‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 83 sur 130 · Villars au roi · texte numérisé non relu

Villars au roi

A Munich, le i*' mai 1688.

Nous sommes enfin convenus de tous les articles, et, grâces à Dieu, l'expédient que j'ay approuvé a fait cesser touttes les longueurs que l'on vouloit apporter, et a obligé l'Électeur d'ordonner à ses ministres de conclure. Voicy donc les principaux points : Deux cens mille écus de dot que le Grand Duc prend sur ses vieilles dettes à la maison de Bavière, cent mille écus de contre dot et trente mille écus de rente de douaire.

Ce dernier article, les envoyés n'ont pas eu pouvoir de Taccorder entièrement ; mais comme ils sont persuadés que le Grand Due y consentira, et qu'ils doivent estre informez des intentions de leur maistre, je ne vois plus aucune difficulté. Nous avons depesché un courrier à Florence pour avoir le consentement du Grand Duc sur ce dernier point et les ratifications çur tout le reste. C'est un miracle qu'en si peu de temps on ait pu finir avec des ministres presque tous contraires.

Les envoyés de Florence ont mandé à leur maistre que, sans moy, non-seulement l'affaire ne se seroit peut-estre pas agitée, et moins encore terminée. J'ay cru aussy devoir écrire à M*" le Grand Duc, premièrement pour le remercier des honnestetés qu'il

a chargé ses ministres de me faire, mais ce qni m'y a obligé, c'est que, dans les dernières lettres qu'ils ont reçu de lui, ce prince paroi t désirer que la princesse ne sorte de Munich qu'après le retour de la campagne, et je luy ay fait voir combien il est à propos qu'elle n'attende pas ce tems-là, et qu'au moins l'Électeur laisse ses ordres icy en allant à Vienne, pour que la princesse sa sœur puisse partir quand Monsieur le Grand Duc le jugera à propos. Voilà, Dieu mercy, sire, une grande affaire terminée et bien capitale pour la suite puisque le mariage du Roy de Hongrie attachoit pour jamais l'Électeur à la maison d'Austriche, et que ce refus fait quasi tout le contraire.

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