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dans un lieu de peu de cérémonie, puisqu'on y faisoit de petits soupers; que d'ailleurs plusieurs de ceux qui étoient placés pour voir le bal n'avoient pas pris audience de M. l'archiduc, même M. l'envoyé de Hollande, auquel il auroit pu adresser la parole, étant, comme on l'a dit, entre M. de Lichtenstein et le marquis de Yillars. Celui-ci, après sa réponse, sortit, mais l'envoyé de Hollande demeura.
Cette aventura mit toute la cour en mouvement et surprit tous ceux qui l'apprirent. Premièrement, on ne pouvoit s'imaginer- que la salle préparée pour le bal pût s'appeler l'appartement de l'archiduc dans le temps que l'empereur y étoit ; en second lieu, il paroissoit étrange que le prince de Lichtenstein n'eût pas porté la parole à l'envoyé de Hollande, qui n'avoit pas vu l'archiduc, non plus que ceux de Suède et de Danemarck, qui étoientà Vienne avant le marquis de Villars. Celui-ci fit de très sérieuses plaintes au comfe de Kaunitz, qui lui promit «seulement d'en rendre compte à l'empereur.
Cependant le marquis de Villars évita dans les antichambres de l'empereur les discours auxquels l'ambassadeur d'Espagne , qui blâmoit un peu plus haut que les autres l'imprudence du prince de Lichtenstein, vouloit l'engager, aussi bien que les autres ministres étrangers. Le moment d'après, le bruit se répandit que le prince de Lichtenstein étoit très chagrin de son procédé et d'avoir suivi très imprudemment les mauvais conseils que l'on lui avoit donnés ^
i. Le rapport du prince de Liechtenstein sur l'incident existe aux archives Imp. Roy. de Vienne : voyez à l'appendice les extraits que j'en donne avec des détails complémentaires sur toute Taffiaire.
220 MÉMOIRES DE VILIARS. [1699
Le lendemain, le marquis de Villars trouva dans l'antichambre de l'empereur le comte de Kinsky, qui lui dit : « Je suis très fiché de l'aventure qui est surc venue ; mais elle n'empêchera pas notre conunerce c sur ce que vous savez. » Au fond, l'on pouvoit tirer un grand avantage de ce qui venoit â% se passer, et ce démêlé donna lieu à diverses conférences avec It* premier ministre, et à envoyer plusieurs courrieri^ G'étoit un prétexte fort naturel pour OMlier uoe 'n^ociation que le roi et l'empereur vouloient tenir secrète, parce que les puissances maritimes avoiait un grand intérêt à la troubler.
Le marquis de Yillars observa donc un [Nrofond silence sur l'affaire du prince de Lichtensteio* 'Après avoir porté ses plaintes au comte de Kainûtr, onnine il ne pouvoit se dispenser de le faire , il attendit les ordres du roi, auquel il àvoit dépêché un co(irrier,i>le conduisant de manière qu*il dépendit entièrement^^de son maître de paroitre plus ou moins irrité, Selb^^idH con viendroit à ses intérêts * . "^
Dans ce temps-là on reçut à Vienne une nouvelle bien importante pour l'Europe entière, mais surtout pour les cours de France et de Vienne : c'étoit la nouveUe de la mort du prince électoral ^, regardé conune
i. Dans une lettre particalière à Torcy, Villars demande la permission de provoquer le prince de Liechtenstein. Torcy lai répondit (11 février) : « ... Gomme c'est à l'envoyé du roi et non à vous c que le discours a été adressé, je crois que, quand môme ce que f vous proposez serait permis, ce ne serait pas Toccasion : mais a sérieusement, monsieur, ne la cherchez pas et ne la trouves a jamais, vous savez mieux que personne la sévérité du roi sur c ce chapitre... i (Arch. des Aff, étrangères.)