Lorsque Tarmée prussienne repassa le Rhin, ù la (in I
aie MÉMOIRES
détaché de Tarmée de la Moselle pour marcher sur Coblentz; il y arriva presque en même temps que le général Marceau , détacl^é de Tarmée de Sambre-et-Meuse. Le général Ambert, avec trois divisions de cette dernière armée, fut alors envoyé pour faire le blocus de Luxembourg; peu de temps après, il fut rejoint par la division Taponier, qui porta le corps de blocus à vingt-cinq mille hommes. 11 ne s'y passa rien de remarquable ; la garnison ne fit qu'une sortie dans le courant de Thiver, mais le corps de blocus sôufïVit beaucoup à cause de la rigueur du froid et de la rareté des subsistances. Nous vînmes de Tarmée de Sambreet-Meuse , comme je Tai dit plus haut , ie relever dans le courant d'avril (795.
Lignes Cependant dès leur arrivée devant Mavence à la
levant Maycoce. . * , .
fin d'octobre, les deux armées en avaient fait Tinvestissement sur la rive gauche, et des lignes de contrevallation avaient été élevées. Trop rapprochées de la place , ce qui ne permettait pas de voir l'en-
d'oçtobre, l« cubioet d^ Berlin notifia h o«lui dtê Londres qu'il considérait h convention de La Haye comrpe ayant pris fin. Il parait, cependant , que quelques semaines auparavant, les agents prussiens avaient fait quelques ouvertures pour le renouvellement de cette convention; mais elles avaient été repousiéef- La gouvernement anglais n'oubliait pas qu'il venait, tout récemment, d'avoir 4 se plaindre de la Prusse pour Tinexécution de la convention existante. (Note ajoutée par le duc de Dalmaiie» }
nemi et ne laissait pas de terrain pour manœuvrer, et n'ayant pas d'ouvrages fermes, elles avaient le défaut de toutes ces lignes continues qui sont toujours tombées devant une attaque vigoureusement faite sur un point faible ; la suite des événements ne Fa que trop prouvé. Le général Kléher fut appelé ensuite pour commander le corps de blocus; mais ce commandement , qui lui donnait une position désagréable vis-à-vis des généraux en chef des armées, lui déplaisait; au bout de quelque temps il obtint d'en être déchargé , pour rejoindre l'armée de Sambre-et-Meuse. D'ailleurs les opérations ne présentèrent rien de remarquable ; on s'observait des deux côtés avec une égale vigilance , et de temps à autre il se faisait quelques sorties pour contrarier les travaux. Le plus redoutable ennemi que nos troupes eurent à combattre fut l'hiver, pendant lequel elles souffrirent beaucoup et peut-être plus que partout ailleurs : la difficulté de se procurer des subsistances augmenta encore leurs souffrances. Les environs étaient complètement épuisés ; les approvisionnements ne pouvaient venir que de fort loin; les chevaux avaient péri pour la plupart, et l'armée fut en proie à la famine en même temps qu'à l'inclémence de la saison. Les maladies vinrent ensuite , et toutes ces causes , jointes à la désertion à l'intérieur, qui avait commencé lorsqu'on avait cessé
de se battre , ëclaircirent beaucoup les rangs. II en fut à peu près de même dans toutes les armées, et si Fennemi eût su ou voulu profiter de ce moment favorable y il eut obtenu de grands avantages. II laissa au contraire prendre la tête de pont de Mannheim , que sa garnison évacua le 27 dé- Traiié de BAie. cembre. Sur ces entrefaites , la Prusse se retirait de la coalition et signait , le 5 avril 1795, le traité de Bâle, suivi, le 27 mai, d'une convention pour la neutralité de l'Allemagne. L'Autriche, restée seule, était alors plus occupée de négociations que d'opérations offensives , et les armées républicaines en profitaient pour se remettre de leurs fatigues ainsi que pour compléter leur organisation. D'ailleurs le terrible comité de salut public et ses représentants, qui sans cesse poussaient les armées en avant, avaient fait place à un gouvernement plus modéré. C'est ainsi que se passa la plus grande partie de Tannée 1795.
NOTES ET PIECES