LIVRE XV BIS. — CORRESPONDANCE
et septième gouvernements; et cette situation empire chaque jour de la manière la plus effrayante; et elle ne changera que lorsque nous aurons un territoire plus proportionné à nos besoins. Quant aux magasins, leur formation est l'objet de tous mes efforts et de toute ma sollicitude; mais, à l'époque de Tannée où nous sommes arrivés, ce n'est pas une chose facile. Si Sa Majesté augmente les ressources, et si alors je parviens à rassembler des subsistances pour nourrir l'armée pendant un mois, je croirai avoir obtenu un grand résultat, et il serait bien désirable qu'elles pussent être conservées pour le moment où il faudrait combattre l'ennemi d'une manière sérieuse, et non pour faire de simples démonstrations.
(( J'écris au duc d'Albufera pour lui faire connaître la situation des choses, et je donne l'ordre au général Bonnet de rentrer sur-le-champ dans les Asturies par le col de Lietor-Liegos. Je sens toute l'importance de l'occupation de cette province, et je comptais y envoyer des troupes incessamment.
« Monseigneur, il ne me reste plus qu'à exprimer à Votre Altesse la peine que j'éprouve de la manière dont l'Empereur apprécie les efforts que je fais ici constamment pour le bien de son service. Puisque Sa Majesté m'attribue la prise d'Almeida, qui était rendue avant que je prisse le commandement de larmée, j'ignore ce que je pourrai faire
pour me mettre à l'abri de toute espèce d'inculpation. »
LK GÉNÉRAL DOHSENNE AU MARÉCHAL MARMOîsT.
« Burgos, le 6 mars 1812.
« Monsieur le maréchal, j'ai eu l'honneur de vous mander, le '24 février, que le départ prochain de la garde et le peu de troupes qui me restaient m'obligeaient à prier Votre Excellence d'ordonner l'occupation des postes de Yilla-Rodrigo et Quintana del Tuente.
« Aujourd'hui que la plus grande partie est déjà rentrée en France et l'autre prête à partir, que la division Bonnet m'est retirée sans que je sache encore quand arrivera la division Palombini, et que je suis au moment de marcher en Navarre pour une expédition contre les bandes. Votre Excellence sentira qu'il m'est impossible de conserver ces postes. Je la prie donc de nouveau de faire relever, sans délai, les troupes qui s'y trouvent; il existe dans le premier deux cent cinquante hommes, et dans le second soixante-dix hommes.
« P. S. Si je n'ai pas de réponse à cet égard de Votre Excellence, je donnerai l'ordre au premier régiment de marche de l'armée de Portugal de laisser à son passage de quoi occuper ces postes. »