LE MARÉCHAL SOULT AU MARÉCHAL MAHMONT
« Sainte-Marie, lo H mars 1812.
« Monsieur le maréchal, M. le général Foy m'a fait parvenir la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 22 février, et j'ai été en même temps prévenu de la position de trois divisions qui sont sous ses ordres.
« Les Anglais ont décidé leur mouvement sur BadajoZj et, d'après ce que M. le général comte d'Erlon m'a écrit le 8, il est à présumer qu'en ce moment la place est investie; j'attends d'en être positivement instruit pour prendre mes dernières dispositions et marcher à leur rencontre.
« Je prie M. le général Foy de communiquer à Votre Excellence la lettre que je lui ai écrite; je désire vivement, monsieur le maréchal, que les dispositions que je lui propose puissent lui convenir, et qu'il soit autorisé à s'y conformer en attendant qu'il ait pu prendre vos nouveaux ordres.
M Ainsi que vous me l'avez annoncé par votre dernière lettre, je compte que, du moment que l'armée anglaise aura commencé ses opérations contre Badajoz, et que la plus grande partie de ses forces se sera portée sur la Guadiana, vous destinerez toutes celles qui seront disponibles de l'armée de Portugal pour venir se réunir à celles qui seront
sur ce théâtre, dans l'objet de livrer bataille aux ennemis et de dégager Badajoz; j'éprouverai alors une bien grande satisfaction à vous embrasser.
a L'armée du Midi ne pourra présenter en ligne que vingt-deux à vingt-quatre mille hommes, dont quatre mille de cavalerie et quarante pièces de canon. On a retiré cinq régiments d'infanterie et trois de cavalerie que le maréchal duc de Trévise met en route pour Burgos. Je vous engage à arrêter leur marche et à en disposer jusqu'après l'événement. En ce moment, j'ai en ma présence douze mille Espagnols et Anglais qui sont en avant et restent dans les montagnes d'Algesiras. Jamais je n'ai été plus embarrassé.
a Enfin, monsieur le maréchal, les ennemis nous fournissent l'occasion d'assurer de nouveaux triomphes aux armes de l'Empereur; j'ai la confiance qu'ils seront éclatants.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU SLVRÉGIIAL MARMONT
« Paris, le 12 mars 1812.
« J'ai mis sous les yeux de l'Empereur, monsieur le maréchal, vos lettres des 27, 28 février et du 2 de ce mois.
« Sa Majesté pense que la réunion de vos forces à Salamanque n'est pas suffisante pour le but que vous devez remplir; qu'il est nécessaire que vous jetiez un pont sur l'Agueda, et que vous y ayez une