‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 4 sur 130 · VJ NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VJ NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

manuscrits contre un reçu, daté du 10 janvier 1792, qui se trouve dans le même dossier.

M. de Sérent fut tué à Quiberon ; sa veuve mourut sans enfants en 1845. Les papiers de Villars suivirent la destinée de son héritage : ils passèrent d'abord au neveu de M"' de Sérent, le comte Albéric de Choiseul, mort sans enfants à Paris en 1868; puis au neveu de celui-ci, le prince de Chalais, qui, n'ayant pas de descendance directe et sachant l'intérêt que je portais à la publication de ces documents, voulut bien me les remettre. A la mort, trop tôt survenue (1883), de cet homme de bien, ses héritiers ont gracieusement confirmé ses intentions et les papiers de Villars ont été ainsi rendus à la destination que leur avait assignée le fils du maréchal.

Les quatorze volumes de lettres in-folio reçus par M. de Castries et signalés par Anquetil sont aujourd'hui réduits à treize : ils portent encore la cote L^ 9 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève avec un sous-numérotage de 1 à 14 : le volume manquant est le troisième, correspondant aux années 1692-1700. Ces treize volumes contiennent la copie de lettres écrites ou reçues par Villars, pendant les périodes 1687- 1691, 1701-1705, 1709-1711.

Quant aux Mémoires proprement dits, ils n'étaient pas reliés lorsque le maréchal de Castries les reçut, et ils se composaient alors d'une série de cent cinquante-quatre cahiers numérotés, dont dix-huit manquaient du n® 19 au n° 38 inclusivement : ils comprenaient en outre deux cent treize feuilles volantes de quatre pages chacune. C'est dans le même état qu'ils furent remis à Anquetil; mais, pendant leur séjour à l'abbaye de Sainte-Geneviève, ils furent reliés ; les cahiers formèrent deux volumes in-folio, les feuilles volantes un troisième volume de même format. Le numéro-

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tage de toutes ces pièces est toujours visible, quoique souvent les chiffres aient été rognés par le relieur ; le premier volume contient les cahiers 1-18, 39-90 ; le second volume, les cahiers 91-153; le cahier 154 manque; le troisième volume contient bien 213 feuilles de quatre pages, plus une ou deux feuilles intercalées ; mais sur deux points il y a solution de continuité; il n'en est pas moins évident que ces trois volumes renferment les cahiers et les feuilles qui ont été prêtés à M. de Castries et mis à la disposition d'Ânquetil.

L'étude de ces trois volumes permet de se rendre un compte exact de la méthode suivie par Villars pour la rédaction de ses Mémoires, Il écrivait sur de grandes feuilles volantes, qui avaient une pagination spéciale; ces feuilles étaient copiées une première fois sur des feuilles de quatre pages par un secrétaire qui laissait en blanc tous les mots qu'il n'avait pas pu déchiffrer : Villars reprenait ces nouvelles feuilles, remplissait les lacunes en tâchant d'être un peu plus lisible, faisait quelques corrections et donnait son travail définitif à an calligraphe qui le recopiait avec grand soin sur des cahiers. Au moment de la mort de Villars, le travail du calligraphe s'arrêtait à la fin de 1724, et le travail de correction des feuilles à la fin de février 1731 ; de cette date jusqu'au 19 octobre 1733, jour où s'arrête le Journal de Villars, les feuilles n'avaient pas été corrigées. Les volumes I et II du manuscrit renferment les copies définitives ; le volume III contient 145 feuilles corrigées et 68 qui ne l'ont pas été ; il renferme en outre, à la feuille 100, une des pages originales de la main de Villars, numérotée par lui 209. Elle est bien reconnaissable, ainsi que les corrections, à cette grande, irrégulière et caractéristique écriture, qui, de l'aveu même de Villars, faisait le désespoir de ses correspondants, et qui impose de grandes fatigues à ses éditeurs.

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Le manuscrit porte des surcharges et corrections de deux mains différentes. L'auteur des premières n'a pu être identifié ; ce n'est aucun des membres de la famille de Y illars, ni aucun des écrivains connus de l'époque ; c'est l'éditeur anonyme du livre imprimé en 1734; les corrections faites de cette main se retrouvent toutes dans ce livre ; il est facile de reconnaître, d'ailleurs, qu'elles ont été faites en vue de l'impression ; elles portent surtout sur la ponctuation, l'orthographe, le style ; chemin faisant, l'éditeur supprime un mot trop vif, une appréciation trop cavalière, un détail trop intime. Ces corrections, nombreuses au commencement du premier volume, diminuent vers la fln^ pour disparaître entièrement dans le second volume; on voit que cette revision a cessé au moment où la publication de 1734 a été interrompue et sans doute pour les mêmes causes. La seconde série de surcharges, généralement faites au crayon, est de la main d'Ânquetil ; ce sont moins des corrections que des indications pour le copiste chargé d'un travail préparatoire.

Dans l'édition présente, j'ai scrupuleusement suivi le texte original, sans tenir aucun compte des surcharges ; lorsque celles-ci pouvaient offrir quelque intérêt, je les ai reproduites en note en les désignant par la lettre (X). L'orthographe étant celle d'un copiste et nullement, j'ai pu le constater, celle de Villars, je ne me suis pas cru obligé de la' suivre et j'ai adopté l'orthographe actuelle, sauf pour les oi et pour les noms propres ; les noms de personnes et de lieux sont donnés conformément au manuscrit ; lorsque le même nom est écrit de plusieurs façons différentes, j'ai choisi parmi ces leçons la meilleure et l'ai reproduite uniformément ; j'ai donné en note l'orthographe moderne quand elle s'écartait trop de celle du manuscrit.

La lacune produite dans le premier vcdume par la dispa-

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ritioQ de dix-huit cahiers porte heureusement sur la série qui a été imprimée en 1734 ; j'ai donc pu la remplir à l'aide d'un emprunt fait au volume de 1734. U y a plus, cette partie des Mémoires contient le récit fait par Villars de ses négociations diplomatiques. Ce récit, il l'a écrit en ayant sous les yeux ses dépêches de Vienne, dont il avait gardé copie ; le plus souvent il s'est borné à transcrire le texte même de ces documents; j'ai donc pu, en colla tionnant le texte imprimé avec les originaux conservés aux Archives du ministère des Afiaires étrangères, faire disparaître les petites corrections de détail que l'éditeur de 1734 y avait introduites. Le texte ainsi rétabli va de la ligne 19 de la page 139 du présent volume à la ligne 14 de la page 304.

U résulte de la comparaison de plusieurs passages que l'on trouvera mentionnés aux pages 1, 240 et 243 du même volume, que, lorsque Villars commença à écrire ses Mémoires^ il était membre du Conseil de régence, fonction qu'il obtint en 1715, il ne possédait pas la terre de La Nocle qu'il acheta en 1719, et la guerre de Pologne, qui se termina en 1718, n'était pas ânie; l'année 1716 n'était pas achevée lorsqu'il écrivit la page 240. C'est donc vers la an de 1 71 5, dans le repos qui suivit pour lui la mort de Louis XIV, qu'il se mit au travail. Le récit des années antérieures à cette date a le caractère d'une œuvre historique composée à l'aide de documents et de souvenirs ; au contraire, dans les années qui suivent, Villars a tenu un Journal des événements auxquels il était mêlé. Ce Journal s'arrête le 19 octobre 1733. Six jours après, Villars partait pour sa dernière campagne, celle dont il ne devait pas revenir.

J'ai pensé que, pour donner plus d'intérêt à la publication des Mémoires^ il fallait y joindre quelques extraits tirés

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