Villars au marquis de Croissy
Au camp de Baraniavar, ce 13* d'aoust.
Monseigneur,
Je n'ay que le temps de vous escrire un mot par le chevallier de Beau veau que j'apprens que l'Électeur envoyé à Me la Danphine. L'on vient de gagner une bataille très sanglante pour les ennemis, puisque tous les janissaires ont esté taillés en pièces, on les a trouvés dans des lieus où ils ne pouvoient se retirer, et le massacre en a esté fort grand.
Mr l'Électeur a assurément beaucoup de part à l'affaire de cette journée, ayant voulu combattre, et avec de fort bonnes raisons. Je n'ay pas le temps de vous mander le moindre détail. L'Élec* leur a reçeu un coup de mousquet à la main qui n'a fait qu'une grosse contusion. Je ne scache personne de considérable tué. Je n'ay jamais veu de si grands misérables que les Turcs, ny de généraux plus fous et plus ignorans que les leurs ; il n'y a ny ordre, ny conduitte dans ces gens-là. Quand on marche à eus, leur cavalleric paroist fort fière, mais tout leur courage consiste dans la vittessc de leurs chevaus, et nous avons veu qu'ils ne s'approchent hardiment que pour la seureté de la retraite.
M. le chevallier de Beauveau me presse, et je n'ay pas le temps.
Monseigneur, de vous en dire davantage. M' PÉlecteur l'envoyé à Madame la dauphine et escrit aussi au roy. Je suis
Je ne scache personne de considérable tné. Le prince de Gomercy [a] esté frappé d'un coup de copie, je ne Tay pas veu depuis qu'il a receu le coup, mais je ne le crois pas dangereus.