‹ Mémoires du Général RappChapitre 42 sur 143 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Une pluie abondante nous fit rentrer. J’écrivis au général Lauer de nous donner des détails à ce sujet. Il me répondit que St... avait été exécuté à sept heures du matin, 27 *, sans avoir rien pris depuis le jeudi 21; qu’on lui avait offert à manger; qu’il avait refusé, attendu, disait-il, qu’il lui restait encore assez de force pour marcher au supplice. On lui annonça que la paix était faite; cette nouvelle le fit tressaillir. Son dernier cri fut : Vive la liberté J vive l'Allemagne ! mort à son tyran! Je remis ce rapport à Napoléon. Il me chargea de garder le couteau, que j’ai chez moi.

t. Il faut lire te 17 cl le 14.

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Napoléon me dit. que les préliminaires delà paix n’étaient pas encore signés, mais que les articles '< en étaient arrêtés, et qu’il la ratifierait à Munich, où nous devions nous arrêter. Nous arrivâmes à Nymphembourg : la Cour de Bavière s’y trouvait. : Je n’avais pas eu l’honneur de voir le roi depuis la •campagne d’Austerlitz. 11 me logea dans son palais.

Il me témoigna beaucoup de confiance et de bonté. Il me dépeignit la triste situation de ses sujets, et ajouta que si cet état de choses ne cessait bientôt, il serait obligé de mettre la clef sous la porte et de s’en aller. Ce furent ses expressions.

Je conservai le souvenir de ce dernier propos. J’étais bien décidé à le rendre, non pour lui nuire, mais pour prouver à Napoléon que toutes les indemnités qu’il accordait à ses alliés étaient loin de les satisfaire et de compencer les charges que la .guerre leur imposait.

La paix fut effectivement ratifiée. Nous quittâmes Nymphembourg, et nous arrivâmes à Stuttgart Napoléon fut reçu avec magnificence et logé au palais, ainsi que toute sa suite. Le roi faisait construire un grand jardin, et employait à ces travaux des hommes condamnés aux galères. L’Empereur lui demanda ce que c’était que ces hommes enchaînés. Il répondit que c’étaient, la plupart, des rebelles de ses nouvelles possessions. Nous nous

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