‹ Mémoires du Général RappChapitre 60 sur 143 · septembre · texte numérisé non relu

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du punch; j’eus l’honneur d’en prendre avec lu: 11 me demanda si j’avais bien dormi, je lui réponl dis que les nuits étaient déjà fraîches, que j’avai souvent été réveillé. Il me dit : « Nous aurons a » faire aujourd’hui à ce fameux Kutusow. Vous von » rappelez sans doute que c’était lui qui commai » dait à Braunau lors de la campagne d’Austerlit;

» Il est resté trois semaines dans cette place sar » sortir une seule fois de sa chambre; il n’est pt » seulement monté à cheval pour voir les fortifie:

» tions. Le général Bennigsen, quoique aussi vieil » est un gaillard plus vigoureux que lui. Je ne sa » pas pourquoi Alexandre n’a pas envoyé cet II:

» novrien pour remplacer Barclay. » Il prit u verre de punch, lut quelques rapports, et ajouta « Eh bien ! Rapp, crois-tu que nous ferons c » bonnes affaires aujourd’hui? — II n’y a pas cj » doute, Sire ; nous avons épuisé toutes nos re » sources, nous sommes forcés de vaincre. » Nap> . léon continua sa lecture et reprit : « La fortune e » une franche courtisane ; je l’ai souvent dit, et » commence à l’éprouver — Votre Majesté se ra » pelle qu’elle m’a fait l’honneur de me dire » Smolensk que le vin était versé, qu’il fallait » boire. C’est maintenant le cas plus que jamais! » il n’est plus temps de reculer. L’armée connej » d’ailleurs sa position : elle sait qu’elle ne tro » vera de subsistances qu’à Moscou et qu’elle n

» plus que trente lieues à faire. — Cette pauvre ar- » niée, elle est bien réduite: mais ce qui reste est » bon ; ma Garde est d’ailleurs intacte. » Il manda le prince Berthier, et travailla jusqu’à cinq heures et demie. Nous montâmes à cheval. Les trompettes sonnaient, les tambours battaient ; dès que les troupes l’aperçurent, ce ne fut qu’acclamations. « C’est l’enthousiasme d’Austerlitz. Faites lire la » proclamation. 1 »

« Soldats !

» Voilà la bataille que vous avez tant désirée ! Dé- » sonnais la victoire dépend de vous ; elle nous I » est nécessaire ; elle nous donnera l’abondance,

( » de bons quartiers d’hiver et un prompt retour » dans la patrie. Conduisez-vous comme à Auster- » litz, à Friedland, à Witepsk, à Sinolensk, et que » la postérité la plus reculée cite votre conduite » dans cette journée ; que l’on dise de vous: 11 » était à cette grande bataille sous les murs de » Moscou. «

Les acclamations redoublèrent , les troupes ne demandaient qu’à combattre, l’action fut bientôt kiengagée.

t. Datée du camp impérial, sur les hauteurs de Borodino, v jte 7 septembre, à deux heures du matin.

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