‹ Mémoires du maréchal-général SoultChapitre 7 sur 32 · Le général en chef m'annonça son mouvement par la · texte numérisé non relu

Le général en chef m'annonça son mouvement par la

lettre suivante :

« Yoltri , 23 germinal an vm.

M J'aî vu avec bien du plaisir, mon cher général , votre

aucun obstacle , poussa sa troupe jusqu'à la position qui est en arrière d'Albissola. llclierciia à introduire un bateau chargé de grains dans Savone ; mais la croisière anglaise le força à rétrograder sur le petit port de Celle , où était le quartier général. Les Autrichiens s'étaient rassemblés sur les hauteurs (le Montenotte, vers Savone, derrière le torrent de Stella , et dans leurs camps de la Moglia et de la Galera , comme je l'ai dit dans ncion rapport. Ils manœuvrèrent pour me reprendre Sassello, tandis que, le 25, je me préparais de mon c6té à les attaquer dans leurs positions , et que le

chef d'état-major. Dans une heure , je me mettrai en route pour m^ rendre j s*il est possible, à Cpgoje^tQ, Je n'enijagerai ce soir aucune affaire} (l'^illeufs, je ne suis gqère en force, n'ayant à peu près que dix-huit cents hommes. Demain matin , je seconderai votre attaque ; ayez soin de vous diriger sur l«s hauteurs, je marcherai droit sur celles d'Albissola. Le général Buget , qui est dans le fort de Savone , ne manquera pas de faire une sortie. J'ai cru apercevoir hier le feu de la colonne du général Suçb^t, sur les hauteurs de Noli.

H Je vous pvie , mon cher général , d^ faire toqt ce que vous pourrez , pour me donner fréquemment de vos nouvelles et pour faire notre jonction. Gènes est parfaitement tranquille, il y règne le meilleur esprit; on vous y attend avec bien de l'impatience. J'ai dit à tous ceux qui m'ont parlé de youg , qijç VP^i§ n'ayje? pas fijïçprp fini yo^ye tournéf . pien des choses à Gazan et à tous nos camarades, Jp ypu^ ^rpbras^^.

« Masséna. «

DU MARÉCHAL-GÉMÉRAL SOULT. Vi

général en chef se disposait à tenter un dernier elfort , pour dégager Savone.

Le coinbat allait s'engager, lorsqu'on aperçut une colonne ennemie , partie des hauteurs de Snvone et se dirigeant sur Stella , de manière à faire supposer qu'elle avait l'intention de tourner ma gauche ou de déborder la droite du général Masséna. Celui*ci envoya aussitôt des partis , pour reconnaître cette troupe et retarder sa marche, eu tiraillant avec elle. Il disposa ensuite son attaque , mit le général Oudinqt u la tète de la 73* demibrigade , et le dirigea sur un couvent situé entre Albissola et Savone , où les ennemis étaient en position. L'adjudant général Gauthier eut ordre de seconder ce mouvement avec le bataillon de grenadiers , en appuyant à gauche , pour gagner le haut de la montagne. Le général en chef garda en réserve, en avant d'Âlbissola, le bataillon de la 106^ de ilgn^* 1^ général Oudinot aborda les ennemis avec son intrépidité accoutumée ; il les trouva très-supérieurs à ses forces , formés en échelons, et bien préparés à le recevoir. Il eut d'abord quelques succès , ainsi que Tadjudant général Gauthier ; mais les grenadiers de ce dernier, s'ét^nt éps^rpillés en gravissant la montagne, furent ramepés vertement, et le généra) Oudinot dut aussi faire sa retraite. Le général en chef s'avança avec sa réserve, pour les soutenir et empé-

cher que les Autrichiens ne passassent le torrent. C'est tout ce qu'il fut possible d'obtenir après un combat de trois heures, qui finit avec le jour. A la nuit, le général Masséna, instruit que les ennemis filaient sur sa droite , ordonna à l'adjudant général Gauthier de ramener les troupes à Varag-

Cette attaque échouait, à l'heure même où celle que j'avais dirigée sur les camps de la Moglia, de la Galera , et des hauteurs de Ponte-Invrea était également repoussée. De part et d'autre , nous devions revenir sur nos pas. Dès lors , il fut bien démontré qu'il n'était pas en notre pouvoir de sauver Savone , ni de rétablir les communications avec le corps du centre, aux ordres du lieutenant général Suchet. Depuis plusieurs jours, le général en chef n*avait reçu aucune nouvelle de ce

i . A Pissue de ce combat^ le général en chef m'écrivit le billet suivant :

« Varaggio , 24 germinal , quatre heures du soir.

« Je suis extrêmement inquiet , mon cher général , sur votre compte. Je vous ai expédié plusieurs ordonnances, aucune ne me donne de vos nouvelles. Mes tirailleurs occupent Albissola , je ne puis rien entreprendre , je ne suis pas assez fort. De vos nouvelles , de vos nouvelles ! Je suis de mauvaise humeur.

« Masséna. >»

corps, auquel 11 avait prescrit de seconder nos attaques. De son côté, le général Suchet devait ignorer que nous fussions réduits à l'impérieuse nécessité de nous éloigner de lui y et de nous ap* puyer sur la place de Gènes , pour y trouver le moyen de nous défendre et pour conserver ce boulevard, jusqu'à la dernière extrémité. Ainsi, pour avoir des nouvelles du lieutenant général Suchet et lui communiquer de nouveaux ordres , ainsi que pour hâter l'arrivée des secours, et faire parvenir ses rapports au premier Consul , le général Mlasséna fit partir de Varaggio le général Oudinot, sous la conduite du capitaine de corsaire Bravastro, cjui, après quelques heures de navigation, le débarqua heureusement à Finale, où se trouvait le général Suchet. La colonne du général en chef se remit ensuite en marche. Ayant été prévenu de son mouvement pendant que j'étais en route', je le joignis entre Lerca et Aren-

1 . Au sujet de ce mouvement , le général Masséna m'écrivit la lettre suivante :

a Varaggio, le 26 germinal an viii-

n J'ai reçu , mon cher, vos deux lettres. Il est vraiment affligeant de voir que , malgré vos efforts et ceux de nos braves camarades , l'ennemi n'ait pu être forcé dans ses positions. Demain , dès la pointe du jour, le faible corps de troupes que j'ai sous mes ordres se retirera sur les hauteurs

zano ) de là y nous cdntinuàiiies à nous replier sur' Gènes.

de Cogoletto^ et peut-être sur celles deVoltri, si l'ennemi cherche à manœuvrer sur mes derrières , ou si le mouvement que vous êtes bbligé de faire m'y oblige ; dans tous les cas, là ligne dé Voltri est ifèâ-nécessaité pour ntfs cbmiAunicatioiis. Le ëhéf d'éUt-mâjor pan pour se rendre auprèé du générât Suchet; le but de son voyage e^t d'enjoindre à ce général d'attaquer Tennemi , pour faire diversion et nous donner le temps de respirer. Notre jonction, mon ctier général , est indispensable^ ndus devôtis la fai^e, le plus tôt possible. Edvojèss^ moi de vos nouvelles, au moins toutes les deux heures. Vous ne saunez trop multiplier vos ordonnances; celles que je vous envoie s'égarent, pour la plupart, ne sachant où vous prendre. Vous ûï'envérfez vos dépêches k Voltri; c'est de Voltri que tous lès cofivois de subsistances et de munitions partiront. De vos nouvelles » de vos .nouvelles ! Je vous embrasse.

« Mass2nà. »

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