‹ Mémoires du maréchal de GrouchyChapitre 10 sur 26 · LIVRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT ET UNIÈME

De 1890 d^ 1830.

Poléjmiqae entre le maréchal de Grouchy et le général Gérard. — Ce qni donne prise aux reproches de ce dernier. — Correspondance entre le général Gérard et le colonel Alphonse de Grouchy (1 820) . — Notes rédigées par le général et envoyées au colonel, sor la campagne de 1815, avec observations et réponses. — Le maréchal de Grouchy revient en France et n^abandonne pas la polémique sur 1815. — Il fait appel aux souvenirs de ses compagnons d'armes et explique ses motifs. ~ Le maréchal revendique ses droits à n'être pas mis à la retraite (janvier 1825;. — Il n*est pas fait droit à cette réclamation. — Lettre du ministre duc de Glermout-Tonnerre (mai 1825). — Le maréchal perd sa femme et épouse en secondes noces Mlle Hua, qui vit encore. — Lettre du général Eognat. — Correspondance avec le général Lamarque (1828). — La polémique reprise entre le maréchal et le général Gérard, à propos du poë'me de Méry sur Waterloo; note de Gourgaud. — Lettre de Grouchy à M. M. Méry et Barthélémy intitulée FragmenU historiques sur la halaille de yfcUerloo (1829). — Deuxième opuscule du maréchal, intitulé De Vinftuenci que peuvent avoir sur l'opinioH les documents pu^ bliés par le comte Gérard (1829). — Réfutation par le maréchal des Mémoires du duc de Rovigo. — Gérard ministre de la guerre en 1830. — Lettre de Grouchy au duc d*Orléans (5 août 1830). — Lettre au roi des Français (14 août). — Note relative aux services du maréchal. — Deux pages d'histoire, fragment historique publié par le marquis de Grouchy. — L'ordre du jour du maréchal Soult à la date du 1<^' juin 1815. — Grouchy renouvelle ses démarches. — Révolution de Pologne. — Nouvelles réclamations du maréchal de Grouchy à la mort du maréchal Jourdan. - Lettre au maréchal Soult, président du Conseil (en 1834). — Réponse du duc de Dalmatie. ~ Lettres au maréchal Mortier (décembre 1834). — Les pétitions aux chambres. — Sa position est régularisée à la un de 1835. — Il est nommé pair de France. —- Son intervention dans la discussion de la loi sur les officiers. — Sa lettre au comte de Ségur (1838). — La maréchal sollicite un comman* dément en cas de guerre (1839).

Au commencement de 1820^ au moment où M. de Grouchy venait d'apprendre qu'il était amnistié et autorisé à rentrer en France, au moment où il faisait ses préparatifs de départ, heureux de penser qu'il allait enfin rentrer dans son pays et revoir sa famille, un

orage nouveau^ qui (Jevait empoisonner le reste de son existence, s'amoncelait au-dessus de sa tête.

La réfutation que le maréchal avait faite de l'ouvrage de Gourgaud, l'espèce de blâme qu*il avait infligé à la lenteur des mouvements du 4' corps le 17 juin, à l'intempestif mouvement offensif et contraire à ses ordres du 3* corps à Wavres le 18, avait tourné contre lui les généraux Gérard et Vandamme. Une polémique aigre, qui dura longtemps entre le premier de ces deux commandants de corps d'armée et le maréchal, commença dès cette époque, et la dénégation contenue dans la première réfutation de Grouchy donna prise, par son inexactitude, à des reproches qui paraissaient fondés. Les adversaires du maréchal arguèrent de là pour prétendre, non sans une sorte de raison, qu'on ne pouvait se fier à la véracité du livre de M. de Grouchy, et que le public ne devait pas ajouter une grande créance aux observations qu'il contenait.

Le général Gérard, blessé de ce qu'on lui faisait un reproche du retard de ses troupes, lors de leur marche les 17 et 18 juin, exalté d'ailleurs par les éloges mérités qu'il avait reçus de Napoléon sur le champ de bataille de Ligny, eut avec le colonel Alphonse de Grouchy, en janvier 1820, une correspondance que nous allons faire connaître.

Expliquons d'abord ce qui donna lieu à cet échange de lettres courtoises entre les deux officiers.

Le 10 janvier 1820, parut au Constitutionnel la lettre suivante du colonel de Grouchy :

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