‹ Mémoires du maréchal-général SoultChapitre 4 sur 32 · III · texte numérisé non relu

III

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ligne devant le port, et détacha deux divisions de bâtiments légers pour aller seconder les attaques , Tune au levant de Gênes, l'autre vers Savone. A ce signal , les Autrichiens commencèrent leurs mouvements; deux têtes de colonnes forcèrent, le jour même, les postes de Rua et de Borgo di Fornari ; mais elles furent repoussées et laissèrent en nos mains une centaine de prisonniers. La colonne qui marchait sur Savone nous attaqua aussi , par son avant-garde , sur les hauteurs de Cadibona ; mais la position fut conservée jusqu'au lendemain. Ce point était le plus faible de notre ligne ; la division qui le défendait se trouvait réduite , par les maladies, à trois mille combattants ; son chef, le général Marbot , atteint lui-même de l'épidémie *, ne pouvait plus commander, et la place de Savone n'avait pas pour un jour d'approvisionnements.

i . Le général Marbot possédait beaucoap d'instruction , une grande connaissance de l'état militaire , et toutes les . qualités jqui constituent un bon chef. Sans cesse occupé du bien-être de ses troupes , il ne prenait aucun repos , tant qu'il n'avait pu s^atisfaire à leurs besoins, et malheureusement cela arrivait souvent. C'était surtout envers les malades que le général Marbot était prodigue de soins ; je conserve de lui les lettres les plus affectueuses^ dans lesquelles, d'une âme déchirée de douleur , il me peignait l'état déplorable des hôpitaux de Savone, qn'il visitait tous les jours. Ces visites et le chagrin qu'il en rapportait lai firent contracter l'épidémie ; peu après, la mort nous l'enleva. L'armée fut très-sensible à sa perte , et , pour ma part , je le regrettai très- vivement.

Instruit, pendant la nuit , des dangers qui nous combat menaçaient de ce côté, je partis aussitôt de Cornigliano , pour m'y rendre; il était grand jour , quand j'y arrivai. L'attaque générale avait déjà commencé, et lorsque je joignis les troupes, leur salut paraissait désespéré. Pour les sauver et faire ensuite les dispositions nécessaires, je n'eus que le temps de saisir le drapeau d'un régiment, et de m'élancer sur le point où les ennemis faisaient le plus de progrès, en criant aux soldats de se rallier à moi. Mon exemple les encouragea; ils revinrent pour me dégager; nous arrêtâmes les Autrichiens en arrière de Cadiboua, et pendant un instant, le feu se ralentit; j'en profitai pour faire h la hâte mes dispositions. Cette opération et celles qui suivirent, jusqu'au jour où nous fumes obligés de nous renfermer dans Gênes , sont contenues dans le rapport général que j'adressai au général en chef, sur celte première partie de la campagne.

Rapport général des opérations de F aile droite de r armée d^ Italie , depuis le \h jusqu'au 30 germinal an VIII (du 5 au 20 «m/ 1 800).

« Au quartier général à Gênes, le i6 floréal an viii.

(( Avant d'entrer dans le détail des opérations qui ont eu lieu à l'aile droite , depuis le 1 5 germinal , il est nécessaire de faire connaître sa position et sa force , ainsi que les dispositions que fit l'en-

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