‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 128 sur 139 · IV.' ii'J · texte numérisé non relu

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d'artillerie, se sont particulièrement distingués.

c( Dans cette journée, toute malheureuse qu'elle est, il y a eu une multitude de traits dignes d'être cités et qui honorent le nom français. Je m'occuperai à les faire recueillir, et je solliciterai de Sa Majesté des récompenses pour les braves qui s'en sont rendus dignes. Je ne dois pas différer de citer la belle conduite du sous-lieutenant GuUimat, du llS*^ régiment, qui s'est élancé dans les rangs ennemis pour y enlever un drapeau dont il sest emparé après avoir coupé le bras de celui qui le portait, et qu'il a rapporté dans nos rangs malgré les coups de baïonnettes qu'il a reçus.

« Nous avons à regretter la perte du général de division Ferey, mort de ses blessures, du général Thomières, tué sur le champ de bataille, et du général Desgraviers. Les généraux Bonnet et ClauseL et le général de brigade Meurse, ont été blessés. »

LE MIMSTIŒ DE LA GUERRE AL ilARÉGUÂL MARMO.NT.

(( Paris, le 18 aoùl 181-2.

« Monsieur le maréchal, M. Fabvier, votre aide de camp, arriva hier avec vos dépêches des 51 juillet et 6 août; je les attendais avec une vive impatience, les nouvelles anglaises, pleines d'exagération, ayant devancé les vôtres à Paris. C'est à l'Fmpereur qu'il appartient de juger tout ce qui est relatif à la fâ-

LIVHE XV i!is. — COlUil^SPO.NDANCE. VA

clieusc alïïiire du '2"2 juillet; mais, quels qu'en puissent être l'effet et les conséquences, je me persuade que l'Empereur ne verra dans tout ce qui s'est passé que de nouvelles preuves de votre dévouement pour son service, et que Sa Majesté sera vivement touchée de l'accident qui, au commencement de la bataille du 22 juillet, vous a privé du commandement réel de l'armée de Portugal. Je suis personnellement affecté de ce malheureux événement, et l'ancien attachement que Votre Excellence me connaît pour elle ne lui laissera aucun doute sur les sentiments pénibles qui m'agitent en ce moment. Je me flatte, monsieur le maréchal, que vos blessures n'auront aucune suite fâcheuse, et j'ai appris avec plaisir que votre état n'était point dangereux. Je n'hésite point à accorder à Votre Excellence la permission de rentrer en France et de se rendre à Paris si elle le juge à propos. Si la fortune a trahi vos espérances, monsieur le maréchal, je vois, par les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, que ses coups se sont arrêtés devant la noblesse de vos sentiments, l'élévation de vos pensées, et qu'ils ne pouvaient porter atteinte à volie zèle pour le service de l'Empereur, à votre attachement et à votre dévouement pour sa personne.

« Un maréchal de l'empire va partir pour prendre le commandement de l'armée de Portugal. »

455 MÉMOIRES d\] DUC DE RAGUSE.

l.K MINISTRE DE LA GUERRE AU ]\L\UÉCHAL MARMO.NT. , « Paris, le 14 novembre I81'2

« Monsieur le maréchal, lorsque, le 18 août dernier, j'eus l'honneur de répondre aux lettres que Votre Excellence m'avait adressées par son aide de camp, M. Fabvier, pour me donner les détails relatifs à la bataille du 22 juillet, j'eus soin de vous prévenir que c'était à l'Empereur qu'il appartenait de juger tout ce qui était relatif à cette affaire, suilaquelle je lui avais transmis tout ce que vous m'aviez adressé. Sa Majesté, en me répondant, m'a fait connaître sa manière de voir et déjuger les choses, et m'a ordonné à cette occasion de vous proposer différentes questions, auxquelles l'Empereur exige de votre part une réponse catégorique. Si j'ai tardé jusqu'à présent de vous adresser ces questions, c'était pour attendre votre rétablissement et me conformer, en ceci, aux intentions de Sa Majesté hnpériale. Maintenant, je n'ai plus qu'à m'acquitterdu devoir que ses ordres m'ont imposé envers vous.

a L'Empereur, dans l'examen qu'il a fait de vos opérations, est parti d'un principe que vous ne pouvez méconnaître : c'est que vous deviez considérer le roi comme votre général en chef, et que, vos mouvements étant subordonnés au svstème eénéral adopté par Sa Majesté Catholique, vous deviez ton-

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jours prendre ses ordres avant d'entreprendre des opérations qui sortaient de ce système. Placé par une suite des dispositions générales à Salarnanque, il était tout simple de vous y défendre si vous étiez attaqué; mais vous ne pouviez vous éloigner de ce point de plusieurs marches sans en prévenir votre général en chef. Je ne puis vous dissimuler, monsieur le maréchal, que l'Empereur envisage votre manière d'agir dans le cas indiqué comme une insu !>ordi nation formelle et une désobéissance à ses ordres. Cependant vous avez fait plus encore; vous êtes sorti de votre défensive sur le Duero, où vous pouviez être secouru par des renforts de Madrid, pour prendre l'offensive sur l'ennemi sans attendre les ordres du roi ni les secours qu'il était à même de vous envoyer. Sans doute vous avez pensé qu'ils vous étaient inutiles, et l'espérance du succès que vous avez cru pouvoir obtenir seul vous a entraîné à agir sans attendre des renforts dont la proximité du roi vous donnait la certitude; mais c'est précisément ce que l'Empereur condamne, puisque vous vous êtes permis de livrer bataille sans y être autorisé, et que vous avez compromis par là la gloire des armes françaises et le service de l'Empereur. Si du moins, en vous décidant à courir les chances d'un combat, vous aviez fait ce qui dépendait de vous pour eu assurer le succès, on pourrait supposer que vous avez craint de laisser échapper une

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occasion favorable; mais, par une précipitation que rien n'explique, vous n'avez pas même voulu attendre le secours delà cavalerie de l'armée du Nord, qui vous était si important et dont vous étiez certain, en retardant la bataille de deux jours seulement. Cette conduite, si difficite à concevoir, a fait d'autant plus d'impression sur l'Empereur, que Sa Majesté a vainement cherché, dans votre rapport, les motifs qui vous ont fait agir; elle n'y a rien trouvé qui lui ait fait connaître Tétat réel des choses; et, comme elle veut être éclairée à cet égard, elle exige de vous une réponse précise et catégorique aux questions suivantes :

c< Pourquoi n'avez-vous pas instruit le roi que vous aviez évacué Salamanque de plusieurs marches, et demandé ses ordres sur le parti que vous aviez à suivre?

« Pourquoi êtes-voiis sorti de votre défensive sur le Duero et avez-vous passé de la défensive a l'offensive sans attendre les renforts (jue vous aviez demandés?

c( Pourquoi vous êtes-vous permis de livrer bataille sans l'ordre de votre général en chef?

« Enfin pourquoi n'avez-vous pas au moins retardé de deux jours, pour avoir les secours de la cavalerie que vous saviez en marche?

« Je vous invite, monsieur le maréchal, à m'adresser, le plus tôt ([uevous pourrez, une réponse à

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