Jean Sobieski le Grand, mort le 16 juin
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prendrai la liberté de vous la conseiller qu'avec Umtw les précaution» possibles. > « -^^
Il £aut savoir que le maréchal de Ghmseul avoitVtlt défaut terrible pour un général : c'est que réellemei^l il ne voyoit point. Une petite lunette lui aidoit à distinguer, tant bien que mal, un clocher, une toiHPOii quelque autre objet pareil, mais il lui étoit totalement impossible de discerner les mouvements d'une armée dans une plaine. Il étoit donc dans la nécessité de se livrer au |M)nseil de quelqu'un, et le marquis de VUlars avoit 1er meilleures intentions pour le bien du service et pour un général qui vouloit bien lui doiuiâr use confiance sans réserve»
L'arméa du foi passa le Rhin et alla camper dans les premiers jours de TaDverUire de h campagne, à gauche à Radstadt et à droite à Kuppenheim. C'est le plus beau poste que l'on puisse occuper, soit pour voir arriver un ennemi et l'attendre said| inquiétade, soit poupi^'attaquer soi-même , si oiPim^^ouVf^ir le faire avec avantage par la supériorité et par la bonté des troupèa;*et c'est précisétaent le cas où nous étions. L'armée du roi, qui av^ devant elle le ruisseau de Radstadt et ses' ailes aussi heureusement placées, ne pouvoit craindre une armée qui lui étoit inférieure d'un tiers.
Quelques jours après nous apprîmes que l'ennemi étoit venu camper derrière DourlacK. Alors le marquis de Yillars dit au maréchal de Ghoiseul : c C'est à vous à prendre votre parti. L'ennemi ne peut s'approcher de vous qu'en traversant une plaine de trois à quatre lieues d'étendue : si vous avez dessein de combattre, il n'y a qu'à tenir de fréquents partis sur
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lui pour être informé quand il passera lé ruisseau (fEÛingen. Celui que vous avez devant vous, dont le iow) est très bon, se passe aisément, et vous serez en état de joindre l'ennemi dans la plaine. > ^ '
La résolution suivit de près le discours du marquis d^ yillars : on prépara la marche sans en parler, et Yen fit les. dispositions sans que personne pût pénétrer le dessein qu'on avoit. Quelques jours après, Goqfontaine, lieutenant-colonel de cavalerie et bon officier, nous envoya avertir dès la pointe dû^our que le prince de Bdde commençoit à passef le ruisseau d'Stlingen. Dans le moment, le marquis de Yillars, qui étoit déjà à cheval, courut. chez le maréchal de Ghoiseul, *et lui dit : c Voilà les ennemis bii^vons les voulez. Je vais joindre Goqfbntaine à toutes jambes; je prendrai ^00 chevaux de la droite pour être en état de le soutenir et pour démêler cependant si l'ennemi se contipte de passer le ruisseau d'Etlingen ou s'il veut maatlK^'jasqu'à nous. Vos dispositions sont faites; vous pouvez, en attendant, faire passer le ruisseau de Radstadt à toute l'armée, car il vous est égal d'aller attaquer l'ennemi un peu plus ou un peu moins loin dans la plaine. > Le marquis de Yillars ne trouva pas au maréchal de Ghoiseul toute la vivacité d'un général qui, après avoir désiré une action, la voit se présenter : il fut surpris au contraire de voir que le maréchal vouloit le retenir auprès de lui : c Non, lui répondit Yillars ; je vous suis absolument inutile ici et très nécessaire à la tête de vos premiers partis, afin que vous soyez informé des mouvements de l'ennemi et que vous ayez^tout le temps de vous étendre. Nous savons déjà où nous appuierons nos
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ailes : ainsi je vais joindre Goqfontaine à toutai jajfnbes. > Il trouva que l'ennemi avoit à peiije paiaé le ruisseau d'Etlingen, mais qu'il se livrmt k^mm bataille. Il renvoya officiers sur officiai^s au marédod pour l'informer de ce qu'il voyoit et pour le presser.
Cependant les houssards des ennemis conunencèrent à pousser Goqfontaine ; mais, Yillars ayant fait paroltre tes 500 chevaux mille pas derrière pour r^ipprocher le petit corps de Goqfontaine et ne se commettre point, il regardoit toujours du côté de Radstadt, comptant que la tête de l'armée du roi paraltroit bientôt en deçà du ruisseau. Au lieu de cela, le maréchal de Ghoiseul vint à lui, suivi seulement de quatre escadrons de gendarmerie, c Mais, lui dit Yillars, nous ne battrons pas les ennemis avec ce que vous amenez. Et votre armée passe-t-elle le ruisseau? > Le maréchal fut un peu honteux d'avouer que l'on attendoit ses ordres, c Cependant l'armée ennemie est en marche, lui répliqua Yillars; si elle arrive à une demi-lieue de notre ruisseau avant que toute votre armée soit passée et bien postée, vous ne pourrez faire un seul pas en avant, et vous me permettrez de ne plus compter sur la bataille. >
Réellement le maréchal ne fit autre chose que prendre sa lunette, lorgner les ennemis tant bien que mal, et à une heure après midi nous retournâmes dans notre camp. De cette ardeur de combattre on passa d'abord au soin de se retrancher sur les hauteurs de Kuppenheim à la tète du village de Radstadt et le long du ruisseau.
Les ennemis se placèrent à une portée de Mnon de nous ; et après nous avoir présenté, durant quatre ou
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cinq jours, une bataille qu'ils voyoient clairement que nous ne voulions pas, ils se retranchèrent aussi. Un jour, le maréchal de Ghoiseul, étant sur les hauteurs de Kuppenheim, et ne voyant pas le marqdfs de Yillars, dit fort haut : c J'avois grande envie d'attaquer ces gen84à quand ils ont traversé la plaine, i Le marquis de Yillars s'avança et dit : c Vous auriez • très bien fait, monsieur le maréchal, et cette envie ^ étoit très aisée à passer. > Le maréchal fut fort embarrassé à cette réponse; car il vouloit au moins partager rinaction avec le marquis de Yillars, qui n'avoit garde de s'en charger dans le public et qui fut bien aise que Ton sût qu'il ne l'avoit pas conseillée.
Les armées demeurèrent en présence pendant six semaines ; après quoi celle du roi, qui avoit plusieurs ponts sur le bras du Rhia qui forme la grande lie du Fort-Louis, s'y retira et dDa attendre la fin de la campagne dans les camps ordinaires de l'autre côté du Rhin.
Nous apprîmes alors la conclusion de la paix générale signée à Ryswick, et il ne fut plus question que de retourner à la cour.
Le marquis de Yillars retrouva sa famille plus empressée que jamais à le marier* . On lui fit diverses propositions : il demanda des conditions très raison-
1. M»* de Goulanges aurait voulu marier Yillars avec une de ses nièces, M*'* de Bagnols. M»« de Bagnols le désirait aussi, mais M. de Bagnols n'y consentit point et donna sa fille, en 1699, au marquis de Tillières, dont il préféra les « châteaux solides i à la carrière encore incertaine de Villars. c On pouvait pourtant faire € rhoroscope de Villars sans témérité, écrit M»< de Grignan, il a « toujours pris la route et le vol de tous ceux qui arrivent, i (Voy.
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nables ; mais les difficultés qui s'y renoontrèrent, plus encore son indifférence pour le mariage, le portant à n'y plus penser, et il ne s'occupa plus que des vues de négociation qu'on lui ouvroit à la cour.
Le roi Catholique étoit dans un état à ne permettre pas de compter qu'il pût vivre encore un an ou deux, et par sa mort le retour de la guerre que l'on venoit de finir paroissoit inévitable. Gomment accorder des prétendants si puissants et si difficiles ?
Un intérêt de cette importance agitoit toute l'Europe. Le roi choisit le marquis d'Harcourt, le comte de Tallard et le marquis de Villars pour les envoyer en Espagne, en Angleterre et auprès de l'empereur, où se devoit traiter ce qu'il y avoit de plus important pour la négociation.
Peu de jours après que le marquis de Villars eut été destiné à se rendre auprès de l'empereur, il eut le malheur de perdre son père. Cette perte lui Ait très sensible ; il aimoit et honoroit un père très respectable, auquel la fortune seule avoit manqué pour par-
Lettres de M°^* de Grignan à Simtane, 5 janyier 1697, et à Cou» langes, 5 février 1703.)
Dangcau (26 avril 1691) mentionne le mariage d'un Villars avec MUe Pirou; on a cru à tort que c'était notre Villars; plusieurs familles, absolument étrangères Tune à l'autre, ont porté ce nom. Par ce mariage, Tépoux de W^*> Pirou aurait sauvé une terre considérable qu'il avait près de Mantes. CSette réflexion de Dangeau sufGt à prouver qu'il s'agit d'un autre personnage que le nôtre : en 1691, il ne possédait pas un arpent de terre ni en Normandie ni ailleurs ; enfin il était le 23 avril et le 30 avril dans les lignes de l'Escaut, ainsi que le constate sa correspondance avec Louvois, dont j'ai copie : le ministre lui répondait de Versailles le 28 ; il est impossible de placer entre ces deux dates un voyage à Paris et un mariage.
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venir à la plus grande élévation. Le marquis de ViUars abandonna à sa mère , à son frère et à ses sœurs ^ le peu que lui laissoit la succession et paya de son bien les légitimes, afin de pouvoir retirer qudque chose du patrimoine ^, dont il laissa la jouissance entière à sa mère, dame d'un mérite distingué par son esprit, par sa vertu et par sa fermeté.
Il fut question cette année de donner un successeur au roi de Pologne, mort Tannée précédente. Don Livio Odescalchi, neveu d'Innocent XI, se mit sur les rangs et offrait des sommes immenses à la République pour obtenir la couronne ; mais la médiocrité de son génie et de ses talents le fit échouer. On parla du prince Alexandre, second fils du feu roi ; mais il n'avoit pas Tàge prescrit par les lois, et sa faction étoit si peu accréditée qu'on obligea la reine sa mère
1. Villars avait alors un frère, Armand comte de Villars, chef d'escadre, puis lieutenant général en 1712, et quatre sœurs : Agnès, religieuse à Saint-André-le-Haut , depuis abbesse de Chelles; Thérèse, marquise de Boissieux; Charlotte, comtesse de Vogué; Marie-Louise, qui épousa en 1699 le comte Éléonor de Choiseul-Traves.
2. Tous les actes concernant cette succession ont été passés chez Romain Portier, notaire à Paris, et existent chez son successeur ; ils confirment tout ce que Villars dit de ses propres résolutions et de la modicité du patrimoine. Tous les droits réunis de la marquise de Villars s'élèvent à la faible somme de 47,566 livres 11 sols 8 deniers. Les immeubles se composent d'une maison à Gondrieux et de deux petites terres très modestes, La Chapelle en Lyonnais et Villeneuve-le-Marc en Dauphiné ; la marquise de Villars en abandonna l'usufruit pour une rente viagère de 7,750 livres que son fils lui servit ainsi que 700 livres de pension annuelle à son frère Armand. La légitime qu*il paya à sa sœur Louise s'élevait à 13,318 livres : quant aux dots de Thérèse et de Charlotte, elles restèrent dues et ne furent acquittées par Villars qu*en 1721.
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à s'éloigner de Varsovie pendant la diète. Tout sembloit disposé en faveur du prince de Gonti^, lorsque le nonce du Pape et l'ambassadeur de Tempereur agirent pour le duc de Saxe. Cependant le prince de Gonti fut proclamé par le cardinal Radzieyoùski *, primat du royaume, et, deux heures après, Frédârio* Âuguste, duc de Saxe, le fut par l'évèque de Gujavie. Les deux factions dépéchèrent chacune un courrier aux princes élus. L'électeur arriva le premier, se rendit maître de Gracovie et s'y fit sacrer par l'évèque de Gujavie. Le prince de Gonti arriva peu après, mais inutilement. La plupart des chefs de l'armée de la République avoient été gagnés et s'étoieni attadiés à celui qui leur avoit donné ou plus promis d'argent. Aussi le prince de Gonti, jugeant qu'il a'étoit pas de sa dignité de s'opiniâtrer plus longtemps, prit le parti de se rembarquer et de repasser en France.
[1698.] Pour revenir au marquis de Yillars, destiné pour négocier à Vienne, il y mena un équipage d'ambassadeur, quoique les ministres du roi auprès de l'empereur ne pussent avoir que la qualité d'envoyés extraordinaires, parce que le titre d'ambassadeur les mettroit en droit de passer devant l'ambassadeur d'Espagne, qui fait à Vienne une figure éclatante, l'union des deux branches donnant presque toujours à un ambassadeur d'Espagne la considération et le
1. Fr.-Louis de Bourbon (1664-1709), second fils d'Armand de Bourbon, frère du grand Ck)ndé et protecteur du père de Villars.
2. Micbel Radzieiowski, né en 1645, archevêque de Gnesen, se rallia au roi Auguste, mais, après l'élection de Stanislas Leczinski, il se retira à Dantzig où il mourut (1705).
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crédit d'un des principaux ministres de Tempereur. Enfin Von a toujours compris en France qu'il ne falloit pas avoir auprès de l'empereur un ministre qui, par. sa qualité d'ambassadeur, fût dans des démêlés continuels avec l'ambassadeur d'Espagne.
Le marquis de Villars fit partir de Paris trois carrosses à huit chevaux et quatre chariots attelés de même, et cinq ou six charrettes pour transporter les meubles qu'il envoyoit à Vienne, six pages, quatre gentilshonunes avec un grand nombre de domestiques. Cependant, comme il s'est toujours piqué d'un grand ordre et d'une sage économie au milieu des dépenses convenables aux états dans lesquels il s'est trouvé, il prit la liberté de raconter au roi la manière dont il en avoit usé dans cette occasion. Il demanda à Sa Majesté ce qu'elle pensoit que pouvoit coûter la conduite d'un tel équipage de Paris à Vienne. Ceux qui étoient auprès du roi, ou pour faire plaisir au marquis de Villars, ou pour approcher de la vérité, estimoient que cette dépense pouvoit monter à iO ou 50,000 livres : c Messieurs, leur dit-il, il ne m'en a pas coûté une pistole. > Le roi, surpris de la réponse, lui en demanda l'explication, c Sire, répondit Villars, pour être magnifique, il faut être économe et se servir de son esprit. > Le courtisan ne savoit à quoi ce préliminaire alloit conduire, lorsque Villars ajouta : c Sire, lorsque mon équipage est parti, la réforme de votre cavalerie se faisoit. Votre Majesté sait que l'on donnoit les chevaux de cavaliers à 25 livres ; j'en fis acheter 100 à Verdun, Mouzon, Ghèlons et autres lieux; ils ne me revenoient, rendus à Paris, qu'à 31 ou 32 livres. Ils n'y furent que quatre jours et, de Paris à Ulm,
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vingt jours : ainsi, chacun de ces chevaux, avec la nourriture, ne revenoit qu'à 60 livres. On les vendit, l'un portant l'autre, à Ukn, 1 50 Uvres ; par conséquent le gain sur les chevaux défraya le reste du voyage. > Le roi loua fort le bon esprit et le bon ordre de Yillars, et dit sur cela que bien des gens soulenoient qu'ils se ruinoient à son service, quoiqu'il donnât dix fois plus que ses prédécesseurs n'avoient donné. Cette digression ne sera pas inutile pour faire comprendre l'esprit d'économie du marquis de Yillars, qu'il a toujours su mettre en usage pour le service du roi dans le commandement des grandes armées qui ont été à ses ordres. £n effet, il est constant, comme on le verra dans la suite, qu'il épargna au roi, dans la campagne de Landau et de Fribourg, plus de 25 millions.
Nous allons traiter d'une des plus importantes circonstances de l'histoire du marquis de Yillars. Il va commencer une négociation considérable, dont voici l'occasion.
Le roi Louis XIY et la reine Marie-Thérèse avoient renoncé authentiquement à la succession d'Espagne. L'empereur Léopold avoit épousé la cadette de la reine, et elle n'a voit pas renoncé ; elle n'eut qu'une fille, mariée à l'électeur de Bavière ; et quoique cette princesse fôt assez mal conformée, elle eut un fils après dix ans de mariage.
Le roi d'Espagne et l'empereur convinrent dans la suite de laisser à ce fils les Espagnes et les Indes ^;
1 . Il n'est pas probable que l'Empereur ait donné son consentement à cette combinaison qu'il considérait comme contraire à
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mais le roi d'un côté, et l'empereur de l'autre, ne prétendoient pas qu'il ne leur revint aucune portion de cette grande monarchie. Le roi ne vouloit pas s'en tenir aux renonciations ; et milord Portland, dans son ambassade en France, fut informé en partie des desseins de Sa Majesté.
Le marquis d'Harcourt, qui partit le premier pour l'Espagne, fit craindre à cette monarchie une guerre dangereuse, si monseigneur le dauphin ou ses enfants n'étoient pas reconnus les principaux héritiers.
On peut juger par là de la grande agitation où étoit cette cour. La reine mère^ du roi lui avoit fait faire un testament et, dans la suite, la reine^ sa femme, de la maison palatine, voulut lui en faire faire un autre. Tout rouloit entre l'archiduc Charles, fils de l'empereur, et le prince électoral de Bavière. Les Espagnols, partagés, partageoient aussi l'esprit foible de leur roi. La reine n'étoit point aimée; et sa confidente, nommée la Berleps', avec un religieux son confesseur,
la renonciation qu'il avait exigée de sa fille en la mariant à Télecteur de Bavière. Quand même il Teût donné, la mort du prince électoral vint bientôt supprimer la question et laisser le champ libre aux compétitions de Léopold et de Louis XTV.
t. Marie- Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand ni, seconde femme du roi Philippe IV, était morte depuis le 16 mai 1696 : le testament qu'elle avait arraché à son fils était en faveur du prince électoral de Bavière.
2. Marie-Anne de Bavière-Neubourg, née le 28 octobre 1667, morte le 16 juillet 1740, sœur de Timpératrice Ëléonore, était la seconde femme du roi Charles II qui avait épousé en premières ooces Marie-Ix)uise, tille du duc d'Orléans.
3. Maria-Gertrude Wolf de Guttenberg, comtesse de Berlepsch, avait été amenée d'Allemagne par la reine ; protestante, intrigante et avide, elle contribua à faire détester par les Espagnols Tinfluence allemande : c plus avare que sa maîtresse, i écrivait Harcourt au
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qui la gouvernoit^ lui attiroient beaucoup d'ennemis. Le roi d'Espagne, pressé et tourmenté pour nommer un successeur, déclara enfin, pour se soustraire à tant d'importunités , qu'il ne prendroit cette résolution qu'en recevant le viatique à l'approche de la mort. Le marquis d'Harcourt crut que dans cette conjoncture il faiioit fortifier le parti qu'il formoit à Madrid, étonner la brigue opposée et conseiller de faire marcher des troupes. Effectivement l'on en fit avancer sur les frontières.
Le comte de Tallard, de son côté, négocioit avec le roi Guillaume, qui traitoit pour la Hollande conmie pour ses' royaumes. Le sieur Hop fut envoyé auprès de l'empereur, chargé en même temps de tout ce qui concernoit les intérêts de l'Angleterre et de la Hollande.
Jusque-là on n'entroit, de la part de la France, en aucune négociation avec l'empereur, qui, de son côté, voulant persuader à tous ses alliés qu'il étoit étroitement lié avec eux, ne se hàtoit pas d'envoyer de ministre auprès du roi. Ce fut ce qui retarda le départ du marquis de Yillars, qui ne se mit en route que vers la fin de juin.
roi, elle recevait de toutes mains ': rélecteur de Bavière lui envoya 25,000 piastres pour agir en faveur de son fils; etie était aidée par le baron Wiser, secrétaire allemand âe la reine, et par son fils, abbé, qu'elle fit nommer envoyé de l'électeur palatin à Madrid, puis archimandrite de Messine et qu'elle chargea de diverses négociations secrètes à Vienne et à Rome. (Voy. Hippeau, Avènement des Bourbons au trône d'Espagne, II, 27, 38, 50 et passim,) Elle se retira à Prague au chapitre séculier Angélique dont elle fut la première abbesse. Son fils entra au conseil de TEmpire et moamt en 1720.
i. Le P. Ghiusa, capucin de bas étage, associé aux manœuvres de Wiser, de la Berlepsch et de son fils.
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Gomme il avoit connu particulièrement le prince Louis de Bade dans les armées de l'empereur ea Hongrie, et que ce prince lui avoit marqué beaucoup d'amitié, il se détourna pour aller le voir à Wilbade, où il prenoit des eaux et des bains, à cinq lieues de Bade. Dans l'entretien qu'ils eurent ensemble, ce prince lui parla assez librement sur l'état de la cour de Vienne. Il étoit lieutenant de l'empereur, charge qui égale en quelque manière celle de connétable en n*ance, puisqu'elle donne le droit de conunander tous les maréchaux ; mais son caractère de hauteur ne lui permettoit pas une grande liaison avec les ministres ; ii étoit même très brouillé avec le comte de Kinsky, regardé pour lors conmie le premier en crédit auprès de l'empereur, et cette inimitié, jointe au peu d'intelligence où il étoit avec les autres, lui attiroit des dégoûts dont il devoit être à couvert par son mérite et par sa naissance, si ces titres pouvoient être un rempart contre la malignité des courtisans.
Le marquis de Villars passa une journée entière avec lui et avec la princesse de Bade^ fenmie de beaucoup de vertu et de mérite, joints à une grande beauté ; ensuite il joignit ses gens près d'Ulm, où il avoit envoyé d'avance préparer trois grands bateaux pour le porter avec tous ses carrosses et ses équipages à Vienne.
Toutes les négociations étoient conmiencées à Londres et à Madrid : les premières regardoient le partage de la monarchie d'Espagne, dont monseigneur le dauphin, le prince électoral et l'archiduc étoient