Villars au grand duc de Toscane
 Munich, le 29 avril iG88.
Monseigneur, la satisfaction que V. A. 8. a la bonté de montrer de ma conduite m'est si sensible et si glorieuse,' que je ne puis assez lui en tesmoigner ma très humble et très respectueuse reconnoissance. J'étois déjà trop récompensé par' l'honneur de la ser>'ir dans les propositions du mariage de Mgr le prince Ferdinand, et j'y trouve de nouveaux engagements par l'approbation qu'elle veut bien donner de mon zèle pour son auguste maison. Elle apprendra par ses ministres l'heureux acheminement de toute cette affaire malgré d'assez grandes difficultés, les manières pesantes et soubconneuses des ministres bavarois, les mauvaises intentions de quelques-uns, les grandes propositions en faveur du Roy de Hongrie; tous ces obstacles ne pouvoient estre surmontés en si peu de temps que par la prudence, vivacité, fermeté et pénétration de MM. Finetty et du R. P. Maestro, ses ministres. Tout
nous a été contraire, et quoique les choses soient en cet état à ne pouvoir rien craindre, je prendray pourtant la liberté de représenter à Y. A. S. qu'il est très à propos d'éviter tous les reiardements. Je suis assez persuadé que M' TËlecteur ne sçaoroit eatre ébranlé dans ses résolutions, que sa parole est solide et qu'il est enfin incapable de pouvoir manquer à de si grands engagenieiits. Cependant, Monseigneur, le séjour de Vienne au miUeu des dames, les plaisirs d'une jeunesse qui l'environne, [l'influence] de ministres qui ne luy foumiroient que trop d'expédients de se dégager, me fait croire que non-seulement il est très à propos de terminer tout ce qui regarde les formalités, mais même de liEÛre partir Madame la Princesse sans attendre le retour de l'Électeur de la campagne.
J'espère que V. A. S. pardonnera la liberté que je prends et [l'attribuera] au zèle et à la forte envie que j'ay de voir réussir immanquablement un mariage qu'elle souhaitte, et je supplie