A 8 kil. environ au sud-ouest d'Ath
2. Régiment de dragons levé en 1688 par Gaspard des MonstierB, comte de Mérinville, qui depuis fut brigadier de cavalerie (1693) et se retira avec ce grade dans son gouvernement de Narbonne.
3. Le mot est en blanc non seulement dans le manuscrit, mais dans la dépêche du 21 sept, à Barbezieux.
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que tout le monde l'assuroit qu'il ne joindrait jamais, niais que, sachant bien que les ennemis ne prenoient pas toujours toutes les précautions, et qu'en faisant la diligence possible l'on joignoit ceux qui se croyoient hors de toute portée, il chargea le marquis de Villars de prendre la tète de tout avec les six escadrons et les quatre bataillons, [ajoutant] qu'il trouveroit, sur le chemin deLeuze, Marcilly^, enseigne des gardes du Corps, avec quatre cents chevaux ; qu'il se servit de lui pour tenir les ennemis le plus près qu'il pourroit et qu'il lui mandât, dès qu'il les découvriroit, tout ce qu'il remarqueroit de leurs dispositions.
Le marquis de Villars chargea le brigadier Boisselot^ de mener les quatre bataillons aussi diligenmient que l'infanterie le peut faire, et il s'avança avec six escadrons sur le chemin que tenoit Marcilly. A huit heures du matin, il aperçut Marcilly à une lieue de lui et chargea le marquis d'Aubijoux^, brigadier, de suivre avec les six escadrons, et de sa personne il poussa à toutes jambes à Marcilly, qu'il trouva en bataille avec ses huit escadrons, observant la marche de l'armée ennemie, dont la plus grande partie avoit
1. c Je compte tant sur Marcilly, lieutenant colonel de Gourlin, > écrivait le maréchal de Luxembourg à Louvoie, le 5 mai 1690, « que je serai fort aise qu'il ne nous quitte pas. »
2. Alex, de Rainier de Droué de Boisselot servit avec distinction depuis 1667 : major général de Tannée d'Irlande (1689), il se rendit célèbre par c l'admirable défense de Limerick » (Saint- Simm, 1, 100. II, 144), se retira comme maréchal de camp et mourut dans ses terres en 1698.
3. Bans doute le frère du marquis de Toiras qui avait pris le nom d'Âubijoux de sa mère, la dernière d'Amboise de la branche d'Âubijoux.
déjà passé le ruisseau de Leuze. Il dit à Marcilly le dessein de M. de Luxembourg, et que pour cela il falloit tâcher d'amuser les ennemis. Marcilly en étoit à une demi-lieue, et, ne sachant rien du dessein du maréchal de Luxembourg, se tenoit à portée de les observer sans se commettre.
Le marquis de Villars le fit avancer et ordonna aux six escadrons qu'il menoit de suivre à une distance de mille pas.
Il mena les iOO chevaux de Marcilly à cinq cents pas des ennemis, lesquels, voyant un si petit corps de cavalerie s'approcher, s'arrêtèrent. Le marquis de Villars les voyant arrêtés dédoubla ses petits escar drons et fit paroltre huit troupes. Sur cela, les ennemis, croyant que ce qui alloit les approcher étoit partie d'un corps de 2,000 chevaux que M. de Besons^ commandoit du côté de Saint-Guislain, vouloient l'attaquer avec avantage et s'étendoient.
Le marquis de Villars envoya ordre au marquis de Toiras^, qui commandoit ces six escadrons, d'approcher et de les mettre sur une ligne. Les ennemis continuoient à se former et, dans ce temps-là, M. de Luxembourg arriva à toutes jambes et joignit le marquis de Villars qui lui dit : c Vous vouliez une arrièregarde à combattre; je vous ai préparé celle-ci. Il y a
1. Jacq. Bazin, marquis de Bezons, alors brigadier, depuis maréchal de France (1709), cordon bleu (1724), ami de SainU Simon, et comme lui attaché au duc d'Orléans, fut son auxiliaire dans Taffaire de la rupture de M*»* d'Argenton avec le prince, affaire dont le récit remplit presque un volume des Mémoires, H mourut en 1733 à 87 ans.
2. Fr. Jacques de Saint-Bonnet, marquis de Toiras, petit-neveu du maréchal de ce nom, fut tué dans la suite du combat
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trois quarts d'heure que je rarrète, et vous pouvez à présent choisir ce qui vous conviendra le mieux. » H. de Luxembourg répondit : c Je suis venu pour combattre. » Le marquis de Villars lui dit : c Pendant que votre première ligne se forme, je vais un peu reconnoltre la droite des ennemis. » Doger^ parla le premier et lui dit : c Les ennemis grossissent : voulezvous attaquer? Que ce soit dans le moment. » Yillars parla de même, et M. de Luxembourg dit seulement : c Attaquons, attaquons, » et envoya Doger à la droite. Le marquis de Villars retourna à toutes jambes à la gauche. En passant devant les chevau-légers de la garde, il dit à Vatteville* qui étoit à leur tête : t Je suis débordé par trois ou quatre escadrons des ennemis, ne pourriez-vous pas vous étendre? » On étoit déjà si près des ennemis qu'il n'y avoit plus qu'à attaquer ce qui étoit devant soi. Le marquis de Villars dit aux escadrons de Mérinville en peu de paroles : c Mes amis, vous les avez bien battus l'année dernière, vous les battrez bien encore. > Tous les cavaliers répondirent avec fierté : c Nous les battrons. » Le marquis de Villars se mit à la tête du premier escadron, le marquis de Toiras à la tête du second, et le comte de Mérinville au troisième. L'on marcha aux ennemis et la charge fut peut-être la plus violente que l'on ait vue de la guerre. Il est rare que des escadrons soient aussi longtemps mêlés sans se faire plier. Il fallut
1. Guy Doger, Dauger ou d'Auger, lieutenant général depuis i688 : fut tué dans ce môme combat.
2. Louis-Ëdm. Dufossé de la Motte, comte de Vatteville, commandait une compagnie de Fiennes; il devint brigadier de dra* gOQs en 170^i, et se retira maréchal de camp en 1718.
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presque tuer le premier rang à coups d'épée et le second pour les renverser. Cette ligne fut emportée, et celle qui la soutenoit se renversa d'elle-même ; mais les trois escadrons de Mérinville, qui ne faisoient tout au plus que 360 maîtres, en eurent 190 hors de corn** bat, et de 32 officiers 26, le marquis de Toiras tué de plusieurs coups. Le marquis de Villars avoit pour toutes armes défensives un double buffle et son numchoir dans son chapeau, ce qui lui sauva la vie, car son buffle ou son chapeau et ses habits reçurent dix-sept coups sans blessures. Son cheval le tira de cette charge et tomba après.
Pour revenir à l'affaire générale, les escadrons de la maison du roi, renversant aussi ce qui étoit devant eux, souffrirent beaucoup. Doger, lieutenant général, fut tué, ainsi que Neuchelles^, qui commandoit lamai^ son du roi, la Troche^, le marquis de Rotelin^ et une infinité de bas offlciers ; le marquis d' Alègre ' blessé et un grand nombre d'autres.
1. Léon Le Girier, marquis de Neufchelles, était gouYemeur de Sainte-Menehould ; son fils eut la survivance, devint enseigne des Gardes du Corps, et se distingua à Malplaquet.
2. Fr. Martin de Savonnières, marquis de la Troche, né en 1666, était maréchal de camp et lieutenant des chevau-légers de M. lé Dauphin. Il s*était fort distingué au passage du Rhin (1672) : il était fils d'un conseiller au parlement de Rennes et de Bfarie Godde de Varennes, grande amie de madame de Sévigné qui parle souvent d'elle dans ses lettres, de son activité, de son dévouement pour son fils et l'appelait Trochanire,
3. H. d'Orléans, marquis de Rothelin, commandait la gendarmerie, et reçut trente-deux blessures, dont quatre mortelles. Son dernier fils, né six semaines auparavant de la fille du maréchal de Navallles, fut Tabbé de Rothelin, de l'Académie française, célèbre collectionneur de médailles et de livres.