Combat de Leuze
Los Papiers de Villars renferment à la date du 21 septembre 1691 an récit du combat de Leuze, adressé à Barbèzieux. Villars a textuellement transcrit ce récit dans ses Mémoires (ci-dessus, pp. 134-139) en se contentant de mettre la troisième personne à la place de la première; seulement il a passé une phrase (p. 137, ligne 4), que je crois devoir donner ri-i!essoiis :
Je lui ai dit : « Pendant que notre première ligne se forme, j irai reconnoître la gauche des ennemis; M. Dauger, lieutenant cén<>ral, fut envoyé pour examiner leur droite; M. de Luxembourg attendit dans le centre, et, nous voyant tous deux revenir, il s'est éloigné de ceux qui l'environnoient et nous a demandé ce que nous pensions des mouvements des ennemis. M. Dauger parla le premier, etc..
Cette lettre ne parait pas avoir été envoyée, car le Dépôt de la Guerre (li)5'i. 97-99) contient deux dépêches, l'une du 20, l'autre du 21 septembre, qui donnent un récit sommaire et différent de la bataille. Elles sont
Autographes, les deux secrétaires de Villars ayant été blessés. Cette circonstance explique aussi peut-être pourquoi le récit plus étendu n'a pat été expédié à Versailles. Quelques jours après, Villars écrivait à Barbézieux pour lui demander le gouvernement de Pecquay (6 octobre 1691) et il revenait sur le combat de Leuze en ces termes :
<i J'aurois pris la liberté de vous supplier, Monseigneur, d'avoir
un peu d'attention au conte que Monsieur le duc de Luxembourg
aura bien voulu rendre de moi sur la dernière action. Je puis
être content du public ici, qui, sans vanité, m'y donne la pre*
mière part. La vérité est que, sans moi, on n'auroit plus trouvé
d'arrière-garde à combattre, que Marsilli ne fit le mouvement
que par mes ordres, que les gardes du Roi débordoit la gauche
des ennemis, que leur droite me débordoit de 4 ou 5 escadrons,
que j'ai renversé tout ce qui étoit devant moi : voilà le fait en
deux mots, après cela on donnera le mérite de cette action à qui
l'on voudra... »
(Orig. antogr. Dép. 6. Vol. 1054, n* 106.)