‹ Mémoires du Général RappChapitre 43 sur 143 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

remîmes en route le lendemain. Chemin faisant, Napoléon revint snr ces malheureux et me dit :

i« C’est un homme bien dur que le roi de Wurtern- » herg, mais aussi bien loyal. C’est le souverain » de l’Europe qui a le plus d’esprit. » Nous nous arrêtâmes une heure à Rastadt, où les princes de Bade et la princesse Stéphanie étaient venus lui faire leur cour. Le grand-duc et la grande-duchesse l’accompagnèrent jusqu’à Strasbourg. Il reçut à son arrivée dans cette ville des dépêches qui l’indisposèrent de nouveau contre le faubourg Saint-Germain. Nous nous rendîmes à Fontainebleau ; aucun préparatif n’était fait, il n’y avait pas même de service; mais peu après toute la Cour arriva, ainsi que la famille de Napoléon.

L’Empereur eut de longues conférences avec le ministre de la police; il se plaignait du faubourg Saint-Germain. Ce contraste de souplesse et d’audace, que sa livrée déployait tour à tour dans ses antichambres et les salons, le déconcertait ; il ne concevait pas qu’on fût si bas et si perfide, qu’on déchirât d’une main tandis qu’on sollicitait de l’autre. Il paraissait disposé à sévir ; Fouché l’en dissuada. « C’est de tradition, lui dit-il ; la Seine coule, » le faubourg intrigue, demande, consomme, et » calomnie : c’est dans l’ordre, chacun a ses attri- ■ » butions. » Napoléon se rendit, il ne se vengeait

que des hommes. On lui proposa une entrée soleil-

nelle dans la capitale, il la refusa : le vainqueur du monde était bien au-dessus de ces triomphes dont s’enivraient les Romains. Le lendemain la Cour quitta Fontainebleau. L’Empereur fit le trajet à franc étrier; toute son escorte resta en arrière, un chasseur de la Garde seul put le suivre ; c’est ainsi qu’il arriva aux Tuileries.

Napoléon touchait à l’une des époques les plus importantes de sa vie.

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