‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 132 sur 198 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

environ. Le 10, je me réunis, à Diïben, à l'Empereur, et j'occupai Delitzsch par une division et de la cavalerie.

L'armée de Silésie s'était retirée brusquement de Dùben, et repliée sur le prince royal de Suède. Le corps de Sacken, s'étant trouvé en retard, fut obligé de repasser la Muldau à llagika. Les deux armées du prince de Suède et de Blucher se trouvèrent réunies à Zerlig.

Le 11, l'Empereur donna Tordre au général Régnier de passer l'Elbe à Wittenberg, et le maréchal Ney, avec le troisième corps, marcha sur Dessau. Le 12, Dessau fut emporté, et la division prussienne qui l'occupait se retira sur Roslau, après avoir perdu trois mille hommes, tandis que le général Régnier poussait la division Thumen par la rive droite, également sur Roslau. Le général Tauentzien continua sa retraite sur Zerbst. Le !■$ , le septième corps rentra à Wittenberg. Les deux armées ennemies se trouvèrent de nouveau séparées : celle de Silésie sur Halle, et celle du prince royal de Suède sur Bernbourg. Le 50, le prince de Suède passa la Sa aie et se porta sur Cothen.

Le 11, je me portai sur Bittersfeld pour y faire une forte reconnaissance. Je pris avec moi ma cavalerie et une division d'infanterie. J'acquis la

certitude que toute Farinée ennemie et; il en deçà de l'Elbe. Je revins à Dûben, et j'en rendis compte à l'Empereur.

Napoléon se trouvait alors avec cent trente mille hommes réunis et disponibles. C'était assurément l'occasion d'agir offensivement d'une manière décidée, de changer le théâtre de la guerre et le système de démonstration impuissante de mouvements de va-et-vient qui avaient si fort diminué ses forces, et l'avaient fait si rapidement déchoir. Une offensive vive sur Blùcher et le prince royal de Suède, qui l'aurait porté au delà de la Saale, sur la ligne d'opération de l'ennemi, ou bien sur l'Elbe, lui promettait les avantages les plus décisifs. Ces manœuvres lui étaient faciles, puisqu'il possédait toutes les places situées sur le fleuve. Il aurait pu. avec promptitude, se mouvoir sur les deux rives. Huit jours d'opérations énergiques lui faisaient détruire les forces qu'il avait devant lui. Il pouvait rétablir ainsi ses affaires et rappeler la victoire sous ses drapeaux. En faisant cette opération il augmentait son armée d'une partie des garnisons des places; il appelait à lui le corps de Davoust qui lui aurait amené plus de vingt mille hommes, en laissant encore les forces nécessaires à la garde de Hambourg; il se faisait joindre parle corps d'Augereau, appelé de Wûrzbourg, et déjà arrivé sur

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