Villars à Barbézieux
Au camp de Root, 26 juin 1694.
Je crois devoir avoir Thonneur de vous rendre compte de ce que lit hier notre cavalerie dans l'action qui se passa ^, oii elle a montré sa valeur ordinaire. M. le maréchal de Lorges, ayant marché une partie de la nuit, vint camper à Sainte-Leen et Root. Gomme l'on eutroit dans le camp, M. de Saint-Frémont, qui avoiteu ordre de le marquer^ manda par un dragon que les ennemis paroissoient à nos gardes. Gomme j'étois de jour de lieutenant général, je m'y avançay et nous trouvâmes beaucoup de houssars, soutenus de trois ou (juatre troupes de cavalerie; on les fit éloigner, et une troupe (le 50 maîtres les poussa jusque hors d'un bois, mais, s'étant flebamlée après, en sortant dans la plaine, les houssars revinr^t et obligèrent ladite troupe à rentrer dans le défilé, à la teste duquel les marquis du Cbastellet et du Bordage la reformèrent. On fit avancer deux autres troupes pour appuyer celle-là, et l'on demeura maîtres de l'entrée de la plaine, dans laquelle les ennemis estoient répandus; quelque temps après, M. le maréchal de Lorges y estant venu, voulut que l'on poussât les ennemis et m'ordonna de me servir de quatre ou cinq gardes ordinaires et des trois premiers escadrons de Mérinville, Ghastelet et Montperoux, qui avoient été détachés dès le matin pour soutenir les gardes. On disposa ces troupes de manière que lesdites gardes sortissent les premières du défilé pour pousser les ennemis, et que les trois escadrons ensuite les soutinssent. Les marquis du Ghastelet et du Bordage se mirent à la tète des premières troupes, et M" de Saint-Frémont et de Barbesières à la tête des escadrons cy-devant nommés. Les ennemis repassèrent promptement le ruisseau de Visloc, derrière lequel leurs officiers les arrêtèrent et se mirent en posture de deffendre un passage assez aisé à garder. Nos escadrons estant sur le bord du