‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 84 sur 130 · Villars au roi · texte numérisé non relu

Villars au roi

A Munich, le 12 mai 1688.

Le courrier de Florence vient d'arriver et n'a point apporté tous les consentemens que les ministres de Monsieur le Grand Duc avoient fait espérer. Cependant, Sire, j'espère que nous passerons par-dessus ces difficultés.

J'en aurois pu mesme mander des nouvelles plustost à Vostre Majesté sans que l'Électeur donne aujourd'hui une grande feste dans ses tentes, et qu'il a prié les envoyés de Florence de remettre à demain. La difficulté est que les ministres de l'Électeur prétendent que les trente mille écus de rente du douaire se payent hors de Florence, en cas que la princesse étant veve voulût en sortir. Et le Grand Duc veut bien payer quarante mille écus au lieu de trente dans ses États ; et en cas que la princesse en voulût sortir, que le Pape qui occupera pour lors le Saint Siège décidera de ce qu'on lui devra donner. L'Électeur a dessein de finir et vient de me dire en passant qu'il verra à accomoder tout cela et consent mesme à faire partir la princesse sa sœur quand le Grand Duc le désirera.

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