‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 33 sur 139 · IV. l · texte numérisé non relu

IV. l

li<î MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

l'armée n'a reçu que des fonds de France, et n"a rien reçu du pays, puisqu'elle n'avait ni territoire ni revenus. Aujourd'hui que Sa Majesté lui en a assigné un, j'aurai Ihonneur de vous adresser chaque mois, ainsi qu'au roi d'Espagne, l'état des contributions qui auront été perçues, et de leur emploi. La

somme restant en caisse aujourd'hui est de

a Je pense, monseigneur, que cette lettre, ainsi que les pièces justificatives qui l'accompagnent, répondent complètement aux demandes faites dans vos lettres du 6, et qu'elles justifient tout ce qui s'est fait. »

LE MAJOR GÉNÉr.AL AU MARÉCHAL MARilO.NT.

ft l'uris, le24;ioùl 1811

« L'Empereur a lu, monsieur le maréchal, vos dernières dépêches. Sa Majesté voit avec plaisir les ouvrages que vous avez fait faire à Almaraz et sur le Tietar. Elle trouve qu'il serait convenable de faire des ouvrages de campagne en avant du Rio del Monte.

«Sa Majesté espère qu'avant le 15 septembre tous vos dépôts, les trois cent quatre-vingt-sept chevaux qui doivent compléter les cinq cents chevaux du train de la garde, sur lesquels cent treize vous ont déjà été fournis, et les onze cent quarante chevaux (lu train, que vous mène le général Vandermaesen, vous seront arrivés; que tous vos dépôts quelcon-

Livni: \v. - coiu\EsiM).M).\.Ni;i-:. \ii

qiies, soit de cavalerie, soil d iiilaulerie, vous auront rejoint, et que votre année se trouvera ainsi portée à plus de cinquante mille hommes. La réparation de votre armée est la grande affaire en ce moment; elle doit occuper tous vos soins; mais l'Empereur trouve que vous n'envoyez aucun état détaillé qui puisse mettre à même de disposer à subvenir à tous vos besoins.

« J'envoie mon aide de camp, le chef d'escadron baron de Canouville, dans les provinces du iNord avec des ordres pour que tous les dépôts de cavalerie et d'artillerie, et tous les détachements qui appartiennent a l'armée de Portugal, la rejoignent sans délai. Cet officier a l'ordre de voir tout partir et de rester jusqu'à ce que tout soit en marche; je lui prescris même de se mettre en correspondance avec vous pour l'exécution de ces ordres.

« L'Empereur, monsieur le duc, me charge de vous faire connaître que l'armée de Portugal doit prendre sa ligne de communication sur Madrid; que c'est là que doit être son centre de dépôt; que toute opération que l'ennemi ferait sur la Coa ne peut déranger cette ligne. Si l'ennemi veut prendre l'offensive, il ne peut la prendre que dans TAndalousie, parce que, de ce côté, il a un objet à remplir, qui est de faire lever le siège de Cadix. Ses forces dans le Nord, avançât-il môme jusqu'à Vall;;dolid, n'aboutiraient à rien. Les troui)es (jiie nous

148 MÉMOlliES 1)L' DUC DE RAGUSE.

avons dans ces provinces, en se repliant, Ini opposeraienL nne armée considérable, et alors, sans doute, l'armée de Portugal devrait faire, pour l'armée du Nord, ce quelle ferait pour l'armée du Midi. L'objet important est que votre ligne d'opération soit sur Talavera et Madrid, parce que votre armée est spécialement destinée à protéger celle du Midi. Enfin, nionsieurle maréchal, l'armée de Portugal étant allaquée de front, son mouvement de retraite est encore sur Madrid, parce que, dans tous les cas possibles, ce doit être sa ligne d'opération. Il faut donc que tous les dépôts quelconques appartenant à l'armée de Portugal soient dirigés sur Talavera et Madrid. L'Empereur a même ordonné que la garnison de Ciudad-Rodrigo fut relevée par l'armée du Nord; mais ce dernier ordre ne pourra être exécuté que plus tard.

c< Le 20' régiment de chasseurs, qui est un régiment enlier, doit vous avoir rejoint. Mandez-lemoi. Il est fort important que vous ayez au moins six mille hommes de cavalerie. Correspondez le plus fréquemment possible avec moi et sur tous les détails tant militaires que d'administration.

c< Le général Dorsenne recevra, par mon aide de camp, l'ordre impératif de faire partir, dans les vingt-quatre heures, tous vos dépôts et détachements. Tout ce qui est en état de servir sera dirigé en gros détachements sur Placencia. et le général

MVitE \\; — COUlil'SlMi.NUA.NCK. I i!)

Doi'sciiiie VOUS envei'ra l'état et ritiucraii'e. Quant aux hommes malingres, il les dirigera sur Madrid, [>uisque votre ligue d'opération est désormais sur Madrid, en sorte qu'il ne lui restera plus un seul homme appartenant à votre armée.

(c Je vous préviens aussi, monsieur le maréchal, que, viaisemblablement, l'Empereur se déterminera a diriger de Yalladolid, par Salamanque, sur Placencia tous les renforts que conduit le général Vandermaesen. Tout ce qui est pour Farmée du Midi se réunira à la colonne .du général Vandermaesen et en suivra le mouvement, et ensuite cette troupe se rendra d'Almaraz, par Truxillo, à l'armée du Midi.

« Mon aide de camp, après avoir vu partir les troupes, et môme le corps du général Vandermaesen, continuera sa route par Avila, Placencia et Almaraz, et reviendra par Truxillo et Madrid; et l'intention de Sa Majesté est que vous le chargiez de rapporter des étals exacts de la situation de l'armée. »

LK MAJOR Ui'XKRAL AU MAllKCHAl. MARMONT.

« Paris, le li iioiH ISII.

M L Empereur trouve, monsieur le maréchal, que vous ne correspondez })as assez avec moi. Sa Majesté désire que vous écriviez aussi souvent qu'il

est possible et que vous envoyiez des renseignements très-détailiés sur tout ce qui vous concerne, des états exacts, et toujours très-récents, de la situation et de l'emplacement de vos troupes.

« Sa Majesté pense qu'il serait nécessaire que vous vous assurassiez du passage du Tietar en y faisant un pont pour les hommes à pied, afin que la division que vous avez à Placencia puisse se porter à vous rapidement. C'est sur le Midi que vous devez porter vos regards; toute entreprise de l'ennemi sur le Nord serait insensée, et il trouverait partout des renforts considérables qui compromettraient son existence. »

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