‹ Mémoires du général Rapp: aide-de-camp de Napoléon, écrits par lui-même, etChapitre 27 sur 59 · Mémoire · texte numérisé non relu

Mémoire

,,maltraité les Cosaques pour devenue famais „leur patriarche.*'

La députation de la diète 'était encore a Wilna. Je connaissais quelq^ues uns de ceux qui la composaient. Je les vis , ils me parlèrent de leurs espérances , de leurs moyens et dé leurs droits. Ces idées vxe frappèrent ; j'en rendis compte au duc. „Yous êtes admirable ! me dit- ,,il. Quoi ! vous ne reconnaisses pas Tarchevê- „que ? vous ne voyea pas avec quel art il setra- ,yhit? JBt ces réminiscences bibliques, à. qui ,»vpulex-vous qu elles viennent , si ce^n^st un ,,prétre ? Au restp, je vaià vous passer la pièce . * -

;„Siré, la diète du grand duché de Varsovie, ^,réunie a rapproche des puissantes armées de „votre majesté, a reconnu d'abord qu elle avait „des droits a réclamer et des devoirs a remplir : ,,d'uue voix unanime , elle s'est constituée en „confédération générale de la Pologne ; elle a „déclaré le royaume de Pologne rétabli dans ,,ses droits, et en même temps que les actes „u€urpateurs et arbitraires par lesquels on avait ,,détruit son existence étaient nuls et de nulle ,,valeur.

„Sire, votre majesté travaille pour la posté- „rîté et pour l'histoire. Si l'Europe ne peut lué- „coniiâître nos droits, elle peut encore bien „moins méconnaître nos devoirs. Nation libre „et indé)>endante depuis les temps les plus re- „culés, nous n avons perdu notre territoire et „notre indépendance ni par des traités ni par „des conquêtes , mais par la perfidie et par la ^trahison. La trahison n'a jamais constitué des

jydï^itsi Nous avons vti hotre dertiier roi traîné „a Saint-Pétersbourg, où il a péri, et notre oia- „tioii déchirée en lambeaux par des princes „avec qui nous h avions point de guerre et qui ,^e nous ont point conquis «

„No9 droits paraissent donc évidenls aux „ye\ix de Dieu et deshonanes. Nous, Polonais» - ,,nous avons le droit de rétablir le trône des • yjagellonsetdes Sobieski, de ressaisir notre iny^dépendancenationale, de rassembler nos luemr „bres divisés, de nous amier nous-mêmes pour ,,aotce pays natal, et de prouver en nous bat- ,,tant pour lui que nous somm.es de dignea des- „cendants de nos ancêtres.

„Votre majesté peut-elle nous désavouer ou „nous blâmer, pour avoir fait ce que notpede- ,.voir, comme Polonais, exigeait de nous, et „pour avoir repris nos droits f Oui, sire, laPo- „logne est proclamée de ce jour; elle existepar „les lois de iéquité, mais elle doit exister par jbs^ „fait; le droit et la justice légitiment notre re- „solution, mais elle doit être soutenu*? de notre „côté. Dieu, n'a-t-il pas assea puni la Pologne „de ses divisions? veut-il peri>étuer nos mal- „heurs ? etles Polonais, après avoir nourri la- „mour de le^r patrie, devaient-ils descendre „au tombeau \nalheureux et sans espoir ? Non, „sire. Vousav^x été envoyé par la providence; „le pouvoir estVemis dans les mamiS de votre ,,ma]esté, et Texistence du grand duché est „due a la puissance de vos armes.

„Dites, sire: Oue le royaume de^Pologne ^existe; et ce décret sera pour lé monde équi-

^,valent à la réalité. Nous somméa seige mil- ^^ions de Poloi^ais , pa^rmi lesquels il n y en a ^pas un dont le sang, les bras, la fortune » ne ^,soient dévoués a v<ltre majesté. Chaque sacri- ,,iîce nous paraîtra léger s'il a pour objet le rérétablissement de notre pays natal. De la ,,Dwina, au Dniester^ du Borjsthèneal'Oder, ,^un seul mot de votre majesté lui dévouera

« y, tous les bras , tous les efforts, tous les cœurs. ,,Cette guerre sans exemple que la Russie a osé r,déclarer , nonobstant les souvenirs d'Auster- ,,lits , de Pultusk , d'Ëylau , de Friedland , ,,malsré les serments reçus a Tilsit, et à Er- ,yfurtn, est, nous n'en doutons pas, un elFet „de la providence , qui, touchée des Infor- „tunes de notre nation, a résolu dy mettre fin. 'r,La seconde guerre de Pologne yient seule- „ment de commencer , et déjà nous apportions nos hommages k votre majesté dans .,1a capitale des jagellons. Déjà les aigles „de votre majesté sont sur la Dwina ; et

^ „les armées de la Russie , séparées , di- „visées , coupées , errent incertaines , et „cherchent en vain a se réunir et À se for- „mer , etc."

,,C'est bien. — Oui, sans doute; mais il ,est si charmé du chef-d'œuvre , qu'il croi-

,, excès d'amour-propre. Ce matin encore je ,,lui ai fait sentir 1 inconvenance de ses mou- „vefpents de vanité. — Il ossianise : vous „rappelef-vous Ip motV — Il le peint a mer- „veiUe. Au^reste,,;^ sa prose va bien, l'am-

du général Rapp. l49

,,bassadé ne va guère. Sans Duroc, quilecou- ,,Tre de son ombre , je l'aurais déjà renvoyé a ,,ses ouailles. Que diable Faumônerie a-t-elle „de commun avec les ambassades ? C'était bien v „la peine de se donner tant de mouvement pour „ne rien faire qui vaille!**.

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