Villars à Ltiuvoù
25iuiD Pt 4 juillet 1889.
... Il vient d'arriver sept François de l'armée de Hollande qui diBent que tout ce qu'il y a do François dana cea trouppes reviendront, dès que l'amure spra plus proche, cola ne console pas de tous les fantassins que nous perdons, mais la désertion est un vieux mal, je crois, très incurable, puisque le» punitions no l'arrêtent point le plus grand nombre de déserteurs sont les
François Ceux de la Compagnie de Valgrand éloiont tous do
nouveaux convertis et une partie de ceux du Chevalier de Nesie l'étoient aussi... J'espère que cela n'aura point de BuittOBljefais tout de mon mieux pour les animer, leur donner des espérances, de bons traittements, et en&n dissiper les impressions qu'un peu de sévérité avoit données à [|uelques~uiis.
(Copie. Arth, Vogtlé.j
S, Villars à*
[Camp de Boussut], 37 août I6S9.
Je ne pue, Monsieur, vous mander hier l'affaire de Valcourt, n'ayant pas eu le temps de mettre pied â terre, et jii croîs qu'il
I. Le manuscril porte ù Lourois, mais c'eut une erreur Un copUle, la lettre écrite au ■nioit.lre, le 2S août, par VilUra uislc an Dép>^l de la Guerre (891, Ki), elle o^l beancoup plu» réservée et ne t'oecupc que du rMe de la cavalerie ; < Le» commencement» de l'alTalre ont ili fort heumui, et, si l'on avoit bien voulu ne rimlentor de l'honneur que la r^vallerie ) avoit acquis, tout éleii i souhait ; je ne vous parlrraj, Monoeigneur, que de ce qui l'a regardé... ni Je baurtl n'aruU fait que le» dragon» n'ont pas suivi la roQte qnn H le clievalier de TilUdet leur avoil ordonnée, on Buroil deffait cinq nu six wnU humines de pied... [la cavallerîe) a fait de« merveille» et pleasl k Dieu qu'on n'eikl pa» voulu parlaiter i d'aolrea troupes l'honneur de celle joiirni'e. n Villar» «'arrête lé et paaae «ou» silence la malhenrensc affaire d'inranlerie qui suivit.
n'est plus temps de vous en parler aujourd'huy, cependant je vous diray que le hazard nous fit arriver dans un temps très favorable, ayant trouvé Tannée au fourrage : je fis attaquer d'abord ceux de leurs fourrageurs, qui se trouvèrent plus avancés, par les volontaires et deux gardes ordinaires : on en prit un assez grand nombre; mais nos troupes s'étant arrêtées derrière, et les dragons n'ayant pas suivi la route qui leur avoit été ordonnée, les ennemis eurent le temps de poster leur infanterie et de retirer leurs fourrageurs, après cela, on envoya les premiers escadrons de garde et les brigades de Lumbre et de Bezons par le chemin de Silenrieux qui est un peu plus long et Ton garda celui des Forges, qui étoit le plus court, pour les Gardes du Corps : les derniers escadrons de la brigade de Bezons l'ayant trouvé libre, parceque les Gardes du Corps n'étoient pas arrivées, s'y jetèrent et joignirent cinq escadrons des ennemis qu'ils renversèrent l'épée à la main avec beaucoup de vigueur. Villepion, Desville et Bondy y firent fort bien leur devoir à la tête de ces escadrons et, si l'on s'en étoit tenu là, tout étoit à souhait ; mais, quand il n'y a que la cavalerie qui acquière quelque honneur, l'on compte cela pour rien ; l'on voulut donc faire marcher la brigade des Gardes et celle de Champagne pour attaquer Valcourt que l'on croyoit à demi rasé et gardé seulement par deux ou trois cents hommes ; ainsy, sans avoir fait brèche, l'on fit marcher tous ces bataillons à la muraille qui se trouva bonne, on enfonça les portes et on y mit le feu, mais elles se trouvèrent bouchées de fumier et, pendant que notre canon tiroit quelques mauvois coups qui ne faisoient aucun effet, parceque c'étoient de fort petites pièces, ces pauvres bataillons demeurèrent trois heures exposés à un aués grand feu des ennemis dont l'armée, étant en bataille, envoya des bataillons rafraîchir ceux qui étoient déjà dans Valcourt; ils firent même avancer du canon en plusieurs endroits et même trois pièces sur une hauteur, vis-à-vis de nous, qu'il me parut très facile d'enlever, tous les officiers qui étoient auprès de moi l'ayant jugé à propos. Ainsy nous n'eûmes plus qu'à demeurer en bataille pendant qu'on retiroit nos pauvres fantassins qui ont marqué toute l'ardeur imaginable. Vous saurez déjà les morts'et les blessés : les gardes Françoises ont perdu plus à proportion que les autres troupes, les volontaires ont parfaitement bien fait, M. le Maréchal a toujours été fort exposé, M. le prince Philippe, le milord de Richement, Tonnerre, le chevaher de Cauvisson, qui a été blessé en deux ou trois endroits, mais pas dangereusement, le chevalier de Tilladet, Lieutenant général de jour, a fort bien &k
APPENDKS. U5
et chargé avec la cavalerie. Je vous ay déjà dit que Villèpion, Bondy et Dcsville et en vérité tous les ofBciers et cavaliers de ces quatre escadrons ont fait merveille et ce qui me fait un sensible plaisir, c'est que le régiment de Viltepion est un de ceux que j'ai toujours marqué pour un des moindres de l'armée; je vous assure, Monsieur, qu'il y a une ardeur dans la cavalerie qui ne se peut exprimer el, si nous trouvons d'autres occaaioiiB, l'on ' aura encore plus de lieu de s'en louer.
(Oc^ie. Areb. Vogat.]