X AVANT -PROPOS
volontaires à relever, des faits à rétablir, des vérités enfin à faire connaître. Elle accomplira cette tâche.
Je n'ai plus que quelques mots à ajouter, sur la partie des mémoires de mon père, que je publie maintenant. Elle commence, avec son entrée au service , sept ans avant le commencement de la guerre de la révolution. Pendant les premières campagnes , mon père était encore dans les grades inférieurs. Ses mémoires sont alors assez brefs; il raconte succinctement ce qui se passait à Tarmée, dans laquelle il servait ; cependant il ne perd pas de vue les armées voisines , dont les opérations se liaient à celles de la première , ou exerçaient de Tinfluence sur elles , et il en suit les principaux mouvements. A mesure qu'il s'élève en grade, son horizon s'élargit, et il entre dans des développements de plus en plus étendus. Cependant, comme il n'avait pas entrepris d'écrire l'histoire complète de la guerre , les opérations des années qui n'étaient pas sous ses yeux, ou n'étaient pas voi-
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sînes , restaient en dehors de son cadre : telles sont les premières campagnes sur les Alpes , celles sur les Pyrénées , la guerre de Vendée, 'a première campagne d'Italie, l'expédition d'Egypte. La première campagne d'Italie a exercé , il est vrai , la principale influence sur l'ensemble des événements , et c'est elle qui a dicté à l'Autriche la première paix ; mais dans Thistoire militaire, elle est un magnifique épisode, qui a sa place à part. Quant à la campagne de Marengo j et à celle de l'armée du Rhin, en 1800, la première se passait sous les yeux de mon père ; la seconde était voisine, sur un théâtre qu'il connaissait déjà, et il la suivait attentivement. Aussi est-il entré dans de plus grands développements sur ces deux campagnes, que sur toutes les autres. On regrettera , sans doute , qu'il n'ait pas terminé la dernière, comme il l'avait commencée, et qu'il ait laissé cette lacune, dans laquelle se trouve comprise une des plus belles pages de notre histoire militaire.
Mon père a commencé ses mémoires f
les leçons que j'avais reçues, el confiant dans mes forces.
Je ne parlerai point ici de la révolution , il appartient à d'aulres d'en écrire Thistoire. Toujours étranger aux factions et aux intrigues des partis, je n'ai jamais su qu'obéir, remplir mes devoirs envers ma patrie, la servir de tous mes moyens et la défendre contre ses ennemis. Je ne toucherai par consé(|uent , dans le cours de ces mémoires , aux questions politiques, qu'autant qu'elles se lieront aux opérations de la guerre et qu'elles seront nécessaires pour leur intelligence.
Le régiment où je servais était en garnison à Schelestad, en Alsace, lorsqu'en 1791, les batail- 9 Ions de garde nationale, destinés à entrer dans les cadres de Tarmée, furent formés. Le premier du Haut-Rhin vint dans cette place. Ce corps était nombreux, animé d'un bon esprit, mais composé d'ofTiciers dont fort peu étaient capables d'être employés; la plupart, ainsi que tous les soldats, n'avaient jamais servi et ne connaissaient rien à l'état militaire. Ln ancien capitaine du régiment de Diesbach-Suisse, M. Salomon,en était colonel; il désirait que sa troupe put bientôt paraître à coté des troupes de ligne, mais il n'était pas secondé. On lui parla de moi ; il me fit proposer d'entrer dans son bataillon , et il me demanda au maréchal Li'ickner. Je fus envoyé dans ce nouveau corps,
avec le grade de sous-lieutenant. C'était une irrégularité, car, d*après la loi sur la formation de ces bataillons , les volontaires avaient le droit de nommer leurs officiers. Les grenadiers y pourvurent, en me désignant pour leur compagnie; quelques mois après , le bataillon me nomma, par acclamation, à Temploi vacant d'adjudant-major. Ensuite, je fus promu capitaine et je pris le commandement d'une compagnie.
Le 20 avril 1792, la guerre fut déclarée à rem* c>>mmeiiceiii.
' *^ de la gntm
pereur François 11, comme roi de Hongrie et de Bohême, l-a Prusse et tous les États de l'empire germanique étaient ses alliés , et la déclaration de Pilnitz venait de consacrer cette alliance; la guerre fut donc étendue à la Prusse et à l'Empire. Au même moment, la Sardaigne et l'Espagne faisaient aussi leurs armements. Ainsi, de tous cotés, sur les Pyrénées, sur les Alj)es, sur le Rhin et sur la frontière de Belgique, la France dut rassembler des armées.
I-.e général Montesquiou eut le commandement de l'armée, dite des Alpes et des Pyrénées; il devait observer les armements de l'Espagne et de la Sardaigne. Le maréchal Lùckner fut desliné à commander, en Alsace, l'armée du Rhin. Le général Lafavette eut l'armée des Ardennes et le maréchal Rochanibeau Tarmée du Nord. Les troupes ennemies, les plus rapprochées de nos
frontières , étaient en Belgique j dont le duc Albert de Saxe-Teschen était gouverneur. On forma le projet de prévenir leur rassemblement, et de marcher sur Bruxelles.
Les premières hostilités eurent lieU| en avant de Lille, sur la fin d'avril; elles furent suivies de la déroute des colonnes des généraux Dillon et Biron. Le général Lafayette fit aussi des démon* strations vers Namur; mais, de ce côté, il n'y eut point encore d'engagement. Le maréchal Rochambeaufut, immédiatement après, remplacé, dans le commandement de Farmée du Nord , par le maréchal Lûckner. Celui*ci fit aussi des démonstrations , pour entrer en Belgique , mais elles n'eurent d'autre résultat que de ramener ses troupes sur Lille; le général Lafayette éprouva, en même temps , la perte d'un détachement , à (jliswille, près de Maubeuge.
Ce début de campagne n'était point favorable à la France; on Ht une nouvelle répartition des armées , et les commandements furent encore changés. Le commandement du général Lafayette s'.élendil , depuis la mer du Nord jusqu'à la Meuse; il sa droite, celui du maréchal Lûckner comprit les frontières des Vosges et du Rhin, depuis Longwy jusqu'au Jura; mais ce dernier commandement dura peu , et ne fut guère que nominal. Le maiv« chai parut un instant sur le Rhin , mais n'y fit
DU MARÉCHAL- GÉIfÉRAL SOULT. 7
rieu , et les gënérauiL qui étaieot sous ses ordres se rendirent bientôt indépendants de sa direction. Ces généraux étaient le général Custine qui , avec une division , devait prendre possession de Tévéclié de Bile » le général Biron , qui avait la ligne du Rhin, jusqu'à Landau, et le général Keller<mann y qui avait le commandement du camp de Sarreguemines.
Dès le mois de mai , le bataillon , dans lequel je servais, fut envoyé au corps d'armée du général Kellermann, et (it partie de la brigade de Bourbonnais. Tous les matins, des corps entiers devaient aller à la découverte, ou occuper, avant le jour, des positions sur la frontière. C'était une fort bonne pratique, qui avait pour but d'entrete* nir la vigilance, et d'instruire les troupes des détails du service. Lorsque c'était le tour de mon bataillon de marcher, le nouveau chef, qui avait été nommé en remplacement de M. Salomon, passé à une autre destination , me chargeait ordi» nairement de le suppléer dans le commaudement, et les oiïiciers obéissaient, sans difficulté, à mes ordres, quoique je ne fusse qu'adjudant*<mnjor, ou le dernier capitaine. Le chef avait cependant du mérite, mais il manquait encore d'habitude poiu' conduire des troupes , el il craignoit de se compromettre. Je n'étais pas plus expérimenté que lui, qo^is j'avais plus de confiance, de sorte
que le service ne souffrait en rien. Les ennemis venaient à nous. Le général Kellermann se rapprocha de Sarrelouisy pour être plus à portée de couvrir le débouché de Trêves, et peu après il alla garder les lignes de la Queich , entre Landau et le Rhin; le général Biron se plaça à Wissembourg pour le soutenir. En partant de Sarreguemines , le général Kellermann détacha la brigade de Bourbonnais pour garder le débouché de Lembachy entre Bitclie et Wissembourg; elle y établit son camp et y resta quelques mois. Diverses aflaires de postes eurent lieu ; mon bataillon s'y distingua. Un jour, il fut détaché avec un autre bataillon de volontaires, qui avait pour colonel un ancien olïîcier fort âgé , peu propre à le diriger. Les ennemis étaient devant nous, il fallait faire des dispositions; les deux chefs également embarrassés me proposèrent de m'en charger. J'eus confiance, j'acceptai et je réussis; les ennemis furent repoussés. Notre mission remplie, nous rentrâmes dans le camp, où ce petit succès me fit honneur.
A Paris, les événements marchaient avec une effrayante rapidité; le 10 août avait eu lieu. Cet attentat avait renversé le tr6ne et fait passer le pouvoir aux mains des factions qui divisaient l'Assemblée nationale. Les armées se ressentirent de la commotion ; le général Lafayette se compromit par une tentative qui échoua, et il dut pourvoira
sa sûreté. Arrêté aiix avant- postes autrichiens, il fut traité avec rigueur et conduit cooiine prisonnier à Olmùtz. Le commandement fut retiré au maréchal Lùckner, et Dumouriez vint les remplacer Tuu et l'autre.
Dans la seconde quinzaine du mois d'août, campagM
des rriiiiifni
l'armée prussienne, commandée par le duc de cbampagM Brunswick , entra en Champagne. Elle avait commencé cette entreprise avec ardeur; ses chefs la firent manquer par leur légèreté. On leur avait persuadé qu'à leur approche la France entière se soumettrait , et la France , irritée du langage qui lui était adressé, se leva, au contraire, avec enthousiasme pour repousser l'ennemi. Après avoir répandu beaucoup de proclamations menaçantes, occupé un .instant quelques villes , repoussé nos troupes jusque près de (Hiâlons, les Prussiens se laissèrent intimider par les bonnes dispositions du général Dumouriez et par la contenance énergique du général Kellermann, a Valmy. Les pluies qui survinrent, et la dyssenterie qui gagna Tarmée prussienne, achevèrent de la démoraliser; bientôt, éprouvant des pertes considérables, elle ne songea plus qu'à s'éloigner. A la fin de septembre, elle était en pleine retraite et nos généraux à sa poursuite; ils pouvaient lui faire un très-grand mal, peut-être même Tanéautir. Ils se contentèrent de reprendre les places de Verdmi et de Longwy,
laissant les PrussieDs, dont la plupart tombaient de misère sur les routes y continuer leur mouvement au delà de la Meuse. Sur la fln d'octobre , chacun des généraux , qui avaient participé à cette campagne j reçut une autre destination ; Dumou* riez retourna à Paris, et Kellermann mit ses troupes en cantonnement y entre la Sarre et la Moselle. Le général Pendant ces opérations en Champagne , le gé-
de Spire néral Cusline avait rassemblé, 80us landau, dix-
el de Mayeiire.
huit mille hommes, et le général Biron, qui commandait en Alsace, en avait vingt^sept mille, répandus dans cette province jusque devant liadon. En réunissant ces deux corps , on aurait pu entrer dans le Palatinat et se porter sur les derrières de Parmée prussienne , pour Pempécher de repasser le Rhin; mais il n'y avait pas d'accord entre les généraux français, ou peut-être manquaient-jls de direction. Quoi qu'il en soit, Custine s'empara de Spire, le 30 septembre, et y fit deux mille cinq cents prisonniers. Ce premier succès devait le porter sur les traces des Prussiens ; il préféra se rendre maître du Palatinat , et il eut Pespoir d'en* trer dans Mayence par négociation. En effet, cette place lui fut remise le 21 octobre, et aussit(»t il fit occuper Francfort-sur-le-Mein.
iiBepounoitim Ou a rcproché au général Cusline <le s'être
détourné du but qu'il devait poursuivre, d'avoir inutilement occupé Francfort et d'avoir réjuindu
•et siM'ce».
DU MARÉCHAL** GI^NÉRAL SOULT. il
ses troupes sur la rive droite du Rhin. Ce reprodie est d*autant plus fondé, que les enhemis étaient encore aux environs de tiOugwy, au moment où le général Custine entrait dans Mayence, et que, de cette forteresse , il pouvait se porter sur Coblentz, par le Hundsruck, pour forcer les Prussiens à rentrer dans leur pays par Wesel. Dès lorsj la première coalition eût été infailliblement dissoute en peu de temps , car il est indubitable que la Prusse , ayant perdu la plus grande partie de son armée dans une retraite désastreuse, se serait immédiatement retirée de la lutte, tandis que l'armée autrichienne, qui était en Belgique, eût été gravement compromise avant de pouvoir repasser le Rhin. C'eût été au moins une heureuse diversion en faveur de l'armée du Nord. En l'ai)sence de Dumouriez , cette armée avait passé , en peu de jours, sous divers commandements, et elle se trouvait rejetée sur les places de Lille , de Condé et de Valenciennes , après avoir perdu le camp de Maulde et avoir eu divers engagements malheureux. Le bombardement de Lille eut lieu à la suite de ces revers ; les habitants déployèrent dans leur défense une vigueur et un courage qui produisirent le meilleur effet sur le moral de l'armée. Cependant, le général Custine avait demandé des renforts , et il avait proposé d'envahir l'électorat de Trêves. L'armée dite du centre , que le
i± MÉMOIRES
général Kellermaun retenait cantonnée , entre la Sarre et la Moselle, devait prendre part à cette opération; dans le courant de novembre, douze mille hommes furent, en efTet , détachés du Haut- Rhin , pour joindre le général Custine. C'était beaucoup trop tard pour agir selon le plan que ce général avait proposé , et lui-même aussi s'en écartait, en continuant à s'étendre sur la rive droite du Rhin, et en poussant inconsidérément ses troupes jusqu'à Limhourg, sur la Lahn.
Les Prussiens s'étaient remis de leurs pertes , et les contingents de quelques princes de l'Allemagne les avaient rejoints. Une partie de leur armée avait passé le Rhin, à Cohlentz. Vers la tin de novembre, ils rentrèrent en campagne, et poussèrent facilement , devant eux , les détache*» nients que Custine avait à la droite du Rhin; celui qui occupait Francfort fut en partie détruit, et celui que , quelques semaines après , le général Custine reporta sur Hocheim , y perdit son canon et la moitié de son monde. De ce côté, la ri* gueurde la saison fit sus|>endre, pendant quelque temps, les opérations. Custine en profita pour faire fortifier Cassel, vis-à-vis Mayence; mais il négligea de nettoyer d'ennemis la rive gauche du Rhin , jusqu'à (]ohlentz. 11 le pouvait , d'autant mieux qu'il avait reçu le renfort de douze mille hommes, venu du Haut-Rhin, et que le général
BeurDODville, qui avait remplacé le général Kellermann dans le commandement de Tarmée de la Moselle, marchait sur Trêves. Mais Custine ne fit rien , et l'opération de Tarmée de la Moselle Tut si mal conduite qu'elle échoua.
Dumouriez avait rejoint l'armée du nord vers Bataille la mi-octobre, et aussitôt, il la fit entrer en ««■■v Belgique. I^ bataille de Jemmapes fut livrée le 6 novembre; elle nous ouvrit les portes de Bruxelles, de Namur, d'Anvei*s, de Liège et d'Âix-la- Chapelle; tout le pays, jus(]u'à la Roer, fut occupé. Dumouriez devait pousser juscju'au Rhin, et il en avait l'ordre formel; l'armée autrichienne ne lui eût probablement opposé qu'une résistance insuffisante, et fieuruon ville, qui devait pénétrer par l'électorat de Trêves , aurait pu communiquer avec lui, en même temps qu'il aurait facilité les opérations du général Custine. Dès lors les Prussiens et les Autrichiens étaient rejetés sur la droite du Rhin, et, à la fin de la campagne, les Français restaient maîtres de la rive gauche. Mais, cédant à des vues ambitieuses, Dumouriez s'engagea dans des débats politiques et administratifs , soit avec le gouvernement , soit avec les autorités des pays conquis. Tout à coup il interrompt ses opérations, met ses troupes en cantonnement, et va à Paris pour justifier son inconcevable inaction.
ii MÉMOIRES
général Kellermann retenait cantonnée, entre la Sarre et la Moselle, devait prendre part à celte opération; dans le courant de novembre, douze mille hommes furent, en effet , détachés du Haut- Rhin , pour joindre le général Custine. C'était beaucoup trop tard pour agir selon le plan que ce général avait proposé , et lui-même aussi s'en écartait , en continuant à s'étendre sur la rive droite du Rhin , et en poussant inconsidérément ses troupes jusqu'à Limhourg, sur la Lahn.
Les Prussiens s'étaient remis de leurs pertes , et les contingents de quelques princes de l'Allemagne les avaient rejoints. Une partie de leur armée avait passé le Rhin, à Coblentx. Vers la fin de novembre, ils rentrèrent en campagne, et poussèrent facilement , devant eux , les détachements que Custine avait à la droite du Rhin; celui qui occupait Francfort fut en partie détruit, et celui que , quelques semaines après , le général Custine reporta sur Hocheim , y perdit son canon et la moitié de son monde. De ce côté, la rigueur de la saison fit suspendre, pendant quelque temps, les opérations. Custine en profita pour faire fortifier Cassel, vis-à-vis Mayence ; mais il négligea de nettoyer d'ennemis la rive gauche du Rhin , jusqu'à Coblentz. Il le pouvait , d'autant mieux qu'il avait reçu le renfort de douze mille hommes, venu du Haut-Rhin, et que le général
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i 4 MÉMOIRES DU MARÉCHAL-GÉNÉRAL SOULT.
Conquête D'un aiilrc côté , le général Anselme s'était
comté de ?ii ce
de la Savoie, emparé du comté de Nice. Le général Montes* quiou avait fait son entrée à Chambéry, il occupait toute la Savoie et il tenait des postes sur les sommets des Alpes. 11 devait chercher à amener la réunion de Genève à la France par la voie des négociations; il fit quelques démarches , en conséquence , mais avec sagesse ; sa prudence fut blâmée : ou le destitua, et il fut obligé ^ pour sa sûreté y de se réfugier en Suisse. Vers la fin de Tannée 9 on prépara Tinutile expédition de Sar* daigne y qui eut lieu sous les ordres de Tamiral Truguet, en janvier suivant. Le résultat en fut malheureux.
Cette analyse donne une idée générale des opérations militaires des armées françaises ^ dans Tannée 1792. La campagne commença près de Lille , sous de funestes auspices ; elle se termina par des conquêtes. On pouvait la rendre pro^ fitable , peut-être même décisive , si , comme je Tai fait voir, Kellermann à la poursuite des Prussiens , Custine sur le Rhin , Beumonville dans sa marche sur Trêves , et Dumouriez , en poussant devant lui les Autrichiens , avaient , chacun dans sa direction , rempli les ordres du gouvernement , et justifié les espérances que leurs projets avaient fait concevoir.