‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 47 sur 139 · LIVRE XV BIS · texte numérisé non relu

LIVRE XV BIS

eX toutes ces Iroupes furent mises sous les ordres du général Foy.

J'arrêtai, dans la province de Léon, la huitième division, qui resta là en observation. J'établis une bonne avant-garde, avec autant de cavalerie légère •que possible, à Salamanque, aux ordres du général Montbrun, et le reste de l'armée fut établi sur le Duero et dans la province d'Avila.

Le mouvement du général Montbrun dans la Manche avait été superflu, et la défense des Espagnols devant Valence misérable. La prétendue bataille, livrée pour cerner la ville, se composa de deux charges de cavalerie faites par le 4* de hussards et le iô" de cuirassiers. Toute l'armée de Blake se débanda, et la ville de Valence ouvrit ses }X)rtes après avoir soutenu un simulacre de siège.

A cette occasion, je raconterai une anecdote peignant le caractère espagnol avec vérité et montrant d'une manière plaisante cette bouffissure qui lui est propre, ainsi que le besoin de titres poussé jusqu'au ridicule, sans cependant vouloir lui ôter ses gra ndes vertus, parmi lesquelles son t, avant tout, un patriotismeardentet un grandamourdela vérité.

Les armées espagnoles n'ont rien fait de bien nulle part, excepté dans la défense des places et des villes, etj'en expliquerai la cause ailleurs. L'armée <le Blake avait, je ne sais dans quelle occasion, fait un peu moins mal que les autres, et les Cortès, pour

récompense, avaient donné à ces troupes, par un décret, le surnom de Los Maa Vallentes. Ces soldats s'en étaient fait comme un nom propre. Dans sa marche, Montbrun trouva des nuées de ces soldats qui rentraient chez eux. On les arrêtait et on leur demandait qui ils étaient, et tous répandaient constammenten prononçant ces mots qui, assurément, étaient bien impropres : Los Mas Valleides desertorcs.

Montbrun auraitpu arrêter son mouvementbeaucoup plus tôt ; mais, quand un général est abandonné momentanément à lui-même et jouit de sa liberté, souvent il en abuse. Montbrun trouva amusant de faire le conquérant, et peut-être aussi de jouir des avantages que donnent ordinairement les conquêtes. Il marcha jusqu'à Alicante dont las portes restèrent fermées, et revint sur ses pas. Il rejoignit l'armée dans les derniers jours de janvier. Au commencement de février, l'armée était donc postée ainsi : deux divisions dans la vallée du Tage; une troisième sur le versant des montagnes; une division à Avila; une forte avant-garde sur la Tormès: cl le reste de l'armée, c'est-à-dire trois divisions (la huitième division m'avait été enlevée pour rentrer à l'armée du Nord) sur le Duero, et en arrière sur l'Esla. Mon quartier général restait à Valiadolid. La place d'Astorga, qui était occupée, fermail le débouché de la Galice. Enfin j'avais des

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