‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 55 sur 130 · Villars au marquis de Croissy · texte numérisé non relu

Villars au marquis de Croissy

Du camp près le pont de la Dravo, le 22 juillet 1687.

Je ne vous écrivis hier qu'un mot^, parce que j'étois pressé par le départ du courrier que mons^* de Lorraine envoie à Tempereur. Il n'y a point de jours marqués pour écrire, les courriers partent quand il plaît aux généraux. Ainsi, il arrive souvent que quelque envie qu'on ait d'estre régulier, cela ne se trouve pas possible. Cependant, tout ce qui s'est passé depuis ma lettre du 17 mérite que je vous en rende un conte un peu plus exact.

Le 18, l'armée marcha pour entrer dans un défiler d'une bonne Ueue et demie qui va aboutir à la plaine qui est autour d'Essek. L'aile droite commandée par M' de Lorraine eut l'avantage. Les mesmes quinze cens chevaux qui avoient escarmouche la veille se retirèrent toujours à trois cens pas de la teste de l'armée ; on leur tua quelques gens, mais on ne put en prendre aucun en vie.

Comme la marche étoit dif&cile, et qu'il faloit la faire avec beaucoup de précautions par le voisinage des ennemis, elle fut lente, et l'on ne sortit du défiler que sur le soir.

L'on poussa cinq ou six bataillons, et l'armée de Bavière, qui ôtoit fort reculée, campa comme elle se trouva. Les ennemis commencèrent à canonner de leur droite, où ils avment une

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