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de sa situation, il partit de Donau-Escliingen et marcha à son secours. Le 13, le siège fut levé, et le général Muller fit sa retraite sur Mannbeini, où il s'arrêta , pour faire repasser le Rhin à son armée. Malheureusement, il y laissa une arrièregarde de cinq mille hommes , sous les ordres du général Laioche , dans l'espoir qu'elle pourrait défendre les retranchements imparfaits, élevés en LVciiithic avant de la ville. L'archiduc avait quitté la Suisse,
Charles ,iri ive sur ,. . -, -, . . -yen i
le Rhin. depuis pIus dc quinze jours ; il rit lorcer de marche à ses divisions, et le 17 septembre, il attaqua Mannheim avec vingt-cinq mille hommes. Le général Laroche leur opposa une vive résistance jusqu'au moment où les portes furent enfoncées à coups de canon. Il avait trop tardé à se retirer; il ne put éviter le désordre, et il ne sauva que des débris de son corps : la plus grande partie tomba au pouvoir de l'ennemi.
Ce fut le seul trophée que l'archiduc retira de son mouvement , puisque Philisbourg était déjà débloqué. Il pouvait se dispenser de marcher luimême poui' obtenir un si minime résultat, et il ce manquait pas de lieutenants (|u il put en charger. Nous verrons bientôt ^ en reprenant le récit de la campagne de Suisse, les conséquences qu'a eues ce faux mouvement de l'archiduc. H a été le fait capital de la campagne et la principale cause des succès (|ue nous avons eu le bonheur de remporter.
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On craignit (|iie rarcliidiic, après s être rendu maître de Mannlieini , ne fit passer le Rliin à son armée. Déjà, par ses ordres, la landsturm du baron d'Albini s'était approchée de Mayence ; on rassemblait des bateaux pour jeter des ponts ; les troupes autrichiennes, réunies au bord du fleuve, semblaient, par leurs démonstrations, être prêtes à le franchir; et, de leur c(')té, les Français n'étaient pas en état de les en empêcher. Le général Muller, affaibli par la perte d'une partie de la division Laroche, et obligé, pour la sûreté des places, d'y renvoyer les détachements qu'il en avait tirés pour faire son expédition, ne conservait près de lui, à Lrckheim, qu un faible corps d'observation. Mais tout se passa beaucoup mieux (ju'on ne l'avait cru. Le prince renonça de lui-même h ses projets, lorsque les événements qui survinrent en Suisse l'obligèrent à se porter de nouveau de ce côté, et il ne fut phis question du passage du Rhin , dont le cabinet de Vienne avait conçu le projet. L'armée autrichienne revint sur ses pas, et elle laissa au général Muller la liberté de recommencer ses promenades sur la rive droite du Rliin.
Je terminerai ce chapitre par le récit succinct de Exi)rdition
, 1 . / iT 11 1 anglo russe
ce qui se passa, a la même époque , en HoJJande , contre
/ 1 • n • 1 1 I I • ' la Hollande.
OU une expédition formidable, combmee entre l'Angleterre et la Russie, et qui nous avait inspiré de vives inquiétudes, échoua cependant par les
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excellentes dispositions du général qui y commandait. Nous y étions faibles, comme sur tous les autres points. D'après les traités a\ec la république batave, nous devions y tenir une armée de vingtquatre mille hommes de troupes françaises, mais soldées et entretenues par ce gouvernement. Cependant , on en avait retiré la plus grande partie, pour envover des renforts aux autres armées, tout en continuant à exiger leur solde , et on n'avait laissé qu'environ dix mille hommes en Hollande. Après s'être plaint inutilement, le gouvernement batave vit rpi'il devait prendre lui-même les mesures nécessaires pour se garantir de l'invasion, dont les préparatifs se faisaient avec grande ostentation dans les ports d'Anglelerre. Il compléta son armée, qui fut mise sous les ordres du général Brune, commandant en chef des troupes françaises, et il fit, sur terre et sur mer, tout ce qu'il fallait pour la défense.
Cependant les alliés disposaient de tant de forces, qui devaient être aidées par la défection déjà préparée de la flotte hollandaise, cju'ils ne doutaient pas du succès. Vingt-sept mille Anglais , commandés par le général Abercrombie , officier de mérite, se tenaient prêts à être embarqués, et ils devaient être rejoints par vingt mille Russes , aux ordres des généraux Hermann et Essen , que des bâtiments anglais allaient chercher dans la
Baltique. Le duc d'York eut, comme généralissime , le commandement de toutes ces troupes.
Il est probable qu'mie pareille armée, composée de corps cboisis, et pourvue avec profusion de tout ce dont elle pouvait avoir besoin , aurait fait la conquête de la Hollande , si les divers cor[)s de l'expédition avaient été plus prompts à se réunir, et surtout si l'on s'était gardé d'indiquer le point menacé, jusqu'au moment où toutes les troupes, rendues à la fois au lieu de débarquement, auraient pu commencer ensemble les opérations. Le général Brune, incertain sur le point d'attaque , eût tenu ses troupes dispersées, et n'eût pas pu les réunir à temps, pour s'opposer aux premiers progrès des ennemis. Mais on doutait à Londres si peu du succès, qu'on ne prit pas les plus simples précautions.
Les troupes anglaises furent envoyées les premières, et en deux convois. Le premier, composé de treize à quatorze mille bommes, débarqua au Helder, le 27 août ; le général Abercrombie marcba aussitôt sur les Dunes, où il rencontra la division hollandaise du général Daendels. Après une affaire très-vive , et une belle résistance , celle-ci , obligée de céder à la supériorité du iwmbre, dut évacuer la presqu'île du Helder, pour prendre une ])Ositinn j>lus resserrée. La passe du lexel se
trouva ouverte, et Tescadie de raniiral Duucan y pénétra.
L'escadre des Hollandais, consistant en neuf vaisseaux de ligne et plusieurs frégates, était mouillée dans le chenal intérieur du Texel. L'ami-, rai Story, qui la commandait, voulut la rapprocher de l'entrée du INord, pour aller chasser les transports ennemis qui étaient à l'ancre dans la rade; il avait déjà rejeté la sommation de l'amiral Duncan , et, comptant sur la fidélité de ses équipages, il se préparait au combat. Mais au signal d'appareiller, la révolte éclata, les matelots menacèrent leurs officiers, jetèrent à la mer les munitions, et refusèrent d'obéir. Il ne restait à l'amiral Storv qu'à se rendre j)risonnier avec tous ses olTiciers; et les Anglais emmenèrent dans leurs ports les derniers restes de la marine hollandaise, sans donner même au stalhouder, pour qui ils disaient avoir fait cet armement, la satisfaction de voir flotter ses couleurs.
Désormais fixé sur le point d'attaque, le général Brune y dirigea, de tous côtés, les troupes qui étaient à sa disposition ; en même temps il pourvut à la défense d'Amsterdam, fit prendre les armes dans toutes les villes aux compagnies bourgeoises, et rassembler des secours en Belgique. Le 3 septembre, il établit son quartier général à Âlkmaer; il avait en ligne vingt-cinq mille
hommes français ou liollandais ; sa gauche , placée en avant de Bergen, s'appuyait à la mer. Le général Abercrombie s'était retranché dans un terrain entrecoupé, appelé le Zip, où il attendait le lestant de l'expédition ; cinq mille liomines de la seconde division anglaise venaient de le joindre, et ils élevaient ses forces à dix-sept mille hommes. Le général Brune jugea qu'il convenait de les attaquer, avant qu'ils se fussent plus solidement établis et qu'ils eussent reçu de nouveaux renforts. Le 9, il les attaqua sur trois colonnes; mais il ne fut pas possible de les déloger des redoutes qu'ils avaient construites sur la digue du Zip, et où ils étaient protégés par le feu des frégates embossées près du rivage. La division hollandaise, celle qui venait de se distiniiuer à la défense du Helder, se mit même dans une déroute complète, et se sauva. Le général Brune dut faire des exemples, qui produisirent un excellent effet; la discipline fut raffermie, et pendant le reste de la campagne, les troupes hollandaises se conduisirent parfaitement; la défection des marins hollandais ne trouva point d'imitateurs dans Taruiée de terre.
Les Anglais ne profitèrent pourtant point de l'avantage qu'ils avaient remporté le 9. Seulement une de leurs flottilles entra dans le Zuyderzée, s'empara de ÎMedenblick et menaça Amsterdam , où, nuit et jour, on augmentait les moyens de dé-
Fense. Le général Abercrombie, renfermé dans ses lignes du Zip, n'était pas en état de se livrer à d'autres entreprises, avant que le duc d'York l'eût rejoint avec le restant des Anglais et avec les Russes Ils arrivèrent successivement, dans le courant de septembre; alors les alliés se trouvèrent avoir trente-cinq mille bommes réunis. Mais, pendant ce temps, le général Brune s'était affermi dans sa position par de bons retrancbements ; il avait aussi reçu des renforts, et il en attendait encore d'autres de la Belgi(iue. Le duc d'York, voulant |)révenir leur arrivée , se décida à une attaque générale, pour le 1 9. 11 disposa son armée sur trois ( olonnes : celle de droite était destinée à enlever les positions des Français, en avant de Bergen, et à couper ensuite leur retraite, par la roule qui longe les bords de la mer.
Bataille La gauclic des Français fut, en effet, forcée dans
^°^"' le village de Bergen, et elle dut se concentrer dans un bois en arrière , pour y attendre des secours; mais elle découvrait la gaiicbe du centre, qui était déjà pressé par le duc d'York. Cependant le général Brune fit soutenir le général Vandamme par ses réserves , et rappela , en même temps de sa (iroite le général Daendels, pour soutenir le centre. Cette belle manœuvre, faite au milieu du combat au moment où les ennemis paraissaient assurés de la vidoire. eut un succès
(oiïiplet. Le géiiv'ral Vandamme, ayant reçu des renfoiMs , reprit vivement l'ofTcnsive ; il passa au travers de la colonne du général Hermann, la sépara des Anglais et l'enferma dans Bergen. Les Russes se défendirent dans les maisons et dans l'église, en désespérés; mais tout fut emporté à la baïomiette , tué ou pris; de neuf mille hommes et d'une artillerie considérable, il n'échappa presque rien. Le général Hermann se trouva parmi les prisonniers, el le général Essen , qui commandait sous lui, fut grièvement blessé. Cette action vigoureuse fit un grand hoimeur aux généraux Vandamme et Gouvion.
Le centre, composé des troupes hollandaises, se maintint bien , malgré de vives attaques dirigées par le duc d'York. La droite perdit un peu de terrain ; mais le général Abercrombie, qui espérait pouvoir s'avanrer dans la direction d'Amsteidam , fut arrêté par l'échec que la droite des alliés avait éprouvé. Pendant la nuit, l'armée alliée rentra dans ses lignes du Zip , et le général Brune reprit aussi ses positions.
Douze jours s'écoulèrent sans aucune opération de pari ni d'autre, chaque armée s'occupant à s'affermir dans ses positions. Les alliés lecurent la division russe qui était restée en arrière. Le général Brune reçut aussi quelques renforts , qui cependant le laissaient toujours fort inférieur en
force aux ennemis ; il y suppléa par des ouvrages de toute nature et des inondations. Mais le duc d'York ne pouvait plus différer de prendre un parti; il n'avait fait encore aucun progrès, ses troupes commençaient à souffrir, le temps allait devenir mauvais, et les communications étaient déjà fort difficiles. Il avait aussi à cœur de venger l'affront reçu à Bergen , affront qui avait à la fois renversé les espérances du statbouder, et augmenté l'énergie de la résistance que les Hollandais opposaient. Il voulait enfin prévenir l'arrivée d'une nouvelle division française, que le général Kellermann amenait de la Belgique.
Il se décida ainsi à une seconde attaque générale, pour le 2 octobre, en portant, cette fois, son principal effort sur la gauche des Français , et en inquiétant seulement leur droite et leur centre. Celle disposition était bien entendue ; aussi le général ^'andaamle , accablé par le nombre et pris en flanc par le feu de chaloupes canonnières qui longeaient la côte, fut-il, après une résistance héroï(|ue qu'il prolongea toute la journée , contraint à se retirer, et le restant de l'armée dut suivre ce mouvement. La retraite se fit dans le meilleur ordre, sans que l'ennemi pût parvenir à l'entamei*, et l'armée put prendre , en arrière, au Beverwick , une position plus forte et plus concentrée que la première. Les ennemis ne retirèrent
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d'autre avantage de cette affaire sanglante , que d'occuper quelques lieues de pays inondé.
C'était pourtant un succès, qui relevait les espérances des alliés. Le duc d'York voulut le poursuivre, et le 6 au matin, il fit attaquer la position de Bevervvick ; au début de l'affaire, il eut un léger avantage. Mais le général Brune, qui avait reçu , la veille , un renfort de troujies françaises , prit à son tovu" l'offensive ; puis, saisissant avec hal)i!elé un moment d'hésitation qu'il remarqua dans les colonnes ennemies, il se mit à la lête d'une charge générale qui rompit la ligne des alliés, et il les repoussa jusque près d'Âlkmaer, en leur faisant épiouver des pertes très-considérables. Assuré de la victoire , à la nuit , il fit rentrer l'aimée dans la position de Bevervvick.
Dans l'état où se trouvaient les ennemis , celte défaite devenait décisive ; vaincus à Beverwick , comme ils l'avaient été à Bergen, ils étaient déçus de l'espoir d'être plus heureux dans de nouvelles attaques. Ils étaient enfermés dans un pays presque couvert d'eau , où ils ne trouvaient aucune ressource , et où ils ne pouvaient même pas s'étendre ; les chemins étaient devenus impralicables par les pluies et les inondations ; l'arrivage des subsistances était soumis aux contrariétés de la mer ; il n'v avait aucun établissement pour les blessés et les malades , dont l'armée était encom-
Biitiiillc de Beveiwick.
brée ; le plan d'opération ne pouvait plus être changé , dans cette saison déjà trop avancée ; la navigation allait aussi devenir de plus en plus difficile; il s'agissait enfin, non pas seulement de renoncer à une entreprise dont l'impossibilité était désormais démontrée , mais de sauver les restes d'une armée naguère si florissante. Sous l'empire de ces réflexions , un conseil de guerre , convoqué par le duc d'York, décida àl'unanimité qu'on devait se retirer, et reprendre les lignes du Zip , pour se rapprocher des vaisseaux et y attendre de nouveaux ordres du gouvernement.
Autorisé par cette décision, le duc d'York mit son armée en mouvement, et la fit rentrer dans le Zip. Ses troupes marchèrent en bon ordre, malgré les difficultés qu'elles rencontraient à tout instant; mais ce ne fut pas sans laisser d'horribles traces de leiu" passage. Les chantiers, les établissements de marine , les propriétés publiques , les digues , les écluses, les vaisseaux et les bâtiments qu'on ne pouvait emmener , tout fut détruit et dévasté par les Anglais ; et cej)endant ils aliandonnaient , sur les routes , leurs blessés , en les confiant à la générosité française !
Ce mouvement de retraite fut suivi par l'armée française, et, bientôt a[)rès, le général Brune reçut un parlementaire qui apportait , au nom du duc d'York , la proposition d'un armistice , suivi de
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l'entière retraite et du rembarquement de l'armée anglo-russe. Ces bases furent acceptées , et le 18 octobre , une convention , signée à x\lkmaer , stipula que les hostilités seraient suspendues, et que, de part et d'autre, tous les tra^aux d'attaque ou de défense cesseraient; que le rembarquement successif des Russes et des Anglais serait terminé le 1" décem))re; qu'ils laisseraient en bon état les ouvrages de fortification, ainsi que les batteries de côte ; ([ue huit mille Français et Hollandais , faits pi'isonniers de guerre dans la campapagne , ainsi que l'amiral Dewinter, seraient immédiatement rendus; que l'escadre anglaise évacuerait, en même temps, leZuyder/.ée, leTexel,
les îles, ports et bavres qui en dépendent, etc
On parla de la flotte hollandaise, dont les Anglais s étaient emparés par trahison ; mais la convention ne contint rien à ce sujet. Peut-être si le général Brune avait insisté sur ce point, aurait-il obtenu la reslitution de cette flotte, car les ennemis étaient dans une position si fâcheuse, que, pour sauver leur armée, ils ne pouvaient éviter de se soumettre à cette condition de justice rigoureuse. Cependant, l'état de l'armée française, qui avait aussi beaucoup souffert, et la difficulté de lui faire tenir la campagne plus longtemps, peuvent n'avoir pas permis au général Brune de se montrer aussi exigeant. Il était encore possible que les ennemis
parvinssent à lui éclia]){)er, après avoir consommé la ruine, déjà commencée, des nombreux établissements de marine qui sont répandus dans la Nord-Hollande; tandis que la convention en assura, du moins en partie, la conservation, et cet objet avait une plus grande importance que la restitution de vaisseaux qui, à la rigueur, pouvaient se remplacer. A part cette légère observation , il n'y a que des éloges à donner à toutes les combinaisons du général Brune, combinaisons si bien prises, que, pendant toute la durée des opérations, il n'eut pas à y apporter le moindre cbangement, et c'est ce qui en preuve la perfection. Secondées par la valeur des troupes, elles devaient être couronnées de succès.
J'ai fait remarcpier deux belles actions du général Brune, son mouvement liabile et bardi à la bataille de Bergen , en manceuvrant de sa droite à sa gauche, à la tête de sa cavalerie, et la charge, qu'il dirigea en avant de Beverwick, pour rompre la ligne des Anglo-Russes. A ces traits, on reconnaît le clief digne de commander.
Du côté des alliés, deux fautes principales leur attirèrent riiumiliation d'être réduits à ca[»itulei', et de perdre ainsi les frais immenses d'un armement , qui avait non-seulement menacé d'envahir la Hollande , mais de changer le sort des pas s voisins. J'ai déjà signalé la plus grave de ces fautes,
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l'envoi prématuré du général Abercrombie avec treize à quatorze mille hommes, avant que le restant de l'armée fût réuni et en élat de suivre; la seconde division russe n'aniva (ju'un mois après. Il était évident que cette avant-garde était insuflisante pour avancer dans l'intérieur du pays, qu'elle devait être arrêtée par la moindre résistance, et qu'en fixant l'attention sur le point d'attaque , bien avant qu on fut à même de frapper un coup décisif, elle donnait le tenq>s aux Français et aux Hollandais de rassembler leuis moyens, de multiplier les obstacles, de disputer le terrain pied à pied, d'attendre des secours et de rendre le succès incertain. Il y avait, en outre, les chances de la mer à craindre , moins encore pour le débarquement des troupes, que pour le service des subsistances pendant toute la durée des opérations, puisque les conmiunications de l'armée n'avaient lieu que par mer. Enfin on devait s'attendre à ce que, pour s'établii" et pour faire une conquête, il faudrait, tôt ou taril, livrer une grande bataille. On devait pré\()ir qu'on s'exposait à la perdre en l'engageant partiellement, et qu'il suffisait même d'une affaire indécise, d'une simple appréhension sur le résultat définitif, pour ruiner l'entreprise dans de pareilles conditions. Un tel projet exigeait aussi, pour réussir, un secret absolu jusqu'au moment de l'exécution. Le mi- XI. 1 -2