Ferdinand, comte de Marsin ou Marchin, fils du premier
168 MÉMOIRES DE YILLARS. [1694
ger Touvrage. Le ministre ne pou voit donner à Yillars que de certains petits désagréments pareils à celui-là ; car, ayant un gros gouvernement, des pensions et une charge considérable à la guerre, les esprits les plus indisposés contre lui ne pouvoient guère lui noire qu'en diminuant le mérite de ses services.
Cette année finit par le bombardement de Saint- Malo ^ . L'Angleterre se disposoit depuis longtemps à cette expédition, et les préparatifs en étoient terribles. Le seul nom de machine infernale^ qu'on donna à un bâtiment qui devoit tout embraser, fit concevoir une idée affreuse de cet armement : mais le succès ne répondit pas à Tespérance des ennemis ; et tout œ grand appareil, qui coûta des sommes prodigieuses à l'Angleterre, ne causa presque aucun dommage à la France.
1694. La campagne de 1694 s'ouvrit les premiers jours de juin. L'armée passa le Rhin à Philisbourg, et M. le maréchal de Lorges dit que les intentions du roi étoient que l'on poussât celle des ennemis. Il est vrai qu'elle étoit commandée par un grand général, qui étoit le prince de Bade ; mais elle étoit fort inférieure en nombre et en qualité à l'armée du roi. Cependant le prince de Bade nous attendit près Wisloch^, dans un poste qu'il crut assez bon pour ne pas craindre d*y être forcé.
maréchal de ce nom, fut nommé maréchal de France en 1703, et remplaça Yillars dans le commandement de Tannée d'Allemagne, fut battu avec Tallard à Hochstaedt (1704) et taé à la bataille de Turin, le 7 septembre 1706.