‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 202 sur 247 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

Un évèché grec fut établi en Dalmatie. Les Dalmates de ce rit dépendaient de Tévêque de Monténégro, et je crus utile et politique de les soustraire ainsi à son influence. Le siège en fut placé dans un eouvent situé au milieu de la Kerka, près de Sebenico. Un journal du gouvernement, traduit en qua- ( tre langues, fut publié, et j'établis une censure pour les livres. Cette mesure, commandée par les besoins de la société, était plus particulièrement en harmonie avec le mode du gouvernement d'alors et les mœurs de cette époque, et on a payé cher depuis la fantaisie d'y renoncer; mais ses instructions étaient de laisser à la publication des ouvrages la plus grande liberté possible, et je ne crois pas qu'elle ait été une seule fois dans le cas d'exercer son veto et de faire sentir l'action de son pouvoir aux écrivains.

J'eus soin aussi des officiers mutilés et des veuves

des officiers morts au service d'Autriche pendant la

dernière campagne. Je fis liquider leurs pensions

nir le taux de la législation d'Autriche. L'Empereur

levait prendre les charges du pays en l'acquéiïnt,

(t récompenser loyalement des services rendus à

'État dont ce pays avait fait partie. Je fis faire

ussi un travail sur les médailles de Joseph II et de

larie-Thérèse, données pour actions d'éclat à quel-

ues soldats croates, et je sollicitai leur échange

>ntre des croix de la Légion d'honneur. Il était

4^24 MÉMOIRKS DU DUC DE RÂGUSE.

prix de leur entretien, me firent supposer qu'avec des soins mon plan était exécutable. Il fallait d'abord commencer par assurer une protection spéciale aux caravanes. Les Turcs, dont c'était l'intérêt, s'en occupèrent et y parvinrent. De mon côté, je m'occupai de leur donner toute espèce de ficilités et do sûretés en Ulyrie. D'abord un grand lazaret avec d'immenses magasins; puis des transports de voitures à bon marché pour aller de Costanita à Trieste, car on ne pouvait recevoir et laisser conduire cette multitude de chevaux de bftt, qui n'auraient pas trouvé dans la route des terrains abandonnés où ils pussent paître, et encore moins payer leur consommation. Je fis faire tous les calculs, rédiger un mémoire circonstancié, et j'envoyai ces propositions à l'Empereur, qui les adopta avec empressement. II restait à empêcher les cotons envoyés de Constantinople à Vienne par la mer Noire et le Danube, d'entrer en France par Strasbourg. (lotte nécessité fut comprise : un droit de deux oenls francs par quintal, mis à la douane de Strasbourg^ remplit cet objet, et dès lors l'Illyrie fut la route naturelle des cotons qui venaient de Smyrne et étaient destinés pour la France.

fies transports très-longs exigeaient de grand» capitaux, et, pour faciliter le crédit des négodanls français , une ville d'entrepôt était néoessaiie. Trioste se trouvait être naturellement cette place;

LIVUE XIV. ~ 1810. 425

elle fut déclarée telle, et reçut tous les privilèges qui en découlent. Je communiquai ces projets aux négociants de Trieste, dont l'existence se trouvait ainsi ranimée. Tout avait été si bien prévu pour l'exécution, et de si bonne heure, que, dès le moisj de septembre 1810, les premières balles de cotonj arrivèrent à Trieste. Dans le cours de l'année 18H, soixante mille balles y furent emmagasinées; le nombre s'augmenta et arriva depuis jusqu'à deux cent mille par an. Ce transport et ce commerce ont été d'un puissant secours pour l'industrie française pendant ce temps de souffrances et de misère; ils ont été le salut et la fortune de Trieste et de tous les pays qu'ils traversaient; ils ont enfin diminué puissamment pour eux les calamités qu'entraînait après lui le système continental.

Pendant la tournée dont je viens de rendre compte, je donnai l'ordre de prendre possession de di.'ux bailliages du Tyrol, cédés par la Bavière aux provinces illyriennes, ceux de Lienz et de Sillion. Cette réunion complétait ces provinces comme fron* tière militaire de cette partie de l'empire.

A mon passage à Villach, une maison d'éducation de femmes, connue sous le nom de Congrégation des vierges, établissement reconnu utile et jouissant des faveurs de l'opinion publique, était dans une grande détresse : je m'en fis rendre compte; je pourvus à ses besoins et j'assurai sa conservation.

^ -^mirii ^-ifLi I i^^TMk. aprcs une absence de

.'" ti 'kutiftt E^ 7«nitr« ««M|4e de TenToi d'une déjanictm les irr^jàxs 51 ■ rîeanes pour oompliinen- -^^ -"Ijioerfir. nnmaa^ d'usage en pareille drriasuji«:xï. Tias rai inil alois nn but particulier I Lfzhr.t. i-£ > cnsii eipigfent de la France de •r^ .a 5. fc il i 5*i:*î«» de ses mœurs. Un reflet de . -xiii . i I iT'îce^ Lwenil et de Puis devait frapper •'< ic^Tfiixi ?7;«fC5 ^ n'anient qu'une idée conr'iiîe >r i»:csv in^i^ir. En eonsêquence, je mullî- : i-i : ':ei'>xvzp I-» dépotés. Chaque province eutson r^ç r:*sec:2::ît. ^ daque régiment croate fut cm* >:i-rrr AHume une proTÎnce.

Le oiX«>a«!4 Nsnrioh. seul des colonels sortant do s^rrkv i Aucriohe. et auquel j'avais cohfiélecoiDmandemeat du I*' régiment, fut chargé de préaider lii-iuème la dêputation militaire des six régi* menu.

Je choisis pour chef de la dêputation M. Calafatti, Dalniatr fort considéré, homme d'esprit, auqud jV vais conlié l'intendance de Trieste et de l'ktrie.SiNi mérite particulier et la situation de sa fomille m'avaient lait déroger en sa faveur au principe, suivi toujoui-s en cas pareil, de choisir les députés ailleurs que dans les employés du gouvernement.

Ceux qui composaient cette dêputation étaieat au comble de la joie et du bonheur. Galafatti sup-

Page 1