CHAPITRE XLII
L’ennemi était plein de confiance ; il combattait il intriguait, il se flattait d’emporter la place oi de la réduire en cendres; mais toutes ses tentative; échouèrent devant la vigilance et l’intrépidité d< mes soldats. Ses fusées incendiaires vinrent s< perdre sur les remparts; ses attaques furent re poussées, et ses émissaires découverts. Plusieurs de ces misérables s’étaient déjà introduits dans nos magasins, et se disposaient aies incendier. J’eusse peut-être du en faire un exemple; mais je craignis que cet exemple 11e fût dangereux ; je craignis qu’i ne donnât l’idée du crime à ceux qui ne l’avaieni pas, et qu’il ne répandit l’alarme parmi les troupes, Je feignis de croire qu’ils avaient voulu détournei
quelques comestibles, et les renvoyai; mais je publiai contre le vol des ordonnances si sévères, que je tins la malveillance à l’écart.
Après trois jours d’humiliations et de fatigues, les assiégeants réussirent enfin à s’emparer du bois d’Ohra Chassés presque aussitôt, ils reparaissent avec de nouvelles forces, et replient le poste. Le bataillon de service prend une seconde fois les armes, et vole à son secours. Le major Legros attaque le bois, deux compagnies de grenadiers se portent au village ; les troupes se joignent, elles se pressent, se poussent, se culbutent; la mêlée d 'vient affreuse. Le capitaine Capgran saisit aux cheveux un officier prussien ; tandis qu’il le terrasse, lui-même est sur le point de perdre la vie; un soldat l’atteint déjà de sa baïonnette : le lieutenant Sabatier détourne le coup, serre le Cosaque, et lui passe son sabre au travers du corps; mais, au moment où il sauve son chef, il reçoit à la gorge une blessure qui le force de quitter le champ de bataille. Dans le bois, dans le village, partout les Dusses sont accablés ; le capitaine Duchez en abat quatre; le commmandant Charton, les lieutenants Devrine et Blanchard les moissonnent àpleines mains ; une foule de braves se répandent au milieu d’eux et accroissent le désordre.