‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 126 sur 139 · I.IVUK XV nis. - nOlllU;sr()M)A>'CI'. il · texte numérisé non relu

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moi, prolongeant sa droite et se liant à la montagne de Tejarès, qui paraissait toujours son point de retraite.

« Il y avait en avant du plateau occupé par l'artillerie un autre vaste plateau facile à défendre, et qui avait une action bien plus immédiate sur les mouvements de l'ennemi. La possession de ce plateau me donnait les moyens, dans le cas où j'aurais voulu manœuvrer vers la soirée, de me porter sur les communications de l'ennemi sur Tamamès : ce poste, d'ailleurs, bien occupé, était inexpugnable et complétait même la ])osition que j'avais prise; il était d'ailleurs indispensable de l'occuper, attendu que l'ennemi venait de renforcer son centre, d'où il pouvait se porter en masse sur ce plateau et commencer son attaque par la prise de ce point important. En conséquence, je donnai l'ordre à la cinquièmedivision d'aller prendre position à l'extrémité droite de ce plateau, dont le feu se liait parfaitement avec celui d'Arapilès, à la septième division de se placer en seconde ligne pour la soutenir, à la deuxième de se tenir en réserve de celle-ci, et à la sixième d'occuper le plateau de la tête du bois où restait encore un grand nombre de pièces. Je donnai l'ordre également au général Bonnet de faire occuper par le l!22'' un mamelon intermédiaire entre le grand plateau et le mamelon d'Arapilès qui défendait le déhouché du village

an MÉMOIRES DU bVC DE RAGUSE. •

d'Arapilès; enfin j'ordonnai au général Boyer, commandant les dragons, de laisser un régiment pour éclairer la droite du général Foy, et de porteries trois autres régiments en avant du bois sur le flanc de la deuxième division; de manière à pouvoir, si Tcnnemi attaquait le plateau, le charger par la droite de ce plateau, tandis que la cavalerie légère chargerait par sa gauche. La plupart de ces mouvements s'exécutèrent avec irrégularité : la cinquième division, après avoir pris le poste indiqué, s'étendit par sa gauche sans motifs ni raison : la septième division, qui avait ordre de la soutenir, se porta à sa hauteur; enfin la deuxième division se trouvait encore en arrière. Je sentis toutes les conséquences que ces irrégularités pouvaient avoir, et je résolus d'y remédier moi-même sur-le-champ, ce (|ui était chose facile, l'ennemi n'ayant fait encore aucun mouvement. En même temps je reçus le rapport que l'ennemi faisait passer de nouvelles troupes de sa gauche à sa droite; j'ordonnai aux quatrième et troisième divisions de se porter par la lisière du boisa hauteur, afin que je pusse en disposer au besoin. Il était quatre heures un quart, et je me portais au plateau qui allait être l'objet d'une lutte opiniâtre ; mais dans ce moment un boulet creux m'atteignit, me fracassa le bras droit et me fit deux larges blessures au côté droit : je devins ainsi incapable de prendre aucune espèce de part au corn-

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