‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 57 sur 130 · Aiyourd'hoi Mobacz · texte numérisé non relu

Aiyourd'hoi Mobacz

lieutenant colonel Autkirck de les suivre. U a passé un corps de Tartares de Tautre costé du Danube, lequel a attaqué Baga, ou il y avoit deux ou trois cens Hongrois et a esté repoussé, nous avons campé à Erchans et de là on a fait un autre camp en tirant vers Moaich, et Ton a séjourné trois jours bien qu'il n'y eust d'autres eaux pour toute l'armée que celles des puits qu'on est obligé de faire. Gela surprendroit dans nos guerres que cinquante mil cbevaux pussent estre aussy longtemps éloignez de toutes sortes de ruisseaux ; cependant l'on y est obligé dans ce pays cy, et cela n'étonne ny la cavalerie ny l'infanterie.

Nous serions encore dans ce même camp là sy par plusieurs avis l'on n'avoit appris que le grand visir a passé la Drave à Esseck et est campé avec toute l'armée à Darda ; ces nouvelles nous ont fait marcber vers Baraniavar pour voir si la scituation de l'ennemy ne nous donneroit point lieu d'entreprendre quelque cbose sur luy. L'on envoya bier soir quatre ou cinq partis de Hongrois à cbeval et à pied et même d'Allemans pour estre bien informe de la scituation de leur camp. Cependant l'on séjourne aujourd'buy et, sy l'on apprend que le poste de l'ennemy ne soit pas aussy avantageux que celuy d'Essek, l'on s'en approcbera et l'on verra. Voylà, Monsieur, tout ce que je puis vous dire, cependant l'on attend des ordres de Vienne pour se déterminer à quelque projet.

L'on a envoyé le général de bataille Veterani avec cinq régimens de l'autre costé du Danube pour assurer le blocus d'Brla. Il arriva bier au soir beaucoup de volontaires ; le prince d'Hanover. Bois David est avec luy ; le comte Carpegna ; tout cela venoit avec les trouppes de Swabe ; beaucoup de recr&es et d'officiers. Le comte de Bielk a joint aussy. J'apprends dans ce moment que nous venons de perdre soixante ou quatre vingt fourageurs ; l'on pouroit prendre plus de précautions, mais cependant il est très difficile par la quantité prodigieuse de chevaux, la scituation du pays et l'habileté des Tartares qui consiste ^MXis la bonté de leurs chevaux. L'on attend toujours le duc de Bfantoûe au premier jour ; cependant quelqu'uns croyent qu'il pouroit bien se contenter de voir Bude, comme quelques volontaires qui s'en sont retournez de là.

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