Murat fut fusillé au Pizzo dans la Calabre
» mouvement. Nous rencontrâmes l’arrière-garde )> ennemie à environ deux lieues d’Ostrowno ; elle » était avantageusement placée derrière un ravin » esc irpé ; elle avait une nombreuse artillerie, son » front et ses flancs étaient couverts par des bois » touffus ; on échangea quelques coups de canon,
» on envoya les bataillons pour arrêter l’infanterie » qui faisait rétrograder nos hussards. La division » Delzons arriva ; le rôle de la cavalerie était fini.
» Le vice-roi fit ses dispositions, on marcha à l’en- » nemi ; on passa le ravin : la brigade de cavale- » rie étrangère qui longeait la Dwina protégeait » notre gauche et débouchait dans la plaine ; le I » reste des troupes légères marchait sur la chaussée j » à mesure que l’infanterie ennemie rétrogradait.
» Les cuirassiers furent laissés en réserve en ar- f » rière du ravin et les canons mis en batterie. Ma | » droite était protégée par des bois immenses, et ■ » éclairée par de nombreux partis. L’ennemi fut » poussé jusqu’à la deuxième position en arrière » du ravin où était la réserve ; il nous ramena à » son tour sur le ravin ; il en fut de nouveau re- » poussé : il nous ramenait pour la seconde fois ;
» déjà il était sur le point d’enlever nos pièces, 1 » embarrassées dans un défilé qu’elles traversaient . » pour aller prendre position sur les hauteurs ;
» notre gauche était culbutée, et l’ennemi faisait J » un grand mouvement sur la droite : la brigade j
» étrangère allait être dispersée. Dans cet état de » choses, il n’y avait qu’une charge de cavalerie » qui put rétablir les affaires ; je la tentai. Nous » nous portâmes sur cette infanterie qui s’avançait » audacieusement dans la plaine ; les braves Po- » lonais s’élancèrent sur les bataillons russes : pas ■> un homme n’échappa, pas un ne fut fait prisonif» nier ; tout fut tué, tout périt ; le bois même ne ■) put dérober personne au tranchant du sabre. En
> même temps les carrés s’ébranlaient au pas de » charge ; le général Girardin, qui conduisait les ) bataillons de gauche, faisait un changement à
> droite, et se portait par la grande chaussée sur » les derrières de l’ennemi ; les troupes qui se
> trouvaient à droite exécutaient la même manceu-
> vre. Le général Piré les soutenait ; il chargea
> à la tète du 8e de hussards : l’ennemi fut cul- ) buté ; il ne dut son salut qu’aux bois et aux ' ravins qui retardaient la marche. Toute la divi- [' sion suivait le mouvement ; l’infanterie s’avan-
Çait par la chaussée, la cavalerie débouchait sur 1 les hauteurs : je faisais canonner les cinq à six ’ régiments à cheval qu’elle avait en face. Ce fut
■ dans cette position que me trouva Votre Majesté;
■ elle me fit poursuivre l’ennemi, je le poussai
■ jusqu’à une lieue et demie de Witepsk. Voilà,
■ Sire, le récit de l’affaire que nous venons d’avoir
■ avec les Russes : elle leur coûte environ trois
» mille morts et un grand nombre de blessés ;
» nous n’avons presque perdu personne. Ce résul- » tat est en grande partie l’ouvrage du comte Bel- » liard, qui a donné dans cette journée de nou- » velles preuves de dévouement et de courage, j » C’est à lui qu’on doit la conservation de l’artil- » lerie de la division Delzons. »
Tout fatigue à la longue ; la lassitude même inspire du courage. Barclay l’éprouva : deux ou trois fois il eut le dessein de tenter le sort des armes ; mais je ne sais quel pressentiment de défaite l’agitait à la vue de nos soldats : à peine il les voyait paraître qu’il précipitait sa fuite; ses magasins, ses pièces, ses ouvrages, tombaient dans nos mains sans l’émouvoir. 11 n’avait qu’un but, qu’un objet ; c’était d’être toujours quelques lieues eu avance. Bagration1 imitait cet exemple, mais montrait parfois de la résolution ; il eut divers engagements avec notre avant-garde. Le maréchal Davout le poussait vivement ; mais le roi de Vestphalie2 marchait avec mollesse, Vandamme discutait avec ce souverain, les ordres ne s’exécutaient pas. Cette mésintelligence sauva le prince russe ; il nous gagna de vitesse, atteignit Mohilow, il fut