‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 220 sur 247 · LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE

être regardées que comme complétant la possession du Frioul. Si on les considérait autrement, on s'exposerait à de grands malheurs, et on pourrait donner lieu à des pertes de batailles qui pourraient compromettre Tltalie elle-même.

a Ainsi donc, envisageant les choses sous ce point de vue, il convient de garder les châteaux deLaybach et de Trieste, de s'y fortifier chaque année, moyennant une petite dépense ; d'y détruire tous les bâtiments et constructions qui pourraient le mettre dans le cas d'être pris par les obus.

c< Si on a dépensé, dans quatre ou cinq ans, quelques centaines de mille francs dans les deux forts, ils peuvent rendre des services qui compensent l'argent qu'on y aura dépensé. Il est vrai aussi qu'ils pourront n'être d'aucune utilité.

a S'il est nécessaire de faire une dépense de quelques millions, ce serait dans une ou deux places qui intercepteraient la communication de la Carinthie dans le Frioul, et une bonne place sur risonzo , en regardant le premier de ces objets comme beaucoup plus important que le second.

« Les provinces illyriennes peuvent aussi être considérées comme pouvant servir dans une guerre contre les Turcs ; Carlstadt serait bientôt armée, et Dubicza pourrait servir à l'agression de la Bosnie. »

LL MiVltÉCIlAl. MARMO.NT AU HIMSTRE DES FINA>CES.

« Sc|iteiiilire 1810

a Monsieur le duc, ayant appris qu'il avait été rédigé à Paris un projet d'organisation des tribunaux pour les provinces illyriennes; dans lequel est comprise celle de la justice pour la Croatie militaire, détruisant tout le système qui y a été suivi jusqu'à ce jour, je me suis huîé d'écrire au miaistiY de la justice pour lui faire connaître la conséquence funeste que ce changement produirait, s'il avait lieu. J'ai Thonneur d'adresser à Votre Excellence copie de la lettre que je lui ai écrite à cet égard. J'y ai développé les motifs puissants qui s'opposent à toute innovation dans ces régiments. Le désir (le conserver à Sa Majesté, dans toute son intégrité, et avec tous les avantages qu'elle offre pour son service, une portion aussi utile de la population de CCS provinces, m'engage à présenter avec chaleur toutes les considérations qui exigent que'rîDstitntion, telle qu'elle est, des régiments croates subsiste sans qu'il y soit porté aucune atteinte. Les résultats heureux qu'on doit attendre de leurs serrices naissent de cette institution même, qui est, j'en suis convaincu, la seule qui puisse les faire obtenir. Ce que j'ai exprimé sur la justice s'applique mieux encore à l'administration, dont toutes les parties

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