‹ Mémoires du Général RappChapitre 56 sur 143 · août · texte numérisé non relu

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mes. Le spectacle était affreux. Quel cortège que celui de la gloire !

Nous avions besoin de détourner, nos regards de ces scènes de carnage. Les Russes fuyaient, la cavalerie s’élança sur leurs traces; elle atteignit bientôt l’arrière-garde. Korff voulut tenir, il fut accablé. Barclay 1 accourut avec ses masses, nous reçûmes des renforts; l’action devint terrible. Ney attaquait en tète, Junot par le flanc; l’armée ennemie était coupée, si le duc se fut porté en avant. Fatigué de ne pas le voir paraître, Murat courut à lui : « Que fais-tu? que n’avances-tu’? Mes West- » phaliens chancellent. — Je vais leur donner l’élan. » Le roi de Naples se jette à la tète de quelques escadrons, charge, culbute tout ce qui s’oppose à son passage. « Voilà ton bâton de maréchal » à moitié gagné ; achève, les Russes sont perdus. » Junot n’acheva pas ; soit lassitude, soit défiance, le brave des braves sommeilla au bruit du canon ; et l’ennemi, qui accourait pour maintenir ses derrières, se reporta sur la ligne. La mêlée devint affreuse ; le brave Gudin perdit la vie, et l’armée russe nous échappa. Napoléon visita les lieux où l’on avait combattu. « Ce n’était pas au pont, c’est » là, c’est au village où devait déboucher le hui- » tièms corps, qu’était la bataille. Que faisait Ju-

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