine et les planches que les habitans retirent

où U eptrMipt un fçu des plus vifs avçc la bataillon d'Irlande.

Ayant cependant reconnu qu'il suffisait d'une compagnie de voltigeurs pour appuyer les Westphaliens contre la cayalerie ennemie, en nombre triple, il est vrai , j'ordonnai à M. de Hersr berg de conserver sa position, et reportai de suite les autres compagnies d'élite sur les rotîh^s, afin de soulager le bataillon d'Irlande, et d'obliger, par le feu des hauteurs , l'Empecinado à quitter sa position du Pinar, par laquelle il pouvait réussir à me couper. J'envoyai dire en même temps à M. Delès , chef de ce bataillon , de pousser son mouvement ; et bientôt l'infanterie ennemie , pressée de front et très gênée par le feu fichant des hauteurs , prit le parti de se mettre hors de portée de celles-ci , et de se rapprocher davantage de sa cavalerie, qu'elle

des pinières, ils y trouvent un produit fort intéressant dans les amandes que renferment les pommes de pins. Ces amandes, d'un goût très agréable lorsqu'elles sont fraîches , peuvent se conserver salées et desséchées au four. Ellejs servent à la nourriture d'jun.e partie du bas peuple de la Castille et des montagnes de rAragp.n. Oi^ en tko aussi un lait sucré e^t butireux , ,assez ^on quand il est nouvellement extrait, et une huile égale ep (f^r UXé k Vhnih de n<^.

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appt^nait être ayantageusement àùt prises ayec la inienne«

Ce mouTement rétr€>grade de Finibûterie ennemie fut suiti pas à pas , maigre uti feu bien soutenu, jusqu'au point où se trouvait cette cavalerie ; et les forces qui mè combattaient se rassiunblèrent toutes siir ce point, où don Juan Martin les ferma pour souteiiir un nouveau choc.

Dans ce moment aussi , les We^tphaliens s'étaient échelonnés sous la protection des volti'geurs ; les autres coitlpagnies de Rbyal-Etran^ ger^ et qualité du bataillon d'Irlande, par un mouvement à gauche , avaient gravi les rochers et se formaient en bataille , appuyant leur droite aux crêtes , pour se lier aux deux autres compagnies laissées dans le Pinar , et seulement iséparées de nous par le vaAon.

Voici Tordre de bataille que , vers dix heures du iiftatinv don Juan Martih prit devant moi. il établit toute sa cavalerie sur sa droite, en avant du village de Guijosa , le pays devant elle étant plus à découvert. Il rangea environ deux mille hommes d'infenteri^ , à mi-côte , sur les hauteurs qui , s'élevant de ce village , rèignent . obliquement jusqu'au Pinàr. Ses forces ne coiin posaient qu'une ligne, couverte par de nombreux tirailleurs.

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J'occupais une positiom a peu près paralièie; mais ayant beaucoup moins de monde , je ne pouvais qu'avec désavantage combattre partout à la fois , ce qui me fit sentir la nécessité dé tenter un effort sur le centre de l'ennemi , étant résolu, s'il réussissait, de faire charger sa droite par les Westphaliens et Royal -^ Etranger , pendant que le bataillon d'Irlande pousserait la gauche vers les compagnies établies dans le Pinar. Je donnai en conséquence , au chef de ce bataillon ( M% Delès ) , l'ordre de jeter , au premier coup de canon, une compagnie de tirailleurs sur son front, et de masser les trois autres; les trois compagnies d'élite de Royal-Etranger eurent également celui d'opérer une pareille évolution au même signal , la 4* compagnie appuyant toujours les Westphaliens.

Le canon s'étant fait entendre, et ses coups bien pointés sur le centre de l'ennemi ayant déterminé l'Empecinado à un mduveiïient en arrière sur les hauteurs, je suivis ce mouve-* ment, toujours massé, je continuai l'attaque du centre au pas de charge et je parvins a en-^ foncer la ligne espagnole. Le corps de droite ^ formé de la cavalerie et des tirailleurs de Si-» guenza, se replia sur Guijosa, pendant que la gauche , prise de front et de flanc , était rejetée en désordre vers le Pinar et ne pouvait plus re«

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joindre la droite que par un long et dangereux détour, puisque Royal - Etranger la poussait vivement devant lui sur Guijosa. Arrivée près de ce village, elle tint ferme à Fcntrée de la goige très boisée, qui s'ouvre sur ce point; mais je la fis charger à la baïonnette par le colonel Maurin, pendant que deux escadrons de çhevaulégers se jNrécipitaient , aux cris de howra , sur sa cavalerie qui ne jugea pas convenable de se laisser joindra. Pendant ces manœuvres, le 3*" escadron westphâlien , ma seule réserve, était resté dans la plaine à l'appui de l'artill^ie qui avait cessé de nous être utile.

Mais tandis que les chevaur-légers , poussant leur charge, s'approchaient de Bujarrabal; que les voltigeurs, continuant à' tirailler dans la gorge de Guijosa, suivaient l'infanterie ennemie dans la même direction ; que le bataillon d'Irlande achevait de balayer les hauteurs ; les gre--' nadiers de RoyatÉtranger s'étaient ralliés au 3? escadron westphalien pour garder les prisonniers et augmenter la réserve; et le commandant de celle-ci , ainsi que le colonel Balestrier , qui observait du haut des tours de la cathédrale , m'envoyaient , l'un et l'autre , prévenir qu'une colonne de cavalerie ennemie paraissait sur la rive droite de l'Henarès , c'est-àdire, sur m€9 derrières* et sur leur gauche.

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Rappeler ie régimenl: wewtphaliftn awant qu'il eût ôté à la cavalerie de ITmpcdiiado Tenvie de revenir , n'était pas «Dcore convenable ; ce*pendant )e lui expédiai Tordre die ne pomt s'aventurer au-delà de Bujarrabal , de paraître aux yeux de cette troupe avmr le dessein de liai tendre une embuscade , mais de revenir à moi dès qu'il lui verrait un anouvement pronoroé de retraite. Les i^ltigeurs de Royal-Étranger combattant encore dans la gorge » je kur fis passer l'ordre de se maintenir sa»s poussw plus loin 5 et de se relier sur moi quand l'enuemi cesserait de tirailler. lie bataillon d'Irlande ne combattant plus , je le fis former à la réscarve, au comjtoandattt de laquelle j'euvtyai dire ^d'ob^ server la marche de la nouvelle «olomne en*nemie et ide mie faire des rapporta tous lea ^arts dtheune. Mais outre cette c«lo»Oie qui f aelon ce q«e aOus apprîmes » appartenait à Mina , im en découvrit une seconde beauCOujp pin» forte ^ du ha»t des tours, et \a ne doutai point que celle-ci n^appartlnt aiux curés Tafiîa et Merino, que \e savais en mouvemeait. Au moment où l'am m'en parvint, la retraite die rËippecsnado était heureusement iout à fiaî't décidée, <sur touslei^ peints, ^ ce chef ni sies troiipes ne pouvaient voir ce renfort., tandis que las miemtesdievenaient sucQesrîvementdispombtes»

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Une reconnaissance westphalienne , poussée athdelè de THenarès, qui, dans les environs de Siguenza, est guéable partout , escarmoueha axec les éelaireurs des nouvelles colonnes /vit ces colonnes arrêtées et leurs chefs se consultant. Il était au moins quatre heures après midi; l'affaire, ayant commencé avant le jour, durait depuis douze heures consécutives; et nul doute que ces renforts ne fussent arrivés trop tard , puisqu'au premier avis que je reçus de leur apparition, TEmpecinado avait déjà perdu environ deux lieues de terrain. Mais cette apparition , quoique tardive, eut pour lui cet avantage qu'elle m'arrêta dans la poursuite de ses troupes battues.

Les escadrons westphaliens s'étant rapprochés, je fis rentrer les voltigeurs qui ne combattaient plus, et quoique ma colonne n'eût rien mangé de tout le jour, je marchai avec elle sur l'Henarès , dans le dessein de le passer et d'attaquer les renforts; mais leurs chefs avaient pris conseil sur l'état des choses ; et voyant l'Empecinado culbuté , ils jugèrent tout engagement dangereux ;' et , sans m'attendre , se retirèrent par les bois, dans la direction d'Almazan , province de Soria.

Alors, et vers six heures du soir, nous nous acheminâmes sur Siguenza où j'envoyai les

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