Bataille d’Austerlilz, 2 décembre ltOJ
canon, que j’aperçus le désastre. La cavalerie était au milieu de nos carrés, et sabrait nos soldats.
En carré.
Jn peu en arrière nous discernions les masses à lied et à cheval qui formaient la réserve. L’ennemi Icha prise et accourut à ma rencontre. Quatre pièces d’artillerie arrivèrent au galop et se mirent en atterie. Je m’avançai en bon ordre; j’avais à ma auche le brave colonel Morland, et le général I)alîmagne à ma droite. « Voyez-vous, dis-je à ma î troupe, nos frères, nos amis qu’on foule aux pieds : vengeons-les, vengeons nos drapeaux. » Nous dus précipitâmes sur l’artillerie, qui fut enlevée.
La cavalerie nous attendit de pied ferme et fut culbutée du même choc ; elle s’enfuit en désordre, passant, ainsi, que nous, sur le corps de nos carrés enfoncés. Les soldats qui n’étaient pas blessés se rallièrent. Un escadron de grenadiers à cheval vint me renfoncer, je fus à même de recevoir les réserves qui arrivaient au secours de la Garde russe. Nous recommençâmes. La charge fut terrible; l’infanterie n’osait hasarder son feu ; tout était pêlemêle, nous combattions corps à corps. Enfin l’intrépidité de nos troupes triomphe de tous les obstacles ; les Russes fuient et se débandent. Alexandre et l’Empereur d’Autriche furent témoins de la défaite; placés sur une élévation à peu de distance du champ de bataille, ils virent cette Garde, qui devait fixer la victoire, taillée en pièces par une poignée de braves. Les canons, le bagage, le prince Repnin ’, étaient dans nos mains ; malheureusement nous avions un bon nombre d’hommes hors de combat, le colonel Morland 2 n'était plus, et j’avais moi-même un coup de pointe dans la tète. J’allai rendre compte de cette affaire à l’Empereur. Mon sabre à moitié cassé, ma blessure, le sang dont j’étais couvert, un avantage décisif remporti avec aussi peu de monde sur l’élite des troupe;