‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 124 sur 130 · Villars à Boufflers · texte numérisé non relu

Villars à Boufflers

A Fumes, le 9 mars 1692.

Le parti que j'ai pris, Monsieur, de renvoyer deux magistrats de Furnes à Niouport a réussi ; je leur dis que ma première intention avoit été d'envoyer un trompette en arrivant ici au Gouverneur de cette place, pour lui déclarer que, s'il ne retiroit incessamment les eaux, j'allois faire brûler tout le Franc de Bruges, je leur montrai même un endroit de la lettre que vous me faisiex l'honneur de m'écrire sur cela que cependant, conmie il n*étoit question que de leurs intérêts, je croyois qu'ils réussiroient mieux en allant trouver ledit gouverneur et disant qu'ils m'a voient prié de ne point écrire et de ne point envoyer de trompette de peur de le mettre en colère, mais qu'ils le prioient de considérer dans quel désordre il alloit jeter tous les Pays-Bas espagnols, et qu'il en répondroit peut-être à ses supérieurs ; enfin le bon Espagnol après avoir fait plusieurs rodomontades sur les menaces de M. d'Avejean, disant même : « Pourquoi votre gouverneur menace-t-il le pays et ma garnison, s'il vouloit bien ne s'en prendre qu'à moi, je prendrois volontiers un petit rendex-vous. » Enfin le bon vieillard veut faire un duel ; mais conclusion, pour

i. Villars commandait alors en Flandre en Tabseoee de Boafllan. (¥oy. ci-dessus, p. 142.)

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racourcir le récit de la négociation, de ma conduite et des petites^ propositions de duel du bon Castillan, il a retiré les eaux, lesquelles mémo ont fait très peu de dommage, de manière que les dits magistrats, qui ont été l'examiner, m'ont assuré devant M. D'Avojean qu'elles n'avoient apporté aucune sorte de préju* dice au pays.

(Orig. Dép. G. Vol. 1148, n- 126.)

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