‹ Mémoires du Général RappChapitre 48 sur 143 · Le roi Joseph · texte numérisé non relu

Le roi Joseph

3. Colonel et aide de camp du maréchal Berthier, il combattit avec distinction en Portugal, en Allemagne, en Espagnie, en Rassie. Il fut promu général de brigade en 1813, devint aide de camp de Napoléon, se signala à la bataille ; de Dresde où il gagna son grade de généra] de division (24 octobre 1813). Le général Flahaut fut créé comte par t Napoléon, et plus lard il siégea à la Chambre des Pairs. Madame de Flahaut, dont les romans ont obtenu tant de

îion dont il avait été chargé auprès de Schwartîenberg ; il rendit compte du dévouement du prince, et de l’impatience où il était de culbuter [es Russes : l’Empereur n’avait pas trop l’air d’y Moire ; cependant il se laissa persuader : il pensa ju’à la longue les protestations peuvent devenir sincères, et les bienfaits inspirer aussi quelque reconnaissance. Il exposa son plan et ses projets : « Si » Alexandre, dit-il, persiste à ne pas exécuter les » conventions que nous avons faites, s’il ne veut » pas accéder aux dernières propositions que je lui >) ai soumises, je passe le Niémen, je bats son ar- I» mée et m’empare de la Pologne russe ; je la » réunis au grand-duché, j’en fais un royaume, » où je laisserai cinquante mille hommes que le » pays entretiendra. Les habitants désirent se re- » constituer en corps de nation ; ils sont belliqueux, » ils se formeront, ils auront bientôt des troupes » nombreuses et aguerries : la Pologne manque » d’armes, je lui en fournirai ; elle bridera les » Russes ; ce sera une barrière contre l’irruption » des Cosaques. Mais je suis embarrassé ; je ne » sais quel parti prendre à l’égard de la Galicie ; » l’Empereur d’Autriche ou plutôt son Conseil ne

succès et qui épousaen secondes noces M. de Souza, était la mère du général et fut la grand’môre du duc de Morny. Le père du général Flahaut fut guillotiné en 1793 à Arras, par ordre de Joseph Le Bon.

» veut pas s'en dessaisir : j’ai offert d’amples com- » pensations, elles ont été refusées... 11 faut s’en » remettre aux événements, eux seuls nous ap- » prendront ce qu’il convient de faire. La Polo- » gne, bien organisée, peut fournir cinquante » mille hommes de cavalerie : qu’en dites-vous,

» monsieur le général Belliard ? — Je le crois,

» Sire, répliqua le gméral : si Votre Majesté la » mettait à cheval, l’infanterie de la Vistule ferait » une excellente cavalerie légère, qu’on pourrait » opposer avec succès à cette nuée de Cosaques » dont les Russes se font précéder. — Nous ver- » rons cela plus tard. Vous retournez avec Murat,

» vous quittez vos Suisses ; que pensez-vous des » Suisses ? — Ils iront, Sire, ils se battront : ils » ont beaucoup gagné ; depuis six semaines, ils » ne sont pas connaissables. J’irai les voir demain.

» — Allou s, bien ; rejoignez Murat et voyez avec » lui toute la cavalerie. »

Les propositions dont parlait l'Empereur ne furent pas accueillies : les Russes se plaignaient de ; nos forces, de nos mesures commerciales ; ils exigeaient que nous évacuassions l’Allemagne. Nous marchâmes en avant, nous arrivâmes au Niémen : cinq ans auparavant il avait été témoin de nos victoires : l’armée ne l’aperçut qu’avec des cris de | joie. Napoléon se rendit aux avant-postes, se déguisa en chasseur et reconnut les bords du fleuve

avec le général llaxo1. Il s’entretint ensuite quelques instants avec le roi de Naples : il lui indiqua l’endroit où il convenait de jeter les ponts, et lui ordonna de concentrer ses troupes, afin que le passage fût rapidement effectué. La cavalerie était à cheval, l’infanterie avait pris les armes : jamais spectacle ne fut plus magnifique. Éblé 2 se mit à l’ouvrage ; les pontons furent placés à minuit : à une heure, nous étions sur la rive droite et le général Pajol à Kowsno ; Bagowouth l’avait évacué, nous l’occupâmes sans coup férir. Nous continuâmes le mouvement ■; nous marchions sans relâche : nous n’apercevions que quelques pulks de Cosaques qui se perdaient à l’horizon. Nous arrivâmes à "Wilna; ses immenses magasins étaient en feu : ncus l’éteignîmes; la plus grande partie des subsistances fut sauvée.

1. 24 juin I8P2. Passage par la Grande Armée les 24 et 23. Le général Haxo était aide de camp de l’Empereur. Sa belle conduite au combat de Mohilow, le 23 juillet, lui valut d'ôtre promu général de division. En 1813 il eut le comman-

• dement du génie de la Garde Impériale. 11 mourut en 1838 après avoir été inspecteur général de son arme, pair de France et conseiller d’Etat.

2. Le général Eblé élait commandant en chef des équipages de pont de la Grande Armée en Russie. Ce fut lui qui, pendant la retraite, sauva l’armée à la Bérésina. Il mourut à Ivœnigsberg le 21 décembre, presque en même temps que le général La Riboisière, qui commandait en chef l’artillerie de la Grande Armée.

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