‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 45 sur 130 · Dépêche de Yillars au roi. Vienne, 18 août · texte numérisé non relu

Dépêche de Yillars au roi. Vienne, 18 août

1700] MÉMOIRES DE YILLARS. 277

Il vint alors un courrier du comte d'Harrach, ambassadeur de l'empereur à Madrid, dont les lettres confirmoient la nouvelle déjà reçue d'une meilleure santé du roi d'Espagne ; elles portoient aussi que le roi et la reine d'Espagne avoient ramené à leur sentiment la plupart des conseillers d'État qui avoient été d'avis d'offrir la monarchie d'Espagne à un des fils de monseigneur le dauphin.

Toutes ces nouvelles fortifioient l'empereur dans la résolution prise de ne pas entrer dans le twié de partage. Il est vrai que le nombre de ses troCiM|j|ptoit assez considérable ; mais le désordre dans leàrlflfences étoit au plus haut point, et la foiblesse de l'Espagne se pou voit comparer à l'état de la santé de son roi. Les ressources n'étoient pas proportionnées à de tels inconvénients. La principale étoit le miracle de la maison d'Autriche ; c'étoit un proverbe de la cour de Vienne, et Ton y citoit une infinité d'exemples où cette puissante maison, prête à tomber, s'étoit relevée contre toute espérance. On attendoit le reste du bénéfice du temps et du chapitre des accidents, si souvent cité dans les Mémoires du cardinal de Retz.

Le roi donna ordre alors au marquis de Yillars^ de déclarer à l'empereur que, s'il faisoit entrer des troupes dans Tltalie pour s'assurer des États du roi d'Espagne de son vivant, on seroit obligé de s'y opposer. Le sieur Hop fit une semblable déclaration de la part du roi d'Angleterre et de la Hollande.

1. Par dépêche datée de Versailles, 30 août 1700, dont il est bon de reproduire les principaux passages, à cause de leur importance. On les trouvera à l'appendice.

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faites dans les temps mêmes où Ton savoit que la France vouloit prendre des mesures avec rÂngleterre et avec la Hollande. Il ajouta que le comte de Portland avoit jeté les premiers fondements de cette négociation , que ces deux puissances les avoient farompés et qu'ils étoient bien sûrs qu'elles nous tron^feroicnt de même.

Le marquis de Villars, convaincu par la réponse de Tempereur que le refus qu'il faisoit d'entrer dans le partage obligeroit les puissances qui l'avoient fait à suivre des mesures violentes, représenta encore au roi combien il lui seroit avantageux d'entrer dans la première proposition du comte d'Harrach^. U ne balança pas à s'étendre sur toutes les raisons qui pouvoient porter à prendre ce parti, sans difficulté le plus glorieux et le plus utile. Enfin, il supplioit Sa Majesté de vouloir bien y faire de nouvelles réflexions, puisque le refus de l'empereur exigeoit de nouvelles délibérations.

L'on tint à Neustadt diverses conférences avec l'ambassadeur d'Espagne, auxquelles le président de guerre fut appelé, et l'on pouvoit juger par les dispositions de la cour impériale, aussi bien que par sa vivacité à traiter avec les ministres étrangers, qu'elle se préparoit à la guerre et à tout hasarder, plutôt que de ne pas suivre les prétentions qu'elle estimoit les plus légitimes et les plus justes à la succession, d'autant plus que le roi d'Espagne joignoit, disoit-on, aux offres qu'il faisoit à l'empereur, tous les secours qui étoient en son pouvoir pour le soutenir.

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