‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 127 sur 130 · Le roi à VilUtn · texte numérisé non relu

Le roi à VilUtn

• Versaillâ», 30 août 1700.

.•m J'étois préparé à la réponse que le comte d'Barrach voih a readiie de la part de l'enipereiir : les pruposilioDs qu'il avoit faites d'entrer en négociation sur quelques articles du traité, ses ofTres pour l'échange du MilaDoisontasseï fait voir qu'il d'bi manquer aux égards qu'il veut avoir pour le roi d acceptant le traité, s'il avait trouvé dans ces conditions les avantages particuliers qu'il avoil espérés. 11 est iaccrlain si, dans la suite, l'empereur fera sur ce sujet les réflexions dont le comte d'Harrach vous a p&rlé, etra^mes'il sera tempE do les Faire encore. Mais, la réponse décisive qne je domandois étant dounéo, la seule chose dont il s'agit présentement asi d'empêcher que ce prince ne fasse des démarches capables d'engager l'Kurape dans une nouvelle guerre. Je vous ai fait savoir ce que j'ai appris du dessein qu'il a d'envoyer des troupes en Italie et des onlre^i donnés par le roi d'Espagne aux vice-rois et gouverneurf do les recevoir; cette résolution serait si coatraire au maifi^a du repos public que le roi d'Angleterre et les États Généraux sont convenus avec moi qu'il est nécessaire de s'y opposer fortement Ainsi, mon intention est que vous dtsiex aux ministres de l'empereur que j'ai reçu la réponse que vous m 'a ve^ envoyée de ce prince; quE souhaité que, regardant les mesures que j'ai prine^ avec le roi de la Grande-Bretagne el les États Généraux comme l'unique moyen de maintenir la paix dans l'Eurupe, il en t^M Kouïcrit les conditions ; que je suis persuada, quoiqu'il refuse d'entrer dans ces liaisons, qu'il n'oubliera rien pour entretenir avec mol la parfaite tnteUi-

l, Viiy. ri-<lf&»u», p. 377.

gence si nécessaire an bien de la chrétienté ; que je reçois avec plaisir les assurances qu'il m'en donne ; qu'il doit s'attendre aussi que je n'oublierai rien pour le maintien de la paix; que, dans cette vue, je vous ai ordonné d'avertir par avance que rien ne seroit plus capable de la troubler que l'exécution du dessein qu'on prétend que l'empereur a formé d'envoyer des troupes en Italie; que cette démarche ne pourroit avoir d'autre objet que celui de s'emparer des États du roi d'Espagne de son vivant ; que le roi d'Angleterre et les États Généraux la regarderoient aussi comme une contravention manifeste à la paix, et qu'ils se croient obligés de s'y opposer, de concert avec moi, si l'empereur veut l'exécuter.

(Min. Arch. des Aff. étr.)

^. Note remise le 6 octobre 1700 au marquis de Villars par^

comtes d'Harrach et de Kaunitz^.

« L'empereur a appris avec une entière satisfaction, par la proposition que M. le marquis de Yillars, envoyé de France, et les niinistres d'Angleterre et de MM. les États Généraux des Provinces-Unies ont fait en cette cour que le roi Très Chrétien concojut parfaitement dans les mêmes sentiments d'équité de Sa MajeRé impériale, dirigés uniquement au maintien du repos et de la tranquillité dans la chrétienté, vonltntbien promettre de ne rien entreprendre pendant la vie du roi d'Espagne sur les États de ce prince, si Sa Majesté impériale se veut engager à ne point faire entrer de troupes en Italie, soit des siennes ou étrangères, sous quelque prétexte que ce soit. C'est pourquoi Sa Majesté impériale, laquelle n'a aucun dessein de faire entrer des troupes en ces pays-là qu'au cas que celles de France y entrassent, est réciproquement porté» à déférer aux désirs de Sa Majesté Très Chrétienne (bien entendu que l'empereur prétend de ne porter pas le moindre préjudice & ses droits, ou d'approuver ou de consentir par cette convention an prétendu traité de la division de la monarchie d'Espagne), de n'envoyer ni corps d'armée ni régiments en Italie durant le susdit terme, excepté le nombre des troupes qui, de temps en temps, sera nécessaire pour recruter les régiments allemands qui sont dans les États de Sa Majesté Catholique. Si le roi Très Chrétien

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