Bataille gagnée par le général Desaix le 7 octobre
le bonheur, à la tète de deux cents braves, d’enlever le reste de l’artillerie des Turcs ; et de colonel à Sainanhout, sous les ruines de Thèbes. Je fus grièvement blessé dans cette dernière affaire, mais aussi je fus cité bien honorablement dans les relations du général en chef.
A la mort du brave Desaix, tué à Marengo1 au moment où il décidait la victoire, le Premier Consul daigna m’attacher à sa personne ; j’héritai de sa ! bienveillance pour le conquérant de la haute Égypte. J’eus dès lors quelque consistance ; mes ■ rapports devinrent plus étendus.
Du zèle, de la franchise, quelque aptitude aux armes, me méritèrent sa confiance. Il a souvent dit à ses alentours qu’il était plus difficile d’avoir plus de bon sens naturel et de discernement que Rapp. On me répétait ces éloges, et j’avoue que j’en étais flatté : si c’est une faiblesse, qu’on me la pardonne ; chacun a les siennes. Je me serais fait tuer pour lui prouver ma reconnaissance ; il le savait : aussi répétait-il fréquemment à mesamisque j’étais un frondeur, une mauvaise tète, mais que j’avais un bon cœur. Il me tutoyait, ainsi que Lannes; quand il nous appelait vous ou Monsieur le général, nous étions inquiets, nous étions sûrs d’avoir été desservis. Il avait la faiblesse d’attacher de l’importance à une police de caquetage, qui ne lui fai-