‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 132 sur 139 · LIVRE XV Di^. — CORnESPO.\I)A.\CK. iO'J · texte numérisé non relu

LIVRE XV Di^. — CORnESPO.\I)A.\CK. iO'J

de Ciudad-rîodrigo pour le forcer à l'évacuer; alors de ses mouvements naissaient de nouvelles combinaisons, etc. En général, le système que j'avais pris avec l'armée anglaise, et qui me paraît incontesla- Jjlement le meilleur, était de ne jamais l'attaquer en position, mais d'être toujours formé et en mesure de le recevoir et de manœuvrer de manière à le forcer à se mouvoir et à changer de position, parce que, connaissant par expérience la supériorité des troupes françaises sur les troupes anglaises dans l'exécution des grands mouvements, j'étais certain de trouver un jour ou l'autre l'occasion d un beau succès en en écrasant une partie; et, alin de pouvoir la gêner dans ses opérations et être plus à même de maîtriser ses mouvements, j'avais toujours campé le plus près possible d'elle, en prenant une bonne position défensive et en cherchant toiijours l'occasion, soit en position, soit en marche, de l'incommoder du feu de mon artillerie et de lui en faire sentir la supériorité.

« Monsieur le duc, cette lettre est bien longue; mais j'ai cru, dans une circonstance aussi importante pour moi, devoir ne négliger d'exposer aucune des raisons qui doivent me justifier dans l'esprit de l'Empereur. J'ose espérer qu'il sera convaincu, d'après le narré sincère et véritable des faits, que, loin de désobéir au roi, je n'ai fait que suivre littéralement les instructions qu'il m'a données et exé-

cuter ses ordres, et que les dispositions que j'ai prises ont été commandées par les calculs de la raison; enfin, que, si les résultats ont été contraires à la gloire de ses armes, la cause en est dans la double fatalité qui, d'un côté, a empêché de me parvenir les lettres par lesquelles le roi me faisait connaître son changement, ainsi que les nouvelles dispositions qu'il avait prises pour venir à mon secours, et, de l'autre, m'a enlevé au commandement de l'armée au moment où j'y étais le plus nécessaire. »

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