‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 29 sur 139 · I.E MAUKCIIAL SOULT AU MARÉCHAL MAiniONT · texte numérisé non relu

I.E MAUKCIIAL SOULT AU MARÉCHAL MAiniONT

« Séville, le 11 juillet 1811.

(( Monsieur le maréchal, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 0 m'est parvenue au même instant que celle du 7. En réponse, je m'empresse de vous faire part des ordres qu'hiei' j'ai envoyés à M. le général comte d'Erlon. Il lui est prescrit d'envoyer une brigade et un régiment de cavalerie à Xérès de losCaballeros et Frejenal pour observer les directions qui aboutissent à Ayamonte, par où les troupes espagnoles feront des mouvements si elles veulent se reporter en Estramadure. On régiment se rendra à Séville.

« Un autre régiment sera établi aux débouchés des montagnes pour assurer les communications.

« Ainsi il restera dans les plaines de TEstramadure une division d'infanterie, composée de quatre régiments et six régiments de cavalerie, le tout sous les ordres de M. le général Claparède, lequel reçoit pour instructions d'observer l'armée anglaise, d'entretenir la communication avec Badajoz, et défaire entrer sans cesse des approvisionnements dans la

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place. Il fera aussi ce qui sera en son pouvoir })our communiquer avec les troupes que l'armée de Portugal laissera sur la Guadiaiia.

« Je donne ordre à M. le général comte d'Erlon de se rendre de sa personne à Séville, où il coni mandera toute ma droite jusqu'à Badajoz, M. le maréchal duc de Bell une ne pouvant, à cause du blocus de Cadix, être chargé de ce soin.

« J'attends que ces mouvements soient un peu avancés pour marcher, avec toutes les troupes dont je puis disposer, au secours du quatrième corps, qui a été repoussé jusqu'à Grenade par l'armée insurgée de Murcie, et pour chasser un corps de celle même armée, qui s'est mis en bataille sur les hauteurs de Santa-Helena, où passe ma ligne d'opérations, la seule communication que j'aie avec la -Manche et Madrid.

a Pour le moment, il m'est impossible d'en faire davantage. Je n'ai pris aucun engagement que je ne sois disposé à tenir; Votre Excellence me trouvera toujours invariable. Si elle me connaissait mieux, elle se serait dispensée de me témoigner de la méfiance, et, si elle eût réfléchi sur ma situation, elle eût trouvé raisonnable que je pensasse plutôt au salut de l'armée dont le commandement m'est confié (juà paralyser des troupes dont le secours m'est indispensable, sur un théâtre où je ne puis paraître que comme auxiliaire, et non comme

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partie principale. Je ferai mieux aussitôt que cela me sera possible, sans y être provoqué.

« Je suis fort aise que Votre Excellence ait envoyé copie de sa lettre du 6 à Son Altesse Sérénissimeleprince major général; elle pourra contribuer à nous faire connaître, à l'un et à l'autre, les intentions de l'Empereur. J'ai aussi écrit à ce sujet.

« Toutefois, si Votre Excellence changeait les dispositions qu'elle m'a annoncées, je la prierais de vouloir bien m'en instruire. Je recevrai cette communication sans méfiance pour l'avenir. »

l>E MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT

«Trianon, le 21 juillel iSlJ.

c( Je vous préviens, monsieur le duc de Raguse, que je donne l'ordre à M. le général comte Dorsenne de faire relever les troupes que vous pouvez encore avoir dans les garnisons de Ciudad-Uodrigo et de Salamanque par des troupes de son armée et de diriger tout ce qui vous appartient sur Avila et Placencia.

c( L'Empereur approuve, monsieur Le maréchal, que vous n'ayez pas consenti à former, avec les troupes de votre armée, la garnison de Badajoz. Sa Majesté pense quel'Estramadure doit être défendue par l'Andalousie considérée sous tous les points de vue, et notamment sous celui des vivres. C'est à

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1 Andalousie à fournir tout ce qui est nécessaire pour approvisionner Badajoz pour un an, sii est possible; cependant, monsieur le duc, l'intention de l'Empereur est que vous vous teniez le plus à portée possible, pour pouvoir marcher franchement au secours de Badajoz, s'il y avait lieu.

.( L'Empereur pense que peut-être un ouvragée Merida ou à Medellin serait utile pour être maître du passage de la Guadiana; mais c'est à vous, qui êtes sur les lieux, à en juger. »

LE r.OI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT.

■< Ma.lil.l, le '2G.'niilkl 1811.

u Monsieur le duc, je reçois votre lettre du '2(1 ; je vous remercie de tout ce qu'elle contient daimable pour moi : vous ne doutez pas non plus de mon attachement,

« L'Empereur aurait désiré que je vinsse vous voir; mais ce n'est pas le moment, puisque l'armée n'est pas réunie. Je sens la diflicidté de votre position et l'extrême justesse de vos observations; je viens de donner l'ordre pour qu'il soit prélevé, sur la contribution extraordinaire que je lève en grains, la quantité de vingt mille fanégas, en août, et vingt mille en septembre, qui seront versées dans les magasins de l'armée de Portugal. Je trouve trèsbien aussi que vous fassiez usage de toutes les coniv. 9

r>i MÉMOIRES DU DUC DE [îACUSE.

liil)iilioiis en argent dues par la province d'Estraniadure, et je donne les ordres en conséquence aux agents civils, qui ne pourront toutefois réussir qu'autant qu'ils seront protégés, soutenus et dirigés par vous, monsieur le maréchal, dont le zèle et les lumières me sont connus. — L'Empereur espère beaucoup de vous et de son armée de Portugal; il est disposé à venir à votre secours avec de l'argent et avec des hommes et des chevaux : vous ne tarderez pas à sentir les effets de ces dispositions. Quant à moi, je ne puis pas vous secourir autrement; je n'ai pas de fonds à ma disposition, et je dois même vous dire que je ne pourrais pas exister ici sans un prêt qui m'est accordé par l'Empereur par mois.

a Si VOUS pouviez vous étendre un peu par votre droite, vous occuperiez un plus riche pays; et, avec •les secours que je vous indique, vous devriez pouvoir atteindre la saison des événements militaires. La récolte n'est pas très-bonne à Ségovie ni dans les pays environnant Madrid. «

\.E MAllKilIIAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL.

« Nav.ilmoiMl, le l" août JSIl.

c( Je reçois les dépêches que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire par mon aide de camp. J'ai lu avec une grande attention l'instruction qu'elles renferment. J'avais conçu, comme Sa iMajesté, le

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système qu'il convenait de suivre aujourd'hui pour l'armée de Portugal et le but qu'elle avait à remplir, et c'est dans cet esprit que j'ai agi jusqu'à présent, [.es localités, les différentes circonstances, rendent cependant indispensable d'apporter diverses modilications dans ces dispositions.

a Je ne puis pas placer plus d'une division à Truxillo, attendu qu'il y a impossibilité absolue d'y vivre. Une division et cinq cents chevaux qui y sont aujourd'hui éprouvent les plus grandes difficultés pour les subsistances, et peut-être leur serat-il impossible d'y rester. Je ne puis pas avoir de troupes sur la Guadiana à moins que la plus grande partie de l'armée ne soit à Truxillo; car elles y seraient compromises, puisqu'il n'y a que trois marches d'Albuquerque, où l'ennemi a habituellement des troupes, et où il peut rassembler inopinément des forces considérables qui sont cantonnées à Portalègre, Campo-Major et environs, et que, s'il parvenait à s'emparer delà chaussée, les troupes qui seraient sur la Guadiana n'auraient d'autre retraite que de se jeter dans la Manche après avoir abandonné leurs canons, n'ayant point de ce côté de routes praticables aux environs ou en Andalousie. D'un autre côté, comme je l'ai dit plus haut, six mille hommes ont grand'peine à vivre; à plus for!e r;n'son, douze à quinze niilleysci'aient-ils dans l'embaiias. Tout le pays que l'Empereur donne ii

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